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Israël

Benyamin Netanyahu demande officiellement l'immunité au Parlement israélien

Benyamin Netanyahu face aux médias à Jérusalem, le 1er janvier 2020.
Benyamin Netanyahu face aux médias à Jérusalem, le 1er janvier 2020. REUTERS/ Ronen Zvulun

Mis en examen dans trois affaires de corruption, Benyamin Netanyahu souhaite bénéficier d’une immunité parlementaire, une protection qui repousserait la perspective d’un procès. C’est désormais à la Knesset de se prononcer. Un compte à rebours sous forme de quitte ou double pour le Premier ministre israélien.

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Avec notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Alors qu’il est lancé dans une troisième campagne électorale en un an, la démarche est politiquement sensible pour Benyamin Netanyahu. La demande d’immunité est impopulaire en Israël et le Premier ministre a attendu les dernières heures avant l’expiration du délai légal qui lui était accordé pour en faire la demande.

C’est au nom des succès en tant que Premier ministre qu’il s’attribue et d’une procédure judiciaire qu’il qualifie de biaisée à son encontre que Benyamin Netanyahu estime légitime d’obtenir une immunité.

À la tête du gouvernement israélien depuis dix ans, il affirme avoir mené le pays à des accomplissements sans précédent, tant stratégiques qu’économiques. Mais il se dit victime d’« accusations falsifiées ».

Chers concitoyens, la loi sur l’immunité a pour vocation de défendre les élus du peuple contre les fausses accusations. J’ai l'intention de me présenter au tribunal pour rejeter en bloc toutes les accusations portées contre moi. Pour pouvoir continuer à mener Israël vers tous ces succès remarquables, j’ai l'intention de demander l’immunité au président de la Knesset pour être dans mon droit, pour assurer mon devoir et ma mission: continuer à vous servir pour l’avenir d'Israël. Alors que nous achevons une décennie de réalisations spectaculaires, le slogan de nos rivaux reste: «Tout sauf Bibi».

Benyamin Netanyahu s’est défendu de vouloir se soustraire à la justice, assurant que cette éventuelle immunité ne serait que temporaire.

Ses opposants n’ont pas tardé à réagir. En quelques minutes, Avigdor Liberman et Benny Gantz ont tous deux fait savoir qu’ils rejettent catégoriquement cette demande. « La seule chose qui intéressait et qui intéresse Benyamin Netanyahu est l’immunité » a jugé, le premier, ancien ministre de la Défense. « Un Premier ministre n’est pas au-dessus des lois et du système judiciaire » a pour sa part jugé le principal rival du chef du gouvernement, Benny Gantz. Pour lui, la requête n’est pas qu’une simple procédure technique. Elle « fragilise », dit-il,« les valeurs dans lesquelles nous avons été élevés : l’égalité devant la loi ». Pour lui, le pays se trouve désormais face à un choix : « Le royaume de Netanyahu ou l’État d’Israël ».

Je n’ai jamais imaginé que le jour viendrait où le Premier ministre israélien éviterait de se présenter devant la loi et le système judiciaire. Et aujourd’hui ce que nous combattons est clair. Netanyahu sait qu’il est coupable. Celui qui pense qu’il n'y a rien derrière les accusations ne craint pas de faire face à la justice. Il est vrai qu’il y a une logique derrière l’immunité pour se protéger parfois de certaines poursuites et abus de pouvoir. Mais ce n’est pas le cas ici. Cette immunité est tout simplement de la corruption. Cette immunité n’est pas la base de la démocratie mais contribue au contraire à son érosion.

Sans le soutien de ces deux formations, Benyamin Netanyahu n’a pas actuellement la majorité nécessaire au Parlement pour que sa demande d’immunité soit adoptée. Mais la Knesset actuelle – paralysée par la crise politique – n’a jamais désigné le comité qui sera chargé d’étudier cette requête. Bleu-blanc, principale formation au Parlement, souhaite la mettre en place avant les prochaines élections. Mais les soutiens de Benyamin Netanyahu devraient engager une bataille de procédure pour obtenir que ce soit le prochain Parlement, issu des élections du 2 mars, qui statue.

En faisant cette demande d’immunité, Benyamin Netanyahu a pris le risque de concentrer la campagne sur sa requête, rejetée par la majorité des Israéliens. Mais le Premier ministre y a vu un avantage : la procédure le visant est gelée le temps que la Knesset se prononce. Un gain de temps qu’il pense pouvoir mettre à profit pour gagner un cinquième mandat.

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