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Iran

Crash de l'avion ukrainien: les regrets du président Rohani, la colère de la rue

Iran: contrairement à d'ordinaire, les drapeaux américain et israélien peints sur la chaussée à Téhéran ne sont pas piétinés par les manifestants, le 12 janvier (image extraite des réseaux sociaux): leur colère vise leur gouvernement.
Iran: contrairement à d'ordinaire, les drapeaux américain et israélien peints sur la chaussée à Téhéran ne sont pas piétinés par les manifestants, le 12 janvier (image extraite des réseaux sociaux): leur colère vise leur gouvernement. Reuters

L'annonce par l'Iran qu'un tir de missile était à l'origine du crash de l'avion ukrainien avec à son bord 176 personnes, dont des doubles nationaux, a provoqué une colère profonde au sein de la population et des rassemblements à Téhéran et en province. Dans une intervention télévisée, le président iranien Hassan Rohani  a assuré que tous les responsables de la catastrophe « seront punis ».

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La version d'un simple accident avancé par les autorités pendant 72 heures, avant que l'armée ne reconnaisse qu'un tir de missile accidentel était à l'origine du crash a provoqué un véritable choc au sein de la population, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Les Iraniens ne comprennent pas que les autorités n'aient pas fermé l'espace aérien au trafic civil après les frappes contre une base américaine alors que le président Trump avait menacé de détruire 52 sites iraniens, y compris des sites culturels.

Rohani: « Pas possible qu’un seul individu soit responsable »

Ils ne comprennent pas non plus pourquoi le pouvoir a mis autant de temps pour reconnaître qu'un missile iranien était à l'origine du crash de l'avion. Enfin, de nombreux médias et citoyens ont critiqué l'absence du président Rohani qui ne s'est pas adressé directement à la population pour calmer sa colère.

Ce dernier a fini par réagir ce mardi, affirmant que tous les responsables du tir de missile contre l'avion ukrainien devaient être punis. « Dans cette affaire, il n'est pas possible qu’un seul individu soit responsable, celui qui a appuyé sur le bouton, il y a aussi d'autres personnes. Je veux que cela soit dit avec sincérité à la population. Les gens savent parfaitement cet accident s'est produit par erreur et par inadvertance »

Le président iranien a demandé au chef de la justice de mettre en place un tribunal spécial avec un juge expérimenté et des dizaines d'experts pour mener l'enquête.

De son côté le porte-parole de la justice a affirmé que plusieurs personnes ont déjà été arrêtées. Il a ajouté que l'enquête sera menée avec précision pour assurer les intérêts moraux et financiers des familles des victimes.

À lire aussi : Les Iraniens manifestent leur colère dans la rue après le crash d'Ukrainian Airlines

Les militaires sur le front

Les militaires eux sont intervenus à la télévision pour demander des excuses et assumer toute la responsabilité de l'erreur commise. Le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, le général Amir Ali Hadjizadeh, est venu samedi à la télévision, assurant qu'il aurait préféré mourir que de voir un tel jour. Il a expliqué qu'il avait demandé que le ciel iranien soit fermé au trafic civil mais que d'autres responsables n'avaient pas pris les mesures nécessaires. Il a exprimé ses excuses et a affirmé qu'il accepterait toutes les décisions de ses supérieurs et de la justice pour la faute commise.

Le lendemain, dimanche 12 janvier, c'est le chef des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami, qui s'est présenté devant le Parlement et a également présenté des excuses.

L'enquête se poursuit

L'Iran se déclare prêt à coopérer avec les pays étrangers impliqués dans l'accident. Une réunion est d'ailleurs prévue ce jeudi à Londres à l'initiative du Canada, avec des représentants des pays concernés par le crash: Canada, Ukraine, Suède, Royaume-Uni et Afghanistan. Ces derniers jours, le président iranien Hassan Rohani s'est entretenu avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau et avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Débris du Boeing 737 d'Ukraine International Airlines qui s'est écrasé mercredi à Téhéran, entraînant la mort de 176 personnes majoritairement irano-canadiennes.
Débris du Boeing 737 d'Ukraine International Airlines qui s'est écrasé mercredi à Téhéran, entraînant la mort de 176 personnes majoritairement irano-canadiennes. Nazanin Tabatabaee/WANA/REUTERS

Il leur a affirmé que l'Iran était prêt à toute coopération internationale pour faire toute la lumière sur le crash de l'avion. Il a aussi déclaré au Premier ministre du Canada, pays avec lequel l'Iran n'a pas de relations diplomatiques, que Téhéran était prêt à accorder toutes les facilités consulaires au Canada. Il y avait une soixantaine de bi-nationaux à bord de l'avion. Des experts canadiens sont déjà à Téhéran pour participer à l'enquête et ils auront accès aux boîtes noires, au site du crash et à l'épave de l'appareil. « Il y a des signes laissant entendre que l'Iran va permettre au BST de jouer un rôle plus actif que ce qui est normalement permis », a déclaré lundi Kathy Fox, présidente du Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada lors d'une conférence de presse.

Pour rappel, le président Rohani a déclaré au président ukrainien qu'il allait envoyait prochainement un représentant spécial en Ukraine pour exprimer les regrets de l'Iran pour cette tragédie et que l'Iran respectera tous les engagements légaux de l'accident, notamment les compensations pour la perte de l'avion et la vie des passagers et membres d'équipages.

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