Accéder au contenu principal

De nombreux candidats réformateurs iraniens disqualifiés pour les législatives

Des iraniens marchant à côté d'une affiche électorale des législatives du 21 février 2020
Des iraniens marchant à côté d'une affiche électorale des législatives du 21 février 2020 AFP Photos/STR

La campagne électorale pour les législatives du 21 février a commencé en Iran. Quelque 7148 candidats ont été approuvés et 7296 candidats ont été disqualifiés par le Conseil des Gardiens de la Constitution. Une élection difficile pour les modérés du président Hassan Rohani.

Publicité

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

La coalition des partis réformateurs et modérés qui soutient le président Hassan Rohani a dénoncé le rejet de nombreux de leurs candidats à travers le pays.

Les principaux députés réformateurs sortants, connus pour leurs critiques contre le pouvoir, ont été disqualifiés par le Conseil des Gardiens de la Constitution, une instance contrôlée par les conservateurs.

Les partis réformateurs et modérés affirment qu’ils ne pourront pas présenter de candidats dans de nombreuses régions. À Téhéran, qui compte 30 sièges, les réformateurs ont décidé de ne pas présenter de liste commune.

Reprise espérée du Parlement pour les conservateurs

Le président Rohani, qui a appelé les électeurs à participer massivement aux élections, craint aussi une démobilisation de l’électorat modéré très déçu par le bilan économique et politique de son gouvernement.

En effet, depuis le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire en 2018, la situation économique ne cesse de se dégrader. L’inflation dépasse largement les 40 %, ce qui a provoqué un grand mécontentement de la population. Les conservateurs comptent sur la démobilisation des électeurs modérés pour prendre le contrôle du parlement, à moins de deux ans de la présidentielle.

►À écouter aussi : Géopolitique, le débat - Iran : le régime est-il aux abois ?

Un régime en quête de légitimité

Ces élections surviennent quelques mois à peine après d'importantes manifestations en novembre. Les Iraniens étaient descendus par milliers dans les rues du pays, dénonçant leurs responsables politiques et exigeant des mesures d'urgence pour sortir le pays de la crise économique.

« Il y a à peine deux mois, 1 500 Iraniens ont été massacrés dans les rues et c’est à partir de cet évènement qu’il faut lire ce qu’il se passe aujourd’hui dans ces élections, analyse Mahnaz Shirali, politologue d'origine iranienne, enseignante à Sciences Po à Paris. La République islamique a besoin de se racheter une nouvelle légitimité. Du coup, il est important pour elle de montrer que les Iraniens sont derrière elle, qu’ils ont voté. »

La politiologue insiste : « La seule chose qu’il est important de comprendre maintenant est de savoir combien d’Iraniens vont aller aux urnes ». Or « il sera très difficile de savoir quelle est la réalité de la participation aux élections, parce que nous avons vu ces dernières semaines à quel point les dirigeants iraniens sont capables de mentir à la planète entière ».

Et l’état d’esprit dans le pays est pessimiste, selon elle. « Les Iraniens sont désemparés parce qu’ils disent : "même si on ne vote pas, ils vont dire que 90% des gens sont allés voter". Pour les Iraniens, ces élections sont une autre possibilité pour que les dirigeants présentent leur nouveau spectacle. On est dans un pays dictatorial avec des gens qui sont maîtres de la communication. »

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.