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Irak

Forces étrangères en Irak: qui part, qui reste?

Pour la ministre française des Armées, Florence Parly, la priorité de la France reste la lutte contre l'EI. Ici, avec des soldats de l'opération Chammal, en février 2019.
Pour la ministre française des Armées, Florence Parly, la priorité de la France reste la lutte contre l'EI. Ici, avec des soldats de l'opération Chammal, en février 2019. Daphné BENOIT / AFP

Le Parlement irakien a adopté, dimanche 5 janvier, une résolution non contraignante réclamant l'expulsion des troupes de la coalition internationale antijihadiste. La France et les États-Unis ont annoncé, malgré tout, maintenir leur présence. D'autres ont décidé un retrait partiel.

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Après l'assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe américaine à Bagdad, la résolution adoptée dimanche par le Parlement irakien réclamant au gouvernement de « mettre fin à la présence des troupes étrangères » a conduit plusieurs pays à revoir leur présence dans le pays, bien que cette résolution ne soit pas contraignante et que l'exécutif irakien n'y ait pas encore répondu.

Le plus gros contingent de la coalition internationale engagée contre le groupe État islamique est américain ; les États-Unis comptent en Irak 5 200 soldats déployés sur plusieurs bases. Elle est également composée, entre autres, de 500 soldats canadiens, 400 britanniques, 200 français et 120 allemands, ainsi que de nombreux sous-traitants civils.

L'Otan

Dès samedi, l'Alliance atlantique avait annoncé la suspension de ses opérations d'entraînement en Irak, destinées à lutter contre l'organisation État islamique. Ce mardi, elle a annoncé le retrait d'une partie de son personnel. « Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour protéger notre personnel. Cela comprend le repositionnement temporaire d'une partie du personnel dans des différents lieux à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak », a indiqué un responsable de l'organisation. Toutefois, l'Otan « maintient une présence en Irak ».

Le Canada

Le Canada a annoncé mardi une pause dans ses opérations militaires en Irak et le déplacement d'une partie de ses quelque 500 soldats qui y sont déployés vers le Koweït. « Au cours des prochains jours, des effectifs quitteront temporairement l'Irak pour s'installer au Koweït, grâce aux efforts de planification déployés par la coalition et l'Otan », explique le chef d'état-major canadien, le général Jonathan Vance, dans une lettre aux familles des militaires publiée sur Facebook. « Nous prenons ces mesures pour veiller à la sûreté et à la sécurité de nos effectifs. » Le général a justifié cette « pause opérationnelle » des opérations canadiennes par la situation « complexe » en Irak après la mort du général Soleimani.

Les militaires canadiens sont impliqués depuis plusieurs années à Bagdad, mais aussi dans le sud-est, et dans le nord du pays. Dans cette région, ils soutiennent la coalition anti-jihadiste et participent notamment au transport de troupes avec trois hélicoptères. Les membres des forces armées canadiennes contribuent aussi à former des troupes locales en Irak, des mesures elles aussi suspendues actuellement, rapporte notre correspondante à Montréal, Pascale Guéricolas. Confrontée à une situation pour le moins chaotique pour l’instant, le Canada choisit donc de prendre un pas de recul pour mieux analyser la situation.

L'Allemagne

L'Allemagne a procédé ces dernières heures à un retrait partiel de ses soldats stationnés en Irak. La manœuvre n'a pas été des plus complexes, indique notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Trente-deux soldats stationnés à Taji où ils étaient chargés de former les forces irakiennes ont été transportés vers la Jordanie dans un Airbus A400M. Trois membres de la Bundeswehr, qui étaient basés au quartier général de la coalition anti-EI à Bagdad même, ont quitté le pays avec des collègues américains.

Les ministres allemands de la Défense et des Affaires étrangères ont informé le Parlement allemand dans la soirée de lundi et justifié ce retrait pour des raisons de sécurité et après que le commandement américain responsable de la coalition a demandé de procéder à une telle mesure.

La mission de la Bundeswehr à Erbil, au Kurdistan irakien, où des forces de sécurité locales sont formées, n’est pas concernée par ce retrait. Quatre-vingt-dix soldats allemands y sont stationnés. Le gouvernement allemand veut discuter avec son homologue irakien de la poursuite ou non du mandat de la Bundeswehr sur place, mais Berlin dit vouloir respecter la souveraineté du pays hôte après le vote du Parlement à Bagdad dimanche demandant le retrait de la coalition internationale du pays.

La Roumanie

Dans un communiqué, le ministre roumain de la Défense a annoncé ce mardi la relocalisation de ses 14 soldats présents en Irak dans le cadre de missions de l'Otan, ajoutant que leur mission était « interrompue ». Il n'a cependant pas précisé si ces militaires quitteront l'Irak ou seront déplacés vers une autre base du pays. Leur mission consistait à former des instructeurs pour l'armée irakienne, à conseiller des responsables du ministère irakien de la Défense et d'autres institutions.

La France

Les autorités françaises le martèlent : la France reste en Irak. Pour la ministre des Armées, Florence Parly, la priorité reste la lutte contre le groupe État islamique. « L'apaisement des tensions en Irak et dans la région est indispensable. La coalition internationale anti-État islamique doit pouvoir continuer sa mission », affirme-t-elle encore.

Pour poursuivre cette mission, la France compte au Moyen-Orient un millier de militaires déployés au sein de l'opération Chamal. Celle-ci consiste d'une part à soutenir l’action des forces locales engagées au sol contre Daech et à frapper les capacités militaires du groupe terroriste, et d'autre part à former des unités de sécurité nationale irakiennes.

Ce volet formation est confié à la Task Force Monsabert, dont le rôle est de conseiller et d’assister quotidiennement la 6e division irakienne pour contribuer à sa prise d’autonomie. Deux cents militaires français sont ainsi présents sur le sol irakien.

L'Italie

Rome va maintenir ses soldats présents en Irak et dans la région, a déclaré le ministère de la Défense. Selon ses médias, l'Italie compte 1 900 militaires en Irak et dans ses environs, dont 300 au Koweït, environ 450 qui entraînent les combattants kurdes à Erbil, 90 à Kirkouk et 50 à Bagdad.

Le cas américain

La lettre adressée lundi soir aux Irakiens par le commandant des opérations militaires américaines dans le pays a jeté le trouble. William H. Seely annonçait dans cette missive le redéploiement des forces en vue d'un retrait. « Une erreur », a rapidement corrigé le chef d'état-major américain à Washington. Les États-Unis ne « quittent pas l'Irak », leur politique est inchangée, a encore répété le chef du Pentagone, Mark Esper, ce mardi. Pour Donald Trump, un retrait américain serait actuellement « la pire chose » pour l'Irak. « À un moment donné, nous partirons », « mais ce moment n'est pas venu », a assuré le président américain.

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