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Législatives en Iran: le guide suprême appelle à une participation massive

Législatives en Iran ce vendredi 21 février: dans un bureau de vote de Téhéran, un assesseur vérifie les listes des candidats.
Législatives en Iran ce vendredi 21 février: dans un bureau de vote de Téhéran, un assesseur vérifie les listes des candidats. Nazanin Tabatabaee/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS

Quelque 57 millions d'Iraniens sont appelés aux urnes pour élire les 290 députés du Parlement iranien ce vendredi 21 février, alors que un peu plus de la moitié des candidats inscrits ont été invalidés. Lorsqu'il a voté dès l'ouverture des bureaux ce vendredi matin, le guide suprême Ali Khamenei a appelé à une participation massive.

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de notre correspondant à Téhéran,

Quelque 7300 candidats ont été invalidés et 7150 autres ont été retenus pour le scrutin par le Conseil des Gardiens de la Constitution, l'organe chargé de superviser les élections. Dominé par les conservateurs, il a pour mission notamment d'approuver ou de rejeter les candidatures aux différentes élections nationales.

Les candidatures des réformateurs largement invalidées

Les réformateurs ont critiqué un rejet massif de leurs candidats, notamment en province. En effet, les principales personnalités du camp réformateur, notamment des députés sortant connus pour leurs critiques contre le pouvoir ont été invalidées par le Conseil. A Téhéran par exemple, la coalition des partis réformateurs et modérés, qui soutient le président Hassan Rohani, a décidé de ne pas présenter de listes. Les huit partis réformateurs ont cependant décidé de présenter leur propre liste. Mais ce manque d'unité n'est pas bon pour mobiliser l'électorat modéré.

Le bilan du gouvernement a déçu

Les électeurs modérés et réformateurs sont également déçus par le bilan économique et politique du gouvernement et pourraient ne pas se mobiliser. Le président Rohani a été élu avec la promesse d'une normalisation des relations avec le reste du monde et une amélioration de la situation économique.

La conclusion de l'accord nucléaire de 2015 avait fait naître un très grand espoir, mais depuis le retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire en 2018 et le retour des sanctions américaines, la situation économique s'est fortement dégradée avec une inflation qui a atteint les 50%.

Le président Rohani a également oublié ses promesses électorales, notamment la promesse d'intégrer des jeunes et des femmes dans son gouvernement. L'électorat modéré lui reproche également son manque d'action pour faire libérer les dirigeants du mouvement de contestation de 2009 qui sont en résidence surveillée depuis dix ans.

À écouter aussi : Les dix ans du mouvement vert en Iran, quelle ouverture démocratique ?

D'ailleurs, l'ancien président réformateur Mohammad Khatami, qui avait joué un rôle de premier plan pour mobiliser les électeurs modérés et réformateurs lors des précédents scrutins a décidé de ne pas intervenir dans la campagne.

Les conservateurs ont le vent en poupe

Les conservateurs eux semblent avoir de grands espoirs pour prendre le contrôle du Parlement. Ils ont réussi à présenter une liste unique qui comprend également les amis de l'ancien président populiste Mahmoud Ahmadinejad. Ils comptent sur une démobilisation de l'électorat modéré pour faire élire leurs candidats.

Mais dans certaines villes de province, la situation leur encore plus favorable puisque les réformateurs affirment ne pas avoir de candidats qualifiés dans une partie des circonscription de province. Et dans la capitale, c'est l'ancien maire de Téhéran qui mène la liste des conservateurs.

Si les conservateurs prennent le contrôle du Parlement, la tâche du président Hassan Rohani, qui a basé sa politique sur rapprochement avec les Occidentaux, sera encore plus difficile. L'actuel Parlement est dirigé par Ali Larijani, un conservateur modéré, proche de Rohani. Il avait soutenu l'accord nucléaire et la politique de rapprochement avec l'Occident. Mais il a décidé de ne pas se représenter.

Si les conservateurs prennent le contrôle du Parlement, ils auront une politique plus dure à l'égard des Occidentaux, ce qui va affaiblir le président Rohani qui a encore deux ans devant lui avant de quitter le pouvoir. Les réformateurs seront encore plus affaiblis à la tête de l'Etat puisque les autres organes du pouvoir, notamment le Conseil des Gardiens de la Constitution, l'autorité judiciaire, et l'Assemblée des experts chargée de nommer le guide suprême, sont déjà contrôlés par les conservateurs.

► À écouter aussi : Faut-il s'inquiéter d'une possible victoire des conservateurs aux légisaltives en Iran ?

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