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Liban

Liban: dans les banques, les clients désespèrent d'obtenir des dollars

Les restrictions imposées sur les retraits bancaires provoquent la colère des clients, Beyrouth le 16 janvier 2020.
Les restrictions imposées sur les retraits bancaires provoquent la colère des clients, Beyrouth le 16 janvier 2020. REUTERS/Mohamed Azakir

Trois mois après le début des manifestations, le Liban – troisième pays le plus endetté au monde –, est en proie à une crise économique sans précédent. En quelques semaines, la monnaie locale a perdu près de 40 % de sa valeur. Pour éviter la catastrophe, les banques limitent les retraits en dollars, l’autre monnaie du pays. La mesure ne fait qu’attiser la colère des Libanais.

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Avec notre correspondante à Beyrouth, Chloé Domat

Il faut se lever tôt pour trouver des dollars à Beyrouth. Les distributeurs sont vides et au guichet, les billets verts sortent au compte-gouttes. Aussi, dès le petit matin, ils sont déjà des dizaines à faire la queue devant les banques.

« Je suis venue à 7h30 pour obtenir un numéro, nous explique Georgette. C'est le numéro 9. Je dois attendre que mon tour vienne. Et parfois quand votre tour arrive, comme hier où j'avais le numéro, on vous dit : 'Madame, il n’y a plus de dollars.' »

► À lire aussi : Pourquoi les banques sont-elles prises pour cible par des manifestants au Liban ?

Tony lui a attendu deux heures pour 100 dollars. C’est le seul retrait que la banque lui accorde cette semaine. « J’ai réduit mes dépenses de 60-70 %. Au lieu de faire les courses chaque semaine, on y va une fois toutes les deux semaines. On arrive encore à se débrouiller mais je ne sais pas jusqu’à quand. »

À l’intérieur, les gens s’entassent et s’exaspèrent. Pour éviter les débordements, la salle d’attente est surveillée par un policier. « C’est d’autant plus injuste qu’il y a une fuite de capitaux à l’étranger, les politiciens, les gens qui ont volé l’argent public – les gens savent ça – c’est l’une des causes principales de la révolution, c’est de pouvoir établir une certaine justice sociale », regrette un autre client.

Les banques ont imposé de sévères restrictions à leurs déposants. Au Liban, le dollar est utilisé au même titre que la monnaie nationale et les retraits sont désormais limités à environ un millier de dollars par mois. Les manifestants accusent leurs dirigeants et les banques d’avoir ruiné le pays.

Mardi soir, des heurts ont éclaté à Beyrouth devant le siège de la Banque centrale et des banques ont été vandalisées. D’autres rassemblements sont attendus ce week-end.

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