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Irak

[Reportage] Irak: sur la trace de femmes et enfants yézidis enlevés par l'EI

Un groupe de Yézidis fuit l'avancée des jihadistes dans le nord de l'Irak, le 13 août 2014.
Un groupe de Yézidis fuit l'avancée des jihadistes dans le nord de l'Irak, le 13 août 2014. PHOTO/AHMAD AL-RUBAYE

En Irak, il y a cinq ans, la communauté yézidie du Sinjar, à l’ouest du pays, était massacrée par les jihadistes du groupe État islamique. Cette minorité religieuse monothéiste de quelques centaines de milliers de fidèles se bat aujourd’hui pour faire reconnaître le caractère génocidaire des crimes qu’ils ont subi. Des exactions quasi systématiques : meurtres de masses, enfants enrôlés de forces dans les rangs de l’EI et des milliers de femmes réduites en esclavage sexuel. Cinq mois après la chute du califat territorial en Syrie, beaucoup sont toujours portés disparus. RFI a rencontré un « chasseur » de Yézidis, qui tente de retrouver la trace de ces femmes et de ces enfants.

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Avec notre correspondant à Erbil,  Noé Pignède

Il y a cinq ans, le village d’Idriss Kocho était envahi par les jihadistes. Des dizaines de ses voisins étaient tués par le groupe terroriste, leurs femmes et leurs enfants capturés et réduits en esclavage. Depuis, ce survivant consacre sa vie à traquer les disparus.

« Permettre aux esclaves de s'échapper, c’est très compliqué. Depuis plusieurs mois, les opérations sont pratiquement à l’arrêt. Avant, Daech avait un grand territoire, de Mossoul à Raqqa, c’était plus facile pour trouver des contacts pour racheter les prisonniers. Maintenant que le califat est tombé, les jihadistes sont éparpillés. Récemment, nous avons retrouvé une femme yézidie à Idlib en Syrie. Et nous savons que des dizaines d’autres sont encore avec des familles qui ont fui en Turquie. »

Pour racheter ces esclaves, ce Yézidi doit passer par des dizaines d’intermédiaires et mettre plusieurs milliers de dollars sur la table. Mais certaines détenues ne sont pas à vendre. Sur son téléphone, Idriss nous montre une photo de sa fille de 9 ans, un couteau sous la gorge.

« La famille jordanienne qui la retient prisonnière est toujours en Syrie, dans une zone contrôlée par des milices jihadistes. Elles connaissent mon travail, et savent que j’ai aidé des centaines de femmes à s’enfuir, donc pour se venger, il la garde en otage. Mais rien ne m’arrêtera. S’il le faut, je sacrifierai ma fille pour continuer à sauver celles des autres. »

Comme la fille d’Idriss Kocho, près de 3 000 femmes et enfants sont toujours portés disparus. Certains, capturés très jeunes par le groupe terroriste et endoctrinés ne savent même plus qu’ils sont Yézidis.

À écouter aussi : Au secours des femmes yézidies au Kurdistan d’Irak

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