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Irak

Irak: la contestation antigouvernementale s’intensifie à Bagdad et dans le sud

Des manifestants brûlent des pneus pour bloquer une rue à Bagdad, le 19 janvier 2020.
Des manifestants brûlent des pneus pour bloquer une rue à Bagdad, le 19 janvier 2020. REUTERS/Khalid al-Mousily

Ce dimanche 19 janvier à Bagdad et dans plusieurs villes du sud de l’Irak, de nouvelles manifestations ont éclaté. Une dizaine de personnes, dont des policiers ont été blessés dans les affrontements. Les protestataires demandent le renouvellement d'une classe politique jugée corrompue et menacent d’intensifier encore leur mouvement si leurs revendications n’aboutissent pas.

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Ce mouvement de contestation inédit en Irak avait été éclipsé ces dernières semaines par la flambée des tensions entre l'Iran et les États-Unis, les deux principaux parrains de Bagdad.

Face au risque de voir leur pays devenir le théâtre principal de l'affrontement entre Téhéran et Washington, les manifestants avaient accordé un délai d'une semaine au gouvernement pour faire avancer leurs revendications. La semaine s'est écoulée et les Irakiens sont restés insatisfaits.

« Nous commençons l'escalade » criaient les manifestants, enivrés de colère face à l'inertie du gouvernement. Ce dimanche soir, quelques heures avant la fin de l'ultimatum donné aux autorités, des centaines d'Irakiens avaient déjà repris les rues de Bagdad, rapporte notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann. Comme dans le sud du pays, ces protestataires ont pris d'assaut les principaux axes routiers et les ponts pour paralyser la ville et faire pression sur le gouvernement.

Les manifestants réclament des réformes

Depuis plus de trois mois, les manifestants réclament des élections anticipées sur la base d'une loi électorale réformée et un nouveau Premier ministre pour remplacer l'actuel chef du gouvernement démissionnaire Adel Abdel Mahdi. Ils demandent aussi la fin de la corruption, qui a englouti en 16 ans deux fois le PIB de l'Irak, et du système politique de répartition des postes en fonction des ethnies et des confessions.

À écouter aussi : En Irak, «un triptyque infernal qui lie le système politique à la corruption et à l’ingérence étrangère»

Le Premier ministre Abdel Abdel Mahdi a démissionné il y a près de deux mois, mais les partis politiques n'ont jusqu'à présent pas réussi à s'entendre sur un successeur et celui-ci continue à diriger le gouvernement.

Les manifestants ont publiquement rejeté les noms de possibles remplaçants et sont furieux que d'autres réformes de grande envergure n'aient pas été mises en œuvre.

Répression et campagne d’intimidation

Des rassemblements ont aussi eu lieu dans les villes de Diwaniya, Kout, Amara, dans le sud du pays, où la plupart des bureaux gouvernementaux, des écoles et des universités sont fermés depuis des mois. Dans la ville sainte de Najaf, au sud de Bagdad, des jeunes arborant des drapeaux irakiens ont brûlé des pneus et entamé un sit-in sur une route principale menant à la capitale. Plus au sud, à Bassora, les étudiants ont participé à un mouvement de grève.

Depuis octobre, la contestation a été émaillée par des violences et réprimée par les forces de l'ordre. Il y a eu environ 460 morts -- quasiment tous des manifestants -- et plus de 25 000 blessés.

Si les violences ont légèrement diminué lors des manifestations, les militants disent être confrontés à une vaste campagne d'intimidation, d'assassinats et d'enlèvements.

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