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Iran / Nucléaire

T. Coville: l’Iran utilise l'enrichissement nucléaire comme «moyen de pression»

Des centrifugeuses d'ancienne génération pour l’enrichissement d'uranium de Natanz, à 270 kilomètres de Téhéran, en février 2012.
Des centrifugeuses d'ancienne génération pour l’enrichissement d'uranium de Natanz, à 270 kilomètres de Téhéran, en février 2012. REUTERS/IRIB Iranian TV via Reuters TV

L'Iran tente d'accentuer la pression sur les Européens et se désengage davantage de l'accord nucléaire. Téhéran a annoncé la mise en route de centrifugeuses plus sophistiquées pour augmenter son stock d’uranium enrichi. Thierry Coville, chercheur à l’IRIS et expert de l’Iran, explique les enjeux de cette annonce.

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RFI : L'Iran a annoncé ce samedi 7 septembre avoir mis en route 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de types IR-6, alors que l’accord de Vienne n’autorise Téhéran à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération- comment faut-il comprendre cette annonce ?

Thierry Coville : Ils mettent en place ces centrifugeuses qui permettront d’enrichir l’uranium de manière plus rapide. À présent, le degré d’enrichissement de l’uranium est de 4,5 % je pense. Si on estime qu’ils sont en train d’apprendre des nouvelles technologies, la crainte est qu’ils pourront, s’ils continuent comme ça, enrichir l’uranium à 90 % et cela plus rapidement qu’avant. Cela leur permettrait en effet d’obtenir une bombe nucléaire. Mais aujourd’hui, on est encore loin d’un Iran qui se dirige vers la fabrication d’une bombe atomique.

►À lire aussi : Nucléaire : l'Iran accélère nettement son programme d'enrichissement d'uranium

S’agit-il d’une nouvelle étape dans la stratégie mise en œuvre par l’Iran pour dénoncer la décision de Washington de quitter l’accord nucléaire ?

Pour l’instant, les Iraniens ont lancé trois séries de petites mesures, mais ils estiment toutefois qu’ils restent fidèles à l’accord de Vienne. Ils disent à chaque fois que si l’Europe arrive à intensifier ses échanges commerciaux avec l’Iran en achetant plus de pétrole iranien, ils reviendront au point de départ. Pour l’heure, l’objectif annoncé est toujours de se limiter à un programme nucléaire civil. La nouvelle mesure leur sert juste de moyen de pression, notamment sur les Européens. Mais ils donneront toujours une chance à la diplomatie.

Considérez-vous que l’Iran respecte encore l’accord de Vienne ?

Il est clair que les Iraniens sont en train de sortir graduellement de l’accord conclu en 2015. Mais je pense qu’il s’agit là essentiellement d’un moyen de pression. Il faut rappeler qu’il y a eu 15 rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui ont démontré que Téhéran respecte l’accord.

Mais les Iraniens ont fait face à l’inaction totale des Européens qui ont été incapables de contrer les sanctions américaines. Les exportations iraniennes de pétrole sont tombées de 2,2 millions de barils par jour à environ 300 000 à 400 000 barils par jour suite aux sanctions américaines contre l’Iran. C’est intenable pour le pays qui demande donc à l’Europe d’agir. À ce moment-là, ils seront prêts à revenir complètement dans l’accord.

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