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Liban

Le président libanais Michel Aoun prêt à combattre la corruption

Le président libanais Michel Aoun lors de son discours à la nation depuis le palais présidentiel Baabda le 24 octobre 2019.
Le président libanais Michel Aoun lors de son discours à la nation depuis le palais présidentiel Baabda le 24 octobre 2019. Dalati Nohra/Handout via REUTERS

Une semaine après le début de la contestation contre le pouvoir, le président libanais Michel Aoun, dont le silence a posé question, déclare qu’il faut une intensification de la lutte contre la corruption minant la classe politique.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Michel Aoun est apparu fatigué, les traits tirés et la voix faible, dans un discours préenregistré adressé aux Libanais. Le président a fait siennes les revendications des manifestants pour la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.

Il a demandé aux contestataires de mettre la pression sur les députés afin qu’ils votent des lois qu’il a lui-même transmises à la Chambre exigeant la levée de l’immunité et du secret bancaire de tous les comptes des responsables politiques et des hauts fonctionnaires anciens et actuels.

« Seule la récupération de l’argent public pillé ces dernières années est susceptible de restaurer la confiance du peuple dans son État », a ajouté Michel Aoun. Le président a appelé les juges à instruire sans tarder les dossiers de corruption, se portant personnellement garant contre les pressions qui pourraient être exercées sur les magistrats pour les empêcher d’aller jusqu’au bout.

Un changement de gouvernement envisagé

Le chef de l’État a laissé entrouverte la porte d’un changement au niveau du pouvoir exécutif en appelant à une « remise en question de la situation actuelle du gouvernement », amputé de quatre de ses trente ministres après la démission des représentants du parti chrétien des Forces libanaises.

Michel Aoun s’est dit disposé à rencontrer des représentants des manifestants pour établir un dialogue afin d’écouter leurs doléances et leur exprimer ses craintes d’un effondrement économique et financier du pays. Mais malgré cela, le mouvement de contestation s’est poursuivi ce jeudi.

Manifestations dans tout le pays

Rien ne semble pouvoir convaincre les dizaines de milliers de Libanais qui investissent les rues et les places à rentrer chez eux. Les contestataires ont bravé les intempéries et ont manifesté toute la journée dans la plupart des villes du pays alors que les grands axes routiers restaient coupés par des groupes de protestataires. Au lendemain de la tentative de l’armée de dégager les artères principales, de nouvelles rues ont été bloquées dans toutes les régions du Liban.

La mobilisation n’a pas faibli malgré une violente dispute entre deux groupes de manifestants dans le centre de Beyrouth, qui a nécessité l’intervention massive de la police anti-émeute, qui a tiré en l’air pour séparer les belligérants.

Les contestataires, qui appartiennent à diverses tendances politiques, sont unis uniquement par les revendications sociales. La dispute a éclaté entre des partisans du Hezbollah qui participaient au rassemblement et d’autres manifestants qui insultaient leur chef, Hassan Nasrallah. Il s’agit du plus grave incident depuis le début du mouvement de contestation, le 17 octobre.

►À lire aussi : Beyrouth gronde toujours après les annonces du Premier ministre

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