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Japon / Liban

La justice japonaise fustige les déclarations de Carlos Ghosn

Un écran géant retransmet à la conférence de presse de Carlos Ghosn à Tokyo le 9 janvier 2020.
Un écran géant retransmet à la conférence de presse de Carlos Ghosn à Tokyo le 9 janvier 2020. REUTERS/Issei Kato

Quelques jours après avoir fui le Japon et rejoint le Liban, Carlos Ghosn est longuement revenu sur les accusations de malversations financières dont il est l'objet et ses déclarations ont particulièrement déplu à la justice japonaise.

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En deux heures et demie d’un monologue émotionnel, dit notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles, Carlos Ghosn est resté très vague sur les accusations d’abus de confiance aggravées qui lui valent deux de ses quatre inculpations. Nissan estime à plus de 300 millions de dollars le coût de ces malversations financières.

« S’il est innocent, d’autres pays que le Japon peuvent lui garantir une justice plus équitable, alors pourquoi n’a-t-il pas choisi la France ou les États-Unis ? », questionne un procureur de Tokyo à l’agence de presse Kyodo News, qui ne cache pas son manque de confiance dans le système judiciaire libanais.

Un « Pearl Harbor politique » 

« Sa fuite au Liban constitue en soi un crime », a déclaré la ministre de la justice, Masako Mori. Pour défendre la détention de Carlos Ghosn, la ministre souligne qu’un suspect au Japon n’est arrêté que sous un mandat d’arrêt délivré par un juge qui a étudié l’affaire, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres pays.

Le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, affirme que le système judiciaire japonais protège les droits de l’homme. Carlos Ghosn est apparu plein de ressentiments à l’encontre du Japon. Il s’est dit victime d’un « Pearl Harbor politique ».

Ghosn devant un procureur libanais

Quelques heures après cette première apparition publique très médiatisée, indique notre correspondant à Beyrouth, Paul khalifeh, Carlos Ghosn va être entendu ce jeudi 9 janvier par le procureur libanais au sujet du mandat d’arrêt émis par Interpol à la demande des autorités nippones. Il sera probablement libéré et le risque d’extradition est pratiquement nul.

Le magnat déchu de l’industrie automobile sera aussi interrogé sur une visite qu’il a effectuée en Israël en 2008, un pays avec lequel le Liban est techniquement en guerre depuis 1948. Trois avocats libanais avaient présenté une note au parquet contre Carlos Ghosn pour « entrée en pays ennemi et violation de la loi du boycott d’Israël », considérées comme des crimes passibles de prison au Liban.

Interrogé par des journalistes mercredi, Carlos Ghosn avait expliqué s’être effectivement rendu à Tel-Aviv en tant que Français, dans le cadre de ses activités professionnelles à titre de PDG de Renault.

La presse libanaise a naturellement consacré une couverture généreuse à la première intervention publique du plus célèbre fugitif au monde. Le quotidien francophone, L'Orient-Le Jour, lui consacre sa Une avec un titre évocateur : « Carlos Ghosn clame son innocence devant la planète entière ».

An-Nahar, journal arabophone, reprend une phrase prononcée par l’ex-patron de Renault-Nissan pour expliquer sa décision de quitter le Japon : « Je n’avais d’autre choix que de m’enfuir ».

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