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Irak / Iran

Manifestations en Irak: couvre-feu à Nassiriya après de nombreux morts

Des irakiens portent le cercueil d'un manifestant anti-gouvernement tué à Nasiriya. Procession à Najaf, le 28 novembre 2019.
Des irakiens portent le cercueil d'un manifestant anti-gouvernement tué à Nasiriya. Procession à Najaf, le 28 novembre 2019. HAIDAR HAMDANI / AFP

Au moins 25 manifestants ont été tués ce jeudi 28 novembre, à Nassiriya, une ville désormais sous couvre-feu. L'armée irakienne avait annoncé avoir dépêché des militaires dans plusieurs province du sud du pays, pour appuyer les gouverneurs face aux manifestations.

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Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a limogé, ce jeudi 28 novembre, un commandant militaire chargé quelques heures plus tôt de rétablir l'ordre à Nassiriya, une ville du sud du pays, où au moins 25 manifestants ont été tués, selon la télévision d'Etat.

Le commandement militaire irakien avait dépêché des militaires pour épauler les gouverneurs dans plusieurs provinces du sud de l'Irak. Cette partie du pays est en proie à des manifestations qui ont franchi un nouveau palier ces derniers jours, avec l'incendie dans la nuit d'un consulat iranien dans la ville sainte de Najaf. Des centaines de manifestants avaient pénétré dans le bâtiment pour dénoncer la mainmise de l'Iran sur le pays.

Couvre-feu à Nassiriya

Un couvre-feu a également été instauré dans la ville de Nassiriya ce jeudi, ont indiqué les autorités locales. « Il y a eu plusieurs morts et des blessés parmi les manifestants et même parmi les forces de l’ordre, raconte à RFI un sous-officier de l'armée irakienne témoignant anonymement. Ce sont des mercenaires qui sont à l’origine de ces violences. Ce sont des personnes qui s’attaquent à la fois aux manifestants et aux services de sécurité pour semer le chaos et diviser les Irakiens. »

« Ces mercenaires qui lancent des cocktails molotov dans nos rues sont à la solde des partis politiques au pouvoir qui sont inféodés à l’Iran, poursuit le militaire. Ils tirent également à balles réelles et de manière aléatoire sur la foule. Les provinces du sud de l’Irak sont les bastions de ces partis politiques, qui disposent de bras armés. Autrefois ces miliciens combattaient les jihadistes mais aujourd’hui ils n’ont rien d’autre à faire que de réprimer les manifestants. Les milices des partis politiques sont surarmées et c’est bien cela le problème en Irak : l’Etat n’a aucun contrôle sur elles. »

Malgré le couvre-feu imposé, des milliers d'Irakiens ont participé ce jeudi à un immense cortège funéraire dans le centre de Nassiriya, en hommage aux manifestants tués.

Nassiriya est à la pointe de cette mobilisation de désobéissance civile. Jeudi, un nouveau commandant militaire a été nommé dans la province. En deux mois, les manifestations et violences ont fait plus de 380 morts et 15 000 blessés, selon un bilan de l'AFP.

Des semaines de contestation

Depuis le 1er octobre, des dizaines de milliers d'Irakiens réclament la refonte du système politique et le renouvellement de leur classe dirigeante, qu'ils jugent corrompue - officiellement, 410 milliards d'euros ont été détournés ces 16 dernières années, soit deux fois le PIB -, incompétente et affiliée à l'étranger.

Jeudi matin, les rues de Najaf étaient relativement désertes, les autorités y ayant décrété un couvre-feu et une journée chômée pour l'ensemble des fonctionnaires. Le ministère des Affaires étrangères iranien a réclamé à Bagdad « une action décisive, efficace et responsable contre les agents destructeurs et les agresseurs ».

► À écouter aussi : Malgré la répression, les Irakiens toujours mobilisés contre un gouvernement

(Avec agences)

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