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Yémen

Yémen: tortures, viols, disparitions, ces crimes de guerre que dénonce l'ONU

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Yémen a déploré la mort de plus de 100 personnes dimanche 1er septembre dans une frappe de la coalition contre un centre de détention à Dhamar à l'ouest du pays.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Yémen a déploré la mort de plus de 100 personnes dimanche 1er septembre dans une frappe de la coalition contre un centre de détention à Dhamar à l'ouest du pays. Reuters

Des experts de l'ONU publient, ce mardi 3 septembre, un rapport accablant sur la situation au Yémen. Ils dénoncent notamment la « multitude de crimes de guerre » commis par les diverses parties depuis le début du conflit. Les noms des « personnes susceptibles d'être responsables de crimes internationaux », qui restent confidentiels, ont été transmis a fait savoir la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet.

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Le président du groupe d'experts de l'ONU, Kamel Jendoubi, l'affirme : il n'y a pas, aujourd'hui, un seul endroit qui peut être considéré comme sûr au Yémen, rapporte le correspondant de RFI à Genève, Jérémie Lanche. Il y a quelques jours encore, c'est une prison tenu par les Houthis qui a été prise pour cible par un bombardement. Bilan : 130 morts environ. Un bon nombre des violations commises « peut entraîner la condamnation de personnes pour crimes de guerre si un tribunal indépendant et compétent en est saisi », explique le communiqué du groupe d'experts sur le Yémen, créé par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies en 2017.

Des crimes de guerre depuis 2014

Attaques et tirs aériens qui visent de manière indiscriminée les populations civiles, utilisation de la famine comme arme de guerre, torture, viols, détentions arbitraires, disparitions forcées, recrutement d'enfants de moins de 15 ans : tels sont les crimes de guerre commis depuis 2014 dans le pays selon les experts. Kamel Jendoubi, chargé d'enquêter sur les atteintes aux droits de l'homme au Yémen, déplore « l'absence d'action internationale pour responsabiliser les parties au conflit ».

S'abstenir de fournir des armes

Les experts de l'ONU demandent à la communauté internationale de s'abstenir de fournir des armes susceptibles d'être utilisées dans le conflit, et rappelle que la « légalité des transferts d'armes par la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et d'autres Etats reste discutable ». Selon un autre expert, Charles Garraway, la question des armes et de leur provenance ne doit pas être sous-estimée si on veut mettre un terme au conflit : « On sait que certains Etats vendent des armes aux acteurs du conflit. Notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, pour n'en citer que trois. L'Iran, de son côté, fournirait des armes aux Houthis. Notre rôle n'est pas de lister ces pays. Mais, comme disait Jean Pictet, un ancien membre du comité de la Croix-Rouge, "Si vous voulez arrêter la guerre, confisquez les jouets"».

Plus de 600 entretiens avec des victimes et des témoins ont pu être menés, et ce malgré le manque de coopération dont ont fait preuve la coalition et le gouvernement du Yémen pour réaliser ce rapport, le deuxième sur la situation au Yémen.

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