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Reportage

Législatives en Iran: les politiques aux urnes pour encourager les électeurs à voter

Le président Hassan Rouhani se préparant à voter dans un bureau de vote de la capitale Téhéran le 21 février 2020.
Le président Hassan Rouhani se préparant à voter dans un bureau de vote de la capitale Téhéran le 21 février 2020. AFP / Iranian Presidency

Les Iraniens votent aujourd'hui pour élire les députés du Majlis. Le Guide suprême et le président Rohani ont voté dès l'ouverture du bureau. Un moyen d'encourager la population à se déplacer, alors que le taux de participation s'annonce très bas. Les Iraniens se sentent déconnectés de la classe politique, et l'invalidation d'une bonne partie des candidats réformateurs a achevé de les en éloigner. 

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avec notre envoyée spéciale, Oriane Verdier

Devant les caméras, un homme en costard cravate vient de glisser son bulletin dans l'urne. C'est Sayyed Mohammad Hosseini, ancien ministre de la Culture sous le président conservateur Ahmadinejad. « Aujourd’hui est un jour important, pour moi mais aussi pour le peuple iranien, déclare-t-il. C'est aussi important pour les gens de la région et d’autres pays qui surveillent de près ces élections pour voir comment les Iraniens y participent. Notre peuple a des problèmes mais cela ne le rend pas indifférents envers le système, les intérêts du pays et les intérêts internationaux. »

Alors qu'il repart, un autre homme entre dans la mosquée. Elias Hazrati, député réformateur, figure parmi les milliers de candidats invalidés par le Conseil de Gardiens. Malgré tout, il est venu voter lui aussi. « Nous sommes dans un lourd conflit avec les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite, c’est pourquoi on laisse de côté les sujets personnels et les querelles entre partis. C’est pour ça qu’on participe aux élections, en dépit de nos plaintes, critiques et des offenses. Nous avons publié un communiqué pour inviter les gens à participer et nous même nous y participons C'est pour ça que nous sommes venus ici aujourd'hui, pour montrer que nous participons. »

Témoignages d'électeurs

Participer, c'était la volonté de ce couple rencontré au petit matin dans un autre bureau de vote installé dans une belle mosquée d'Ershad aux carreaux aux motifs bleu et jaune. Il avait défini une liste de conservateurs et réformateurs, qui leur semblaient être des candidats sincères et non corrompus. Participer, c'était aussi le propos de Mahdieh, jeune étudiante de 20 ans. « C’est la première fois que je vote, nous expliquait-elle. Ici on présente notre acte de naissance pour prouver qu’on est majeur et de nationalité iranienne et ils vérifient si on a le droit de vote.

C’est important pour moi parce qu’en votant je participe à faire disparaître la corruption qui existe dans le pays et de bons hommes vont devenir nos politiciens. La plupart des candidats pour qui je vote sont de la liste conservatrice. Je pense que la propagande occidentale à beaucoup influencé nos jeunes. Mais moi et beaucoup d’autres, on garde un grand espoir. Et chacun a sa propre opinion politique.»

La fermeture des bureaux de vote est prévue à 18 heures, heure locale. Il est possible que le scrutin se prolonge, si des retardataires affluent en fin d'après-midi mais selon un institut de sondages iranien, le taux de participation s'annonce très faible, 25% à Téhéran et 50 % dans tout le pays. Pour beaucoup, il s'agit là de dénoncer le décrochage entre la classe politique et le peuple iranien.

À lire aussi : Législatives en Iran: les conservateurs s’unissent derrière Mohammad Ghalibaf

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