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Plan de paix américain: Erdogan accuse les pays arabes silencieux de «trahison»

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours devant une rencontre de son parti AKP, à Ankara, le 31 janvier 2020.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours devant une rencontre de son parti AKP, à Ankara, le 31 janvier 2020. Adem ALTAN / AFP

« Honte à vous », a lancé Recep Tayyip Erdogan à certains pays arabes. Lors d’un discours devant son parti, le président turc Erdogan a accusé vendredi 31 janvier certains pays arabes de commettre une « trahison » en restant « silencieux » face au plan « scandaleux » des États-Unis. Celui-ci est censé, selon le président américain Donald Trump, régler le conflit israélo-palestinien.

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« Les pays arabes qui soutiennent un tel plan commettent une trahison envers Jérusalem, ainsi que leur propre peuple et, plus important, toute l'humanité », a déclaré M. Erdogan lors d'un discours devant des responsables de son parti, l'AKP, à Ankara. « L'Arabie saoudite est silencieuse. Quand vas-tu faire entendre ta voix ? Oman, Bahreïn, pareil. Le gouvernement d'Abou Dhabi applaudit. Honte à vous ! Honte à vous ! », a-t-il lancé.

Le président turc, ardent défenseur de la cause palestinienne, avait jugé mercredi 29 janvier que le plan américain, qui présente notamment Jérusalem comme la « capitale indivisible d'Israël », était « absolument inacceptable ».

La présentation du plan de paix de Washington pour régler le conflit israélo-palestinien était attendue depuis plusieurs mois, mais le plan a été immédiatement rejeté par les dirigeants palestiniens, notamment à cause du statut de Jérusalem.

Mais aussi car le plan présenté par le président Trump permet à Israël d’annexer les territoires occupés, cela en dépit du droit international.

Propositions américaines « scandaleuses »

« La Turquie ne reconnaît pas et n'accepte pas ce plan qui anéantit la Palestine et fait main basse sur Jérusalem », a déclaré M. Erdogan vendredi, qualifiant de « scandaleuses » les propositions américaines. « Jérusalem est notre ligne rouge », a-t-il souligné. « Abandonner la totalité de Jérusalem aux griffes ensanglantées d'Israël reviendrait à commettre un grand tort envers l'humanité », a ajouté le président turc.

L'importance de Jérusalem pour les musulmans est notamment due à la présence de la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam et que le président turc veut défendre. « Si nous ne parvenons pas à protéger la mosquée al-Aqsa, demain les mauvais regards se tourneront vers la Kaaba », sanctuaire le plus saint de l'islam situé à La Mecque, en Arabie saoudite, a mis en garde M. Erdogan.

Le chef de l'État turc a également exhorté « les chrétiens, qui eux aussi ont des droits sur Jérusalem, à protéger » cette ville considérée comme sacrée par les trois grandes religions monothéistes.

Jérusalem est un point de friction dans les relations entre la Turquie et les États-Unis, déjà très tendues sur de nombreux dossiers internationaux. Les dirigeants turcs avaient critiqué avec virulence l'initiative du président Trump qui avait reconnu en 2017 Jérusalem comme la capitale de l'État d'Israël, et y avait déplacé l'ambassade américaine.

La presse turque proche du pouvoir s'en prend régulièrement à certains pays arabes, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qu'elle accuse de s'être rapprochés d'Israël sur fond d'hostilité commune envers l'Iran.

Les relations de la Turquie avec ces deux pays se sont dégradées après l'assassinat, à Istanbul en 2018, de l'éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi. En dépit des tensions, M. Erdogan s'en prend rarement frontalement à Riyad.

(Avec AFP)

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