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Syrie

Syrie: les troupes du régime sont entrées dans Kobané

Des combats acharnés se déroulent autour de la ville frontalière de Ras al-Aïn, où l’armée turque et ses supplétifs syriens peinent à avancer face à la résistance des combattants kurdes.
Des combats acharnés se déroulent autour de la ville frontalière de Ras al-Aïn, où l’armée turque et ses supplétifs syriens peinent à avancer face à la résistance des combattants kurdes. REUTERS/Murad Sezer

L’armée syrienne a poursuivi, mercredi 16 octobre, son déploiement au nord et au nord-est de la Syrie, dans les régions contrôlées par les milices kurdes.

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L’entrée de l’armée syrienne à Aïn al-Arab a été retardée pendant trois jours par les forces de la coalition internationale qui achevaient de démanteler leurs bases dans la région, explique notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Mercredi soir, des convois de l’armée syrienne accompagnés de véhicules militaires russes sont entrés dans cette ville symbole. Le groupe État islamique avait subi à Kobané, en 2014, sa première défaite face aux milices kurdes, à l’issue d’une bataille qui a duré cinq mois.

Raqqa dans l'objectif

Les troupes régulières syriennes poursuivent également leur déploiement autour de Tall Tamr, non loin de la frontière avec la Turquie, dans la province de Hassaké, au nord-est.

Elles se préparent à entrer dans la ville de Raqqa, l’ancienne capitale du califat autoproclamé du groupe État islamique, évacué mercredi par les soldats américains et leurs alliés occidentaux.

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Ces vastes mouvements de troupes interviennent alors que les combats se poursuivent avec violence entre les Forces démocratiques syriennes, les FDS, dominées par les Kurdes, et l’armée turque soutenue par des supplétifs syriens.

Résistance kurde

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les FDS auraient repris, à la faveur d’une contre-attaque, deux localités autour de la ville de Aïn Issa, à 50 kilomètres au nord de Raqqa.

Des combats acharnés se déroulent aussi autour de la ville frontalière de Ras al-Aïn où l’armée turque et ses supplétifs syriens peinent à avancer face à la résistance opiniâtre des combattants kurdes.

La ville de Tal Abyad est pour l'instant l'unique ville contrôlée par les forces d'Ankara. Les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont annoncé mercredi s'être retirées de la zone. Mustafa vient de cette ville frontalière. Il est réfugié depuis plusieurs années en Turquie mais ses parents avaient choisi de rester à Tal Abyad jusqu'à ce que l'offensive turque débute. Mustafa nous raconte leur fuite et son inquiétude.

« Ces groupes armés qui surgissent, on ne sait pas s’ils viennent de Turquie ou si ce sont des groupes d’Arabes de Syrie »

« Le premier jour, les Turcs ont bombardé Tal Abyad et les villages autour. Les civils ont tout de suite quitté leur maison. Ils se sont éloignés de 10 km, puis de 20. Chaque fois, la peur et le danger les poussaient plus loin. Les frappes aériennes continuaient. Alors ils sont allés 40 km plus loin. Ils ont cru qu’ils étaient sauvés, et là tout d’un coup, des groupes armés ont surgi, rapporte Mustafa. Les gens ont peur, ils dorment dehors à la belle étoile et restent éloignés des habitations. Ces groupes armés qui surgissent, on ne sait pas s’ils viennent de Turquie ou si ce sont des groupes d’Arabes de Syrie. D’un seul coup, ils apparaissent au milieu des habitants et commencent à tirer dans tous les sens. Cela terrorise les civils qui disparaissent comme du bétail apeuré. Ils ont déjà vécu ça quand Daech est arrivé. Des groupes du même genre ont tué et égorgé des gens. C’est pour ça que tout le monde a peur que ça arrive à nouveau. Quand c’est l’armée qui prend un territoire, tu peux rester chez toi mais quand c’est un groupe comme ça, tu ne sais pas quoi faire, tu es perdu. »

Sans compter qu’il n’y a souvent plus de liaisons téléphoniques. « Il faut à tout prix que cette guerre s’arrête maintenant, plaide-t-il. Je pense que tous les gens, dans le monde, en Europe, toutes les organisations arabes, ils soutiennent tous les Kurdes. C’est bien, mais concrètement personne n’agit ! Ce n’est plus possible que les massacres continuent comme avant. »

Une déclaration commune minimale à l'ONU

Sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité de l'ONU a enfin réussi à émettre une déclaration conjointe mercredi, après une semaine de tentatives ratées, mais a minima. Depuis la semaine dernière, les 15 États membres n’arrivaient pas à observer une position commune, les diplomates russes rejetant toute mention d’un cessez-le-feu ou d’une condamnation de l’offensive turque. 

L’ambassadeur sud-africain, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, semblait lui-même presque surpris par l'ascétisme de la déclaration commune qui venait d’être adoptée en séance par les 15 états membres, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

« Le Conseil s'est dit "vraiment préoccupé" par les "risques de dispersion des groupes terroristes" reconnus par les Nations unies, y compris ceux du groupe État islamique, et de l'aggravation de la crise humanitaire. C’est ce que le Conseil m’a demandé de vous communiquer », a précisé Jerry Matjila.

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Deux autres déclarations, séparées, ont suivi : celle des pays européens, qui ont « condamné » l’offensive turque, et celle de la représentante américaine Kelly Kraft, plus incisive contre Ankara que ce qu’elle avait été jusqu’à présent.

Si pour certains diplomates, cette première déclaration jointe, sept jours après le début des bombardements turcs, est une première étape, il apparaît bien que les membres du Conseil restent campés dans des approches très différentes.

Et les couloirs de l’ONU font écho à ce qui se passe sur la scène internationale : l’ambassadeur russe s’est exprimé devant la presse en longueur alors qu’il observait un silence radio depuis sept jours. Il a mis en avant la « clairvoyance » de Moscou sur la géopolitique globale en Syrie et a posé son pays en « médiateur », Poutine devant recevoir « bientôt » Erdogan à Moscou.

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