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Iran

Tensions Iran/États-Unis: des efforts diplomatiques sans résultats

Les relations diplomatiques entre le président américain Donald Trump (à g) et le président iranien Hassan Rohani (à d) sont au point mort.
Les relations diplomatiques entre le président américain Donald Trump (à g) et le président iranien Hassan Rohani (à d) sont au point mort. HO, NICHOLAS KAMM / AFP / IRANIAN PRESIDENCY

Depuis plusieurs semaines, la diplomatie internationale s’active pour éviter l’embrasement entre Téhéran et Washington avec cet espoir : une rencontre entre les deux dirigeants Donald Trump et Hassan Rohani lors de la 74e Assemblée générale de l’ONU qui se tient cette semaine à New York.

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« L’Iran est le parrain du terrorisme mondial », a déclaré Donald Trump lorsqu'il a pris la parole à la tribune de l'ONU ce mardi 24 septembre. Le président iranien Hassan Rohani devrait s’exprimer ce mercredi à son tour.

Certes, le pays des mollahs est affaibli économiquement à cause des sanctions américaines, mais dans le rapport de force entre l’Iran et les États-Unis, Téhéran tient tête.

L'Iran, une puissance internationale ?

« Qu’a voulu faire l’Iran, si c’est effectivement l’Iran à travers le bras houthi (rebelles yéménites soutenus par Téhéran, NDLR), en attaquant les deux installations pétrolières saoudiennes ? », s’interroge Amélie Chelly, chercheuse associée au CADIS (EHESS-CNRS).

« L’Iran a voulu montrer qu’il était une puissance régionale voire internationale. C’est une manière de dire à l’Arabie saoudite : malgré le soutien indéfectible de ton allié américain, aussi bien d’un point de vue économique que d’un point de vue militaire et sécuritaire, ton armée est vulnérable », poursuit l’auteure de Iran, autopsie du chiisme politique.

Amélie Chelly poursuit en concluant : « L’Iran a voulu également montrer aux États-Unis sa force de frappe et en même temps envoyer un message aux Européens pour leur signifier que leur volonté de maintenir les accords est bien trop faible. »

Téhéran « joue la carte de la provocation »

« Les États-Unis devraient savoir qu'ils ne sont pas en mesure d'empêcher l'exportation du pétrole iranien », mais « s'ils essayent (...), il n'y aura plus de pétrole à exporter depuis le golfe Persique », avait menacé le président Hassan Rohani.

Pourtant aujourd’hui rien ne prouvel’implication des Iraniens dans ces attaques qui ont mis à l’arrêt 50% de la production pétrolière du royaume saoudien. Face à ça, la Maison Blanche tergiverse. À chaque incident dans le Golfe contre des installations pétrolières ou des navires dans le détroit d’Ormuz, Donald Trump laisse éclater sa colère sur Twitter.

Il accuse la République islamique, agite le spectre de la guerre, mais dans les faits le président américain ne passe jamais à l’action. « L’administration américaine sait qu’elle ne peut pas se permettre un nouveau conflit à un an de la présidentielle. Fort de ces constats, l’Iran joue la carte de la provocation et le fait avec un relatif succès », constate l’expert Olivier Dorgans, spécialiste du dossier iranien.

Dans ce contexte, une poignée de main entre Donald Trump et Hassan Rohani semble compromise.

Tête-à-tête et tractations diplomatiques

Le président français Emanuel Macron semble y croire dur comme fer. « Les conditions d’une négociation États-Unis/Iran sont réunies », a annoncé le chef de l’État français, qui a rencontré ses deux homologues iranien et américain séparément. Il espère réunir les deux hommes dans une même pièce.

« L’administration américaine a terriblement besoin d’une avancée diplomatique avec l’Iran pour des raisons électorales. Donald Trump souhaite montrer à son électorat qu’il fait mieux que son prédécesseur », analyse Olivier Dorgans.

« Mais la vraie difficulté à mon sens se situe plutôt au niveau de l’administration iranienne. Le président Hassan Rohani doit composer en interne avec des ultraconservateurs proches du corps des Gardiens de la révolution et du guide suprême. Et ceux-là ne souhaitent pas nécessairement que l’Iran revienne dans l’accord sur le nucléaire », poursuit-il.

« Les Iraniens se sentent aujourd’hui en position de force et conditionnent tout retour à la table des négociations à une levée des sanctions américaines », conclut le spécialiste des sanctions économiques et des embargos.

Toutefois, loin de lever leurs sanctions, les Américains les ont encore une fois renforcées à la suite des attaques contre les sites pétroliers saoudiens. Dans ce contexte, et malgré les intenses efforts diplomatiques déployés par Paris et par plusieurs autres capitales, une rencontre Trump-Rohani est peu probable.

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