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Irak

Irak: le Premier ministre annonce qu'il va présenter sa démission au Parlement

Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi, le 24 octobre 2018, à Bagdad.
Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi, le 24 octobre 2018, à Bagdad. Iraqi Parliament Office/Handout via REUTERS

Après deux mois de violente contestation, le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a annoncé ce vendredi 29 novembre qu'il allait présenté sa démission, comme l'a réclamé le grand ayatollah Ali Sistani.

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À l'annonce de la démission prochaine d'Adel Abdel Mahdi, une explosion de joie a retenti place Tahrir à Bagdad, épicentre depuis deux mois d'une contestation qui réclame la refonte du système et le renouvellement d'une classe politique jugée corrompue et incompétente.

Dans un communiqué, les services du Premier ministre irakien ont annoncé ce vendredi que ce dernier allait présenter sa démission au Parlement. Une réponse directe, est-il précisé, à l'appel lancé quelques heures auparavant par le grand ayatollah Ali Sistani. « En réponse à cet appel et afin de faciliter (le changement) aussi vite que possible, je soumettrai au Parlement une demande de démission de la direction de l'actuel gouvernement », écrit le Premier ministre démissionnaire.

Le grand ayatollah Ali Sistani, soutien décisif des manifestants

Lors de son sermon du vendredi, le plus haut représentant du clergé chiite avait appelé le Parlement à retirer sa confiance au gouvernement pour éviter le « chaos » et plus de morts. Principale figure de l'islam chiite, Ali Sistani estime que le gouvernement semble « avoir été incapable de faire face aux événements de ces deux derniers mois ». Auparavant, il avait déjà affiché son soutien aux demandes de la rue, et exhorté Bagdad à lancer des réformes sérieuses. En vain.

Le chef du bloc parlementaire majoritaire, Moqtada Sadr, appelait déjà à la démission du chef du gouvernement. Mais face à ces figures du nationalisme chiite irakien, le puissant général iranien Qassem Soleimani avait jusqu'ici organisé de nombreuses réunions à Bagdad et Najaf ces derniers jours, afin de resserrer les rangs de la classe politique autour du Premier ministre Mahdi.

De nouveaux morts

L'annonce de cette prochaine démission est intervenue alors que les Irakiens enterraient leurs morts. Selon l'Agence France-Presse, qui s'appuie sur des sources médicales et sécuritaires, 46 protestataires ont été tués jeudi dans la répression des manifestations et près d'un millier ont été blessés.

Vendredi, la police a encore tué 15 manifestants à Nassiriya, à feu et à sang depuis jeudi, et un seizième a été abattu par des tirs d'hommes en civil devant le siège d'un parti à Najaf, ont rapporté des témoins et des médecins.

« La France condamne fermement l'usage excessif et disproportionné de la force contre les manifestants à Bagdad et dans les villes du Sud, notamment à Nassiriya, qui a fait des dizaines de victimes et de nombreux blessés », a réagi dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères. « La France réaffirme son attachement au droit de manifester pacifiquement et appelle l'ensemble des parties à s'abstenir de tout acte de violence qui mette en péril le projet démocratique auquel aspire le peuple irakien », ajoute le ministère.

« Nous partageons les inquiétudes légitimes des protestataires », a déclaré une porte-parole du département d'État américain. « Nous continuons à exhorter le gouvernement irakien à mettre en place les réformes exigées par le peuple, y compris celles concernant le chômage, la corruption et une réforme électorale », a-t-elle poursuivi, sans commenter directement l'annonce de la démission du Premier ministre Adel Abdel Mahdi.

L'un des objectifs de Washington à l'égard de Bagdad est d'exiger des Irakiens de prendre leurs distances de leur voisin iranien, bête noire de Washington.

► À écouter sur RFI : Dispute du champ religieux entre chiites et sunnites à Mossoul

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