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Irak

Grève et manifestations se poursuivent en Irak, un champ pétrolier bloqué

Manifestation antigouvernementale à Bagdad, le 29 décembre 2019.
Manifestation antigouvernementale à Bagdad, le 29 décembre 2019. REUTERS/Khalid al-Mousily

En Irak, le mouvement de contestation contre la corruption continue de paralyser plusieurs villes du sud du pays. Pour la première fois, ce week-end, les manifestants ont bloqué une exploitation pétrolière, tandis que la grève générale pour faire pression sur les autorités a été reconduite.

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Venus réclamer des emplois, plusieurs centaines de manifestants ont participé ce week-end à un sit-in qui a provoqué le blocage du champ pétrolier de Nassiriya. Le site, situé à 300 km au sud de Bagdad, produit habituellement 82 000 barils par jour. Il s'agit de la première interruption du flux d'or noir en Irak, deuxième producteur de l'Opep, depuis le début le 1er octobre d'une révolte inédite contre le pouvoir accusé de corruption et d'incompétence, et son parrain iranien.

Des manifestations et piquets de grève ont également paralysé ce dimanche les villes de Kout, Hilla, Amara et la ville sainte de Najaf. Et à Diwaniya, les manifestants ont de nouveau déclaré la « grève générale » pour faire pression sur les autorités en plein marasme.

Sous la pression de la rue, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné fin novembre et les principales institutions restent incapables de s'accorder sur le nom du futur chef du gouvernement. Jeudi, le président de la République Barham Saleh a menacé de démissionner plutôt que de proposer pour former le gouvernement le nom du candidat voulu par les responsables irakiens proches de l'Iran, puissant voisin qui ne cesse de gagner en influence en Irak. Et si le Parlement vient de voter une réforme électorale, rien n'indique que les élections anticipées réclamées par beaucoup soient organisées bientôt.

En trois mois, la révolte a été marquée par des violences qui ont fait près de 460 morts et 25 000 blessés, en majorité des manifestants. Si ces violences ont récemment baissé d'intensité, la Commission gouvernementale des droits humains a indiqué être toujours sans nouvelle de 56 militants. Et selon l'ONU, « des milices » mènent une vaste campagne d'enlèvements et d'assassinats de manifestants et de figures de la contestation.

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