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Syrie

[Reportage] Syrie: Raqqa recherche toujours ses morts dans les charniers de l’EI

Les équipes de la Défense civile de Raqqa déterrent des corps d'un charnier à Raqqa pour tenter de les identifier en décembre 2019.
Les équipes de la Défense civile de Raqqa déterrent des corps d'un charnier à Raqqa pour tenter de les identifier en décembre 2019. RFI/Thibault Lefébure

En Syrie, deux ans après sa libération, la ville de Raqqa compte toujours ses morts : 2 500 victimes sont toujours recherchées par leurs proches et des équipes travaillent sans relâche pour identifier les dépouilles dans les charniers.

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Avec notre envoyé spécial à Raqqa, Noé Pignède

En Syrie, Raqqa, l’ancienne capitale de l’organisation État islamique (EI), occupée pendant près de quatre ans, a été le théâtre de la sauvagerie du groupe djihadiste : exécutions massives, décapitations, otages brûlés vifs dans des cages sur la place publique. Leurs restes étaient ensuite enfouis dans des charniers. Deux ans après la libération de Raqqa, près de 5 000 cadavres seraient encore enfouis dans la région.

Aujourd'hui, les équipes de la Défense civile de Raqqa travaillent sans relâche pour déterrer les dépouilles et les identifier. Au milieu d’un champ brumeux : une vingtaine d’hommes exhument des victimes de l’organisation État islamique. Il s'agit du 34e charnier à être découvert depuis la libération de Raqqa. Une centaine de corps serait encore enterrée ici.

« Il faut nettoyer la ville de ses morts »

Pour Abou Ahmed, affublé un masque chirurgical sur le visage, ce travail est avant tout un devoir moral. « Nous devons déterrer ces corps pour leur donner une sépulture digne, car ils ont été enterrés sans suivre le rite musulman, explique-t-il. C’est un travail très difficile, le plus difficile qui soit. Les cadavres, l’odeur de la mort, psychologiquement, c’est dur. La nuit, j’ai peur, je fais beaucoup de cauchemars. Nous travaillons avec la mort. Elle nous tue à petit feu ».

« On prélève des échantillons : le radius, des poils et ses vêtements… », décrit le médecin légiste Mahmoud Hassan. Ce docteur de 61 ans devrait être à la retraite. Il est l’un des deux seuls médecins légistes de Raqqa. « Aucun médecin ne veut faire ce travail, déplore-t-il. Il faut bien que quelqu’un le fasse ! Notre mission est essentielle pour que la vie reprenne à Raqqa. Il faut nettoyer la ville de ses morts ».

►À lire aussi : Syrie : environ 200 corps découverts dans un charnier à Raqqa

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