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Israël / Territoires palestiniens

Gaza: annonce d'un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Jihad islamique

Cette séquence est la plus meurtrière depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza.
Cette séquence est la plus meurtrière depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza. AFP/BASHAR TALEB

Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur ce jeudi 14 novembre à 5h30 locale (3h30 TU) dans la bande de Gaza, ont indiqué à l'AFP une source égyptienne au fait de la médiation et un haut responsable du Jihad islamique.

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C'est à 5h30 heure locale que le cessez-le-feu est officiellement entré en vigueur, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Après deux jours de confrontation, les groupes armés palestiniens doivent cesser les tirs de roquette, l'armée israélienne ses frappes dans la bande de Gaza. Les deux parties s'engagent aussi à maintenir le calme le long de la barrière de séparation lors des manifestations hebdomadaires de la Marche du retour, un mouvement de protestation palestinien réclamant la fin du blocus imposé à l'enclave.

Cet « accord de cessez-le-feu intervient à la suite des efforts de l'Egypte » et a reçu l'aval « des factions palestiniennes incluant le Jihad islamique », a indiqué un haut responsable égyptien. Toujours selon ce responsable, l'accord stipule que les factions palestiniennes doivent aussi s'assurer d'un retour au calme à Gaza et de « maintenir la paix » lors de manifestations. De son côté Israël, doit aussi arrêter les hostilités et « s'assurer d'un cessez-le-feu » lors des manifestations de Palestiniens.

Une source au sein du Jihad islamique indique avoir confirmé l'accord à l'AFP. Un responsable militaire israélien avait indiqué mercredi soir à l'AFP que l'armée israélienne allait mettre fin à son opération à Gaza si le Jihad islamique cessait de son côté les tirs de roquettes vers Israël. Plus tôt, huit membres d'une même famille palestinienne ont été tués dans une frappe israélienne visant des éléments du Jihad Islamique dans la bande de Gaza, selon le ministère local de la Santé.

Trente-quatre morts

Ces nouveaux décès portent à 34 le nombre de morts à Gaza dans des frappes israéliennes visant depuis le mardi 12 novembre non pas le Hamas, mais un autre groupe islamiste armé local, le Jihad Islamique, selon le dernier bilan de ce ministère. L'armée israélienne accuse notamment le Jihad islamique d'utiliser des boucliers humains pour se protéger de frappes et dit utiliser des techniques de pointe pour minimiser les pertes chez la population civile.

« Selon notre évaluation, nous avons porté un coup assez significatif aux capacités du Jihad islamique, estime l'un des porte-paroles de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Conricus. Nous avons été capables de frapper 23 ou 25 combattants, également qualifiés de terroristes, affiliés principalement au Jihad islamique. Ils étaient soit en action, en train d'essayer de tirer vers Israël, soit à différents niveaux de préparation en vue d'un tir. Et nous avons frappé diverses infrastructures ciblées : des installations souterraines, deux tunnels d'assaut, divers ateliers faisant partie de la chaîne de fabrication des roquettes du Jihad islamique. Quelques atouts navals le long de la côte ainsi que des salles de commandement et quelques autres éléments d'assaut. »

Cette séquence est la plus meurtrière depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade américaine. Cette décision avait entériné la reconnaissance par les États-Unis de cette ville contestée comme capitale d'Israël.

Ce jeudi matin, l'armée israélienne a levé les restrictions en place depuis deux jours dans la plupart des villes du sud du pays. Les écoles ont rouvert, sauf dans les localités proches de la bande de Gaza. Le respect du cessez-le-feu doit encore être vérifié. Plusieurs roquettes ont été tirées après l'heure d'entrée en vigueur de l'accord. Pour le coordinateur de l'ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, la période reste « critique ».

La question sensible des assassinats ciblés

Après deux jours de tirs de roquettes et de bombardements, la question très sensible des assassinats ciblés pourrait relancer de nouveaux affrontements entre Israël et les groupes armés de Gaza. Les représailles du Jihad Islamique après l'opération ayant tué l'un de ses commandants militaires étaient attendues par l'armée israélienne. Mais pour Mkheimar Abu Saada, professeur de sciences politiques à l'université Al Azhar de Gaza, les tirs de roquette nourris qui ont suivi étaient plus un message à Israël pour l'avenir qu'une volonté de vengeance : « Le Jihad islamique dit que s'ils laissaient passer cet assassinat israélien sans représailles, cela rendrait plus facile pour Israël de s'en prendre à d'autres commandants militaire à l'avenir. Ils veulent pousser Netanyahu et les Israéliens à y réfléchir à deux fois avant de s'en prendre aux commandants militaires, qu'ils soient du Jihad Islamique ou d'autres groupes. »

L'un des porte-paroles du mouvement palestinien affirmait ce matin qu'Israël s'est engagé à mettre fin aux assassinats ciblés, comme celui qui a visé Baha Abu Al Ata mardi. Mais ces propos ont été démentis par les responsables politiques et militaires israéliens. Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, l'un des porte-paroles de l'armée, l'affirme : « Ce terroriste spécifiquement était source d'instabilité et était responsable de tensions croissantes dans le sud d'Israël ainsi qu'à Gaza. Donc non, je ne dirais pas du tout que ces options militaires ont été écartées. On peut l'espérer pour le futur mais ce n'est en aucun cas une réalité aujourd'hui. »

Seule « la retenue appellera la retenue » juge pour sa part le ministre israélien des Affaires étrangères.

À LIRE AUSSI : Les tensions entre Israël et Gaza continuent, l’Égypte tente une médiation

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