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Plan de paix de Trump: Abbas rompt «les relations» avec Israël et les États-Unis

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, montre des cartes de la Palestine où l'on voit le plan de partition de l'ONU de 1947, les frontières de 1948-67 et une carte sans les zones annexées par Israël, au Caire, le 1er février 2020.
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, montre des cartes de la Palestine où l'on voit le plan de partition de l'ONU de 1947, les frontières de 1948-67 et une carte sans les zones annexées par Israël, au Caire, le 1er février 2020. Khaled DESOUKI/AFP

La Conférence ministérielle extraordinaire de la Ligue arabe, pour répondre au « deal du siècle » proposé par le président américain Donald Trump, a commencé samedi 1er février au Caire. Mahmoud Abbas, le président de l’autorité palestinienne qui a convoqué la réunion a rejeté d’entrée l’initiative américaine. Il a déclaré couper toutes les relations avec les Américains et les Israéliens.

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Avec nos correspondants au Caïre, Alexandre Buccanti et à Ramallah, Alice Froussard

Pour Mahmoud Abbas, l’initiative américaine rendait caducs tous les accords signés. « Nous n’aurons plus de relations avec vous y compris au niveau sécuritaire », a-t-il déclaré en s’adressant aux États-Unis et Israël. Israël qu’il considère dorénavant comme une force d’occupation. Ce plan est une violation des Accords d’Oslo et Israël doit assumer ses positions de puissance occupantes dans les Territoires palestiniens, a insisté Mahmoud Abbas.

Rappellons -le, cette coopération sécuritaire entre Israélien et Palestiniens existe depuis les Accords d’Oslo de 1993. Elle concerne la circulation des biens et des personnes, des échanges d’informations et permet aussi, selon Israël de mieux prévenir les risques d’attentats, de garder un oeil sur les partisans ou les militants du Hamas en Cisjordanie ce qui arrange autant les Israéliens que Mahmoud Abbas. Alors si les Palestiniens coupent tout contact, ça veut dire qu’il pourrait désormais y avoir des manifestations près des forces armées israéliennes….
Ou encore qu’Israël aurait du mal à de se déployer rapidement dans les Territoires Palestiniens..

Mahmoud Abbas a ajouté que les Palestiniens allaient poursuivre pacifiquement leur lutte contre l’occupation israélienne et pour l’indépendance « Les Palestiniens ont le droit de poursuivre leur lutte légitime par des moyens pacifiques pour mettre fin à l’occupation », a-t-il déclaré.

« Injuste » envers les Palestiniens

S’adressant aux ministres arabes, le chef de l'Autorité palestinienne a ajouté : « Je ne vous demande pas de vous opposer aux Américains, mais de soutenir le peuple palestinien ».

Un soutien verbal qu’il a obtenu de la part de tous les ministres participants. Le communiqué final rejette même l’initiative américaine. Toutefois rares sont ceux qui l’avaient fait dans leurs déclarations. Certains même, comme les Émirats, Oman, le Koweït et le Maroc avaient trouvé positive l’initiative qui, selon eux, « pourrait servir comme point de départ pour de nouvelles négociations ». 

Dans un communiqué samedi, la Ligue arabe a donc annoncé rejeter le plan de règlement du conflit israélo-palestinien annoncé plus tôt cette semaine par Donald Trump, affirmant qu'il était « injuste » envers les Palestiniens.

Une réaction prévisible

Les forces de sécurité israéliennes avaient fait part cette semaine de leur inquiétudes, craignant « un refus palestinien rapide et irréfléchi ».
Une chose est sûre. Cette annonce était l’un des derniers recours de Mahmoud Abbas pour faire pression sur Israël et les Américains. Il reste à savoir quand et comment cette rupture va se concrétiser sur le terrain et si le président de l’Autorité palestinienne l’appliquera réellement. Il a déjà fait ce genre d’annonce par le passé, sans jamais la mettre en place.

Ce que Netanyahu a présenté comme un succès risque de se transformer en un désastre.

Alain Gresh, directeur de la revue en ligne Orient XXI


Des manifestations anti-« deal du siècle » en Israël

« L’annexion est une catastrophe »,  « Sans la paix, pas de sécurité », scandent des centaines de manifestants place Dizengoff à Tel-Aviv, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Un rassemblement à l’appel de plusieurs ONG pacifistes et des associations de gauche. Le « deal du siècle » n’est « pas un plan de paix » mais « le feu vert à la poursuite de l’occupation », affirment les militants qui appellent à démission de Benyamin Netanyahu. Carmel Givon du mouvement Omedim Beyahad: « Ce deal du siècle, c’est évident que c’est un autre nom pour l’occupation. C’est juste une décision prise par Netanyahu et Trump qui est mauvais pour les Palestiniens et pour l’État israélien. »

Plus tôt, ce sont des Arabes israéliens qui ont également manifesté contre le plan américain dans le village arabe de Baqa al-Gharbiyye. « Non au transfert et à l’apartheid », ont-ils proclamé.

Par ailleurs, le Premier ministre israélien critique les propos du président palestinien devant la Ligue arabe au Caire. Son rival Benny Gantz estime que Mahmoud Abbas ne rate pas une occasion de refuser la paix.

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