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QATAR

Une commission de l’ONU au Qatar pour enquêter sur les détentions arbitraires

L'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al-Thani, lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU le 19 septembre 2019, à New York. (photo d'illustration)
L'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al-Thani, lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU le 19 septembre 2019, à New York. (photo d'illustration) Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Un groupe de travail de l'ONU sur les détentions arbitraires est arrivé au Qatar dimanche 3 novembre, y enquêtant jusqu’au 14 novembre, pour un rapport publié en 2020. Le pays, qui tente de gagner la reconnaissance internationale, permet un certain degré de libertés, mais n’hésite pas à s’en prendre à ceux qui critiquent la dynastie dirigeante.

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Alors que ce pays du Golfe doit recevoir la Coupe du monde en 2022 et a été l’hôte des Mondiaux d’Athlétisme, le Qatar poursuit son initiative de « marketing » avec la visite onusienne sur les arrestations arbitraires, selon le terme employé par Nabil Ennassri, docteur en sciences politiques et directeur de l'observatoire du Qatar. Objectif : montrer que le pays est un bon élève en matière de respect de la légalité internationale, cela en concurrence avec les autres pays de la région.

« Le but, avec la Coupe du monde qui arrive et avec les Mondiaux d’Athlétisme qui viennent de se finir et qui ont eu mauvaise presse, c'est de montrer un petit peu patte blanche et de dire que le pays a pris le cap, avec l’appui, ou en tout cas la surveillance et l’accréditation de l’ONU, analyse le chercheur. L’année dernière, l’Organisation internationale du travail a ouvert un bureau à Doha. Le but est encore une fois d’élargir l’espace des libertés pour les ouvriers et également de soulager un petit peu la critique internationale, dans le cadre d’un soft power destiné à réhabiliter l’image du pays. »

« Le fait que l’ONU vienne et fasse un travail d’enquête, en soi, c’est déjà une avancée par rapport à certains autres pays de la région, poursuit-il. On est toujours dans une forme de rivalité permanente entre des pays du Golfe qui veulent à un moment donné démontrer le bon côtépour mettre en valeur les faiblesses de l’autre, les fragilités de l’autre. Et donc, on est aussi dans une espèce de marketing de communication à l’échelle internationale. »

Différemment de certaines dynasties de la région, le Qatar permet une certaine liberté, selon Nabil Ennassri, notamment les médias qataris… tant qu’on ne touche pas à la famille royale.

Le Qatar, effectivement, n’est pas une démocratie. On a un certain espace de liberté, qui permet aux médias qataris, à l’opinion publique, de s’exprimer, mais évidemment toujours avec des lignes rouges. Et la ligne rouge la plus évidente étant le respect dû à la famille royale, à la dynastie, à la famille. Il y a quelques années, il y avait le poète Mohammed al-Ajami, qui avait été emprisonné de manière arbitraire par les autorités, pour le simple fait d’avoir émis un certain nombre de vers qui égratignaient un petit peu la famille royale. On était au début du Printemps arabe et le Qatar a voulu montrer, donner une "leçon" à son opinion. On est dans un cadre de monarchie, effectivement, autoritaire, mais qui ressent le besoin de devoir correspondre à légalité internationale pour éviter des critiques qui soient de plus en plus acerbes.

Selon le chercheur Nabil Ennassri, la liberté de parole est en partie libre, tant qu'on ne s'attaque pas à la famille royale

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