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IRAN

Les partisans du général Soleimani pleurent aussi une figure des réseaux sociaux

Vendredi, des manifestants se sont rassemblés devant le bureau des Nations unies à Téhéran pour dénoncer l'assassinat du général Qassem Soleimani.
Vendredi, des manifestants se sont rassemblés devant le bureau des Nations unies à Téhéran pour dénoncer l'assassinat du général Qassem Soleimani. Nazanin Tabatabaee/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS

L’attaque des États-Unis contre le général Qassem Soleimani fait réagir sur les réseaux sociaux iraniens. Le commandant des forces Al-Qods, l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution, a été érigé au rang de martyr. Sa mort renforce les liens entre les proches du pouvoir.

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Les hommages au général Qassem Soleimani, tué ce vendredi 2 janvier par une frappe américaine à Bagdad, sont nombreux. Des photos et des vidéos retraçant sa vie inondent les réseaux sociaux.

► À lire aussi : Comment l’Iran pourrait «venger» la mort du général Soleimani

Sur l’application de messagerie Telegram, certains groupes de combattants iraniens ou afghans changent leur photo de profil au profit du visage du général Soleimani. « Comment croire qu’il est parti ? Tu as tellement cherché à tomber en martyr dans les montagnes et les déserts que finalement "Le Martyr" t’accueille dans ses bras. Pour toutes les gouttes de ton sang, il faudra qu’ils paient le prix […] », peut-on ainsi écouter dans un message audio diffusé sur un de ces groupes. La télévision d’État diffuse des images de rassemblements, notamment à Kerman, où vit sa famille, à Tabriz et à Téhéran.

« Certains auraient donné leur vie pour lui »

Qassem Soleimani s’était enrôlé dans le corps des Gardiens de la Révolution lors de la guerre Iran-Irak en 1980 et n’avait depuis cessé de gravir les échelons. Il devient commandant des forces spéciales iraniennes (Al-Qods) dans les années 2000.

Homme de l’ombre, il a modifié les rapports de force au Moyen-Orient au profit de l’Iran. C’est notamment lui qui a dirigé les combats contre l’organisation État islamique en Irak et en Syrie, c’est également lui qui a permis au président Bachar el-Assad de rester au pouvoir. Il est mort à 62 ans après 40 ans sur le front.

Pour certains, c’était un criminel de guerre, pour d’autres, surtout parmi les jeunes bassidj iraniens (force paramilitaire), c’était un combattant charismatique : « Il est vertueux », expliquait ainsi il y a deux ans un bassidj iranien volontaire en Syrie.

Sur les réseaux sociaux : l’image d’un homme proche du peuple

Fin stratège militaire, Qassem Soleimani savait également communiquer en ligne. En plus de ses prises de paroles officielles, il postait régulièrement des photos ou des vidéos sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram et Twitter. Sur cette dernière application pourtant censurée en Iran, il comptait près de 100 000 followers.

Au fil des années, Soleimani s’était ainsi construit une image : celle d’un homme proche du peuple. On peut ainsi le voir entouré de soldats en Syrie auprès de familles ou encore fidèle au guide suprême, Ali Khamenei. Des photomontages le montrent également dans son rôle de stratège militaire ou comme un leader, tantôt protecteur et tantôt menaçant, comme sur ce tweet contre Israël.

Sur son profil, le premier tweet épinglé, rappelle l’importance de l’unité de la nation. Il y défend une femme mal voilée : « Je ne suis pas du tout d'accord avec ceux qui critiquent cette personne (…) Cette fille peu voilée, est ma fille, notre fille et la vôtre (…) celle de notre société ». Sa dernière publication, le 29 décembre, le montre en train de prendre le thé avec des soldats dans un village d’Irak.

Shemshadi Hassan est journaliste de la télévision d’État. Joint par téléphone, il affirme : « Nous attendions tous le martyr du général Qassem Soleimani, mais aujourd’hui les Iraniens sont choqués, ils ne pensaient pas que cela arriverait aussi vite ».

Pour Mohsen Easvand, 29 ans, Qassem Soleimani était très populaire parmi les jeunes : « Il a fait la guerre Iran-Irak et toutes les manœuvres militaires qu’il promettait de faire, il les faisait réellement. Moi, je trouve qu’il avait beaucoup de courage ». Son père, Ghorban, vétéran de la guerre Iran-Irak, va encore plus loin : « Certains auraient donné leur vie pour lui », explique-t-il depuis Téhéran. Il affirme que sa mort « va encore plus unir les Iraniens entre eux ».

Selon le porte-parole du gouvernement iranien Ali Rabihi : « Les Américains ont franchi la ligne rouge. » Hassan Shemashadi est du même avis : « Peut-être que le peuple est triste d’avoir perdu quelqu’un de cette envergure, mais […] il y a aura plein d’autres Qassem Soleimani […] et désormais, les Américains devront s’attendre à une vengeance dure de la part des forces de résistance dans la région ».

Les appels à la « vengeance » sur Twitter

Sur Twitter, le Hashtag #Hardrevenge est légion : « Qassem Soleimani est vivant. Chaque Iranien est Qassem Soleimani. […] la vengeance est proche », écrit ainsi un internaute. Masomeh Ghasemi rappelle quant à elle le martyr de l’imam Hussein, symbole pour les chiites du soulèvement contre l’oppression et affirme également : « Nous sommes tous Qassem Soleimani. »

Enfin, d’autrespublientla photo de cercueils américains : « Attendez-vous à une dure vengeance, espèces de lâches », écrit l’un d’entre eux sur sa story Instagram. Par téléphone, il affirme qu’il sera présent lors des funérailles du général. Le guide suprême a annoncé trois jours de deuil national et a nommé le général Esmaïl Qaani comme nouveau commandant des forces Al-Qods et successeur du général Soleimani.

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