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Syrie

Syrie: les bombardements à Idleb visent «essentiellement des cibles sanitaires»

Des dégats à Idleb après des bombardements, en Syrie, le 16 juillet 2019.
Des dégats à Idleb après des bombardements, en Syrie, le 16 juillet 2019. White Helmets/social media via REUTERS

Le cessez-le-feu conclu entre la Russie et le régime de Damas sur la province d'Idleb a été globalement respecté ce vendredi 2 août, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Quelques tirs et lancements d'obus ont toutefois été signalés.

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Depuis trois mois, les avions russes et syriens bombardaient cette région du nord-ouest du pays presque quotidiennement. Officiellement pour lutter contre les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham, qui contrôlent la région. Mais à Idleb, il y a surtout 400 000 réfugiés syriens. 790 d'entre eux auraient été tués dans les bombardements ces dernières semaines.

Médecin humanitaire et responsable de formation à l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), Raphaël Pitti est revenu de Syrie il y a deux semaines, il dénonce le fait que ces bombes aient surtout visé des installations sanitaires.

« Depuis le mois d’avril, les bombardements sont incessants. Ces bombardements sont indiscriminés avec une vraie volonté de terroriser la population puisque les cibles sont essentiellement les cibles sanitaires, c’est-à-dire les hôpitaux, les centres d’ambulances et les centres de soins primaires. Au total, c’est plus de 54 de centres de soins qui ont été détruits. C’est aussi les écoles. »

Dispersion

Mais le problème n'est pas uniquement la destruction des infrastructures de santé, c'est aussi les conditions extrêmes dans lesquelles se retrouve la population contrainte de fuir et livrée à elle-même, en pleine nature.

« Les populations tentent d’échapper à ces bombardements et vont se réfugier dans la campagne, c’est-à-dire qu’ils échappent aussi à l’aide humanitaire parce que, là, ils se sont dispersés sous les oliviers. Il fait extrêmement chaud en ce moment en Syrie. Il n’y a pas de possibilité de ravitaillement en eau et les populations sont dans une situation de très grande précarité pour fuir les bombardements. Ils sont plus de 400 000 à être sortis des camps et à s’être échappés dans la campagne et d’être dispersés pour éviter les bombardements ».

Commission d'enquête de l'ONU

Et si l'ONU a annoncé l'ouverture d'une enquête sur ces bombardements, le médecin Raphaël Pitti s'interroge sur la pertinence de cette enquête, puisqu'elle se fera sans doute sous la supervision du régime de Damas.

« Dès lors que le régime est considéré comme légitime, aucun enquêteur de l’ONU ne peut aller en Syrie sans passer par Damas. Et donc, il va dans un premier temps atterrir à Damas. Et c’est Damas qui devra organiser et accompagner cette commission d’enquête. Durant toute cette période, il n’y aura pas de bombardements. Dans les zones qui sont entre les mains des rebelles, le régime dira "je ne peux pas assurer votre sécurité et si vous voulez y aller, allez-y". Et ils les laisseront seuls comme cela s’est déjà passé dans cette zone-là quand il y a eu utilisation du chimique. Donc en fait, ça n’aboutit à rien, ça n’a pas de sens. Aller vérifier qu’il y a eu des bombardements, c’est être en face de structures qui ont été bombardées. Le régime dira "ce n’est pas nous, c’était avant, interrogez la population". »

L'humanitaire ne se demande pas si les enquêteurs de l'ONU ne feraient pas mieux de passer par un acteur du conflit, comme la Turquie. « Mais de toute façon, il y avait 12 pôles d’observation turcs, est-ce que l’ONU ne pourrait pas interroger les Turcs sur ces bombardements puisqu’ils sont là justement pour vérifier la situation de désescalade ? Alors pourquoi faut-il une commission d’enquête qui sera sous la mainmise du régime. Je m’interroge à quoi elle va servir ».

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