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Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre 2019

Prix Bayeux: des photo-reporters racontent la guerre et le retour à la vie

L'exposition de Nicole Tung est visible à Bayeux jusqu'au 3 novembre.
L'exposition de Nicole Tung est visible à Bayeux jusqu'au 3 novembre. Anne Bernas/RFI

Le Prix Bayeux Calvados-Normandie permet de raconter et de montrer les conflits passés ou actuels sous toutes leurs formes. Focus en images sur les séquelles laissées par l’EI en Irak et en Syrie et sur la « grande marche du retour » à Gaza.

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De notre envoyée spéciale à Bayeux,

Comment ceux qui ont vécu sous le joug du groupe Etat islamique retrouvent goût à la vie ? Comment d’ailleurs est-ce possible ? C’est tout le travail de Nicole Tung, 33 ans, photo-reporter. Montrer la guerre sans aller au front,  « d’une certaine manière, c’est plus stimulant : on cherche à noter les petits détails qui peuvent laisser imaginer ce qu’était la vie sous l’Etat islamique pendant plusieurs années », confie-t-elle dans un entretien à Ouest-France.

La vie par-dessus tout

Et les « petits détails » qui montrent que la vie reprend sont frappants. En juin 2018, Nicole Tung photographie des jeunes hommes qui retrouvent goût à la vie en dansant sous les projecteurs roses et verts d’un restaurant de Kobane, ville envahie deux fois en 2014 et 2015 par les islamistes de Daech. Ou bien encore des hommes torses nus se baignant dans des bains thermaux à Hammam al-Alil deux jours après que les forces irakiennes aient libéré la ville de l’EI alors qu’elles se retiraient plus loin dans Mossoul.

L’exposition consacrée à ce moment de transition entre la fin d’un conflit et le retour à la vie porte bien son nom : fort comme la guerre, doux comme la paix. Nicole Tung se concentre principalement sur Mossoul et Raqqa, capitales du califat auto-proclamé de l’EI de 2014 à 2017. Des combats, des morts, des déplacés, et toujours les civils comme premières victimes de la barbarie. Ceux sont eux aussi ici qui vont essayer de remettre leur ville en marche au milieu de paysages dévastés où planent encore les fantômes de la guerre.

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Des familles se retrouvent, les jeunes filles repartent à l’école, les femmes ôtent le niqab, les hommes regardent de nouveau les matches de foot ou jouent aux dominos dans les cafés… Ils peuvent de nouveau se raser. Puissante aussi, la photographie sur laquelle des enfants jouent dans la cour d’une école aux murs criblés de balles, rouverte en janvier 2018 après avoir été le lieu de violents combats durant l’offensive pour reprendre la ville à l’EI.

Hécatombe sanitaire à Gaza

A quelques encablures des œuvres de Nicole Tung, Gaza : population hors d’Etat ; une exposition qui englobe une série de regards croisés sur la « grande marche du retour », qui commémore la Nakba, l’exode palestinien de 1948. Depuis plus d’un an, ce mouvement de protestation rythme la vie des Gazaouis.

Sous blocus depuis 2007, la bande Gaza est sous perfusion et sa population cruellement dépendante de l’aide humanitaire. L’exposition photos proposée à Bayeux est le fruit d’une collaboration entre photographes et Médecins sans frontières, ONG qui ne cesse d’alerter sur la situation humanitaire qui s’empire sur cette bande de terre de 365km2 où s’entassent près de deux millions de Palestiniens. De mars 2018 à juin 2019, plus de 7 200 Palestiniens ont été blessés par balles lors des manifestations de cette « grande marche du retour ».

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L’an dernier, lors du 70e anniversaire de la Nakba, la répression de l’armée israélienne a été féroce et meurtrière. Pourtant, la mobilisation se poursuit près de la frontière. Et les images sont éloquentes.

Si les clichés de Nicole Tung apportent une certaine forme d’optimisme et de confiance en l’avenir, bien que la paix demeure fragile, les photos prises dans la bande de Gaza ne laissent que peu de place à l’espoir : cocktails Molotov contre tirs à balle réelle, femmes perdues dans des nuages de gaz lacrymogène, scènes de funérailles, de blessures, la désolation à l’état pur.

Preuve en est que les images rapportées sont intenses : c’est le photographe Mahmoud Hams qui a reçu l’an dernier pour la seconde fois le prix dans la catégorie photo. Son cliché montre un Palestinien de 29 ans, amputé des deux jambes, lançant des pierres depuis son fauteuil roulant en mai 2018 à Gaza près de la frontière. C’est le visuel de l’affiche du Prix Bayeux cette année.

Affiche du Prix Bayeux Calvados-Normandie 2019.
Affiche du Prix Bayeux Calvados-Normandie 2019. Anne Bernas/RFI

►Expositions à voir jusqu’au 3 novembre à Bayeux

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