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Irak

Irak: quel scénario après l'annonce de la démission du Premier ministre Mahdi?

Le Premier ministre irakien Mahdi à Bagdad le 23 ocotrbe dernier.
Le Premier ministre irakien Mahdi à Bagdad le 23 ocotrbe dernier. REUTERS/Khalid al-Mousily/File Photo

Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi, un indépendant sans base ni partisane, ni populaire, a annoncé qu’il allait démissionner, vendredi 29 novembre. À quoi faut-il s'attendre désormais ?

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En Irak, la contestation a pris un tournant politique vendredi. Le Premier ministre a finalement annoncé qu’il allait démissionner après deux mois de contestation violemment réprimée. La déclaration d'Adel Abdel Mahdi est survenue quelques heures seulement après que le grand ayatollah Ali Sistani, l'homme le plus écouté du pays, ait demandé au Parlement de lui retirer sa confiance.

Selon notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann, il s'agit d'une première victoire pour les manifestants, mais une victoire non achevée pour le moment. Pour l’heure, cela montre surtout l’impact que peut encore avoir le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite du pays, sur la politique irakienne par l'intermédiaire de ses prêches dictés du vendredi.

S'ouvre désormais une période d’incertitude, puisqu'il faudra attendre que le Parlement se réunisse pour approuver cette demande de démission, même si cela reste l’option la plus vraisemblable. Reste à savoir ce qu'il va se passer, c'est toute la question et notamment celle que se posent les manifestants, qui ne demandaient pas seulement le départ du Premier ministre, mais de toute la classe politique.

Les protestataires veulent que le Parlement adopte au plus vite une nouvelle loi électorale et organise des élections anticipées. Mais les tractations politiques pourraient prendre énormément de temps - des mois - et cette instabilité n'aidera pas à résoudre la crise. « La seule certitude, c’est qu’il n’y a aucune certitude », estime Adel Bakawan, directeur du Centre de sociologie de l’Irak (CSI).

« Pour trouver un Premier ministre, il faut absolument l’accord des cinq partis politiques majeurs chiites, l’accord des quatre partis politiques majeurs sunnites, l’accord de deux partis politiques majeurs kurdes, mais aussi l’accord de la République islamique d’Iran et des États-Unis », ajoute-t-il. Aussi, il est peu probable, aux yeux du chercheur, que soit trouvée une personnalité consensuelle.

Selon lui, l'Irak va entrer dans une période d’incertitude généralisée. « Sans la demande de l’ayatollah Sistani et sans l’accord de la République islamique d’Iran, M. Mahdi n’aurait jamais pu présenter sa démission. (...) L’ayatollah Sistani est parfaitement conscient que n’importe quelle décision concernant la vie politique en Irak doit passer par le filtre iranien et réciproquement », insiste M Bakawan.

On avait organisé des élections en mai 2018, et c’est en octobre qu’on a trouvé Adel Abdel Mahdi. Il est peu probable que soit trouvée une personnalité qui fasse consensus. C’est pourquoi j’affirme que l’Irak va entrer dans une période d’incertitude généralisée.

Adel Bakawan, directeur du CSI, le Centre de sociologie de l’Irak

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