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Syrie: la Turquie ne fera pas «le moindre pas en arrière» à Idleb

Au moins 20 civils ont été tués le 25 février dans la province d'Idleb qui regroupe 1 million de civils déplacés par le conflit.
Au moins 20 civils ont été tués le 25 février dans la province d'Idleb qui regroupe 1 million de civils déplacés par le conflit. Abdulaziz KETAZ / AFP

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a exclu mercredi 26 février de faire « le moindre pas en arrière » face au régime de Bachar el-Assad dans le nord-ouest de la Syrie et affiché son intransigeance avant de nouvelles discussions avec l'allié russe de Damas.

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« Nous ne ferons pas le moindre pas en arrière, nous repousserons le régime en dehors des frontières que nous avons fixées », a déclaré Recep Tayyip Ergodan lors d’un discours devant les députés de son parti, l’AKP, à Ankara.

Le chef de l'État turc a réitéré son ultimatum aux forces du régime syrien qu'il somme de se retirer de certaines positions dans la région d'Idleb d'ici fin février, menaçant sinon de les y contraindre. Le régime de Bachar el-Assad, appuyé par la Russie, mène depuis décembre une offensive à Idleb, ultime bastion de l'opposition en Syrie.

Fin de l’ultimatum

Outre une grave crise humanitaire, la progression des forces syriennes a provoqué une crise avec la Turquie qui appuie des groupes rebelles. Plusieurs postes militaires turcs sont désormais encerclés par les forces syriennes. « Le délai que nous avons donné pour quitter les zones où nos postes d'observation sont encerclés arrive à son terme. Nous sommes en train de planifier la libération, d'une manière ou d'une autre, de ces postes d'observation d'ici fin février », a déclaré M. Erdogan.

La crise entre Ankara et Damas a également suscité des frictions entre la Turquie et la Russie. Ce 26 février, Erdogan a souligné que « le plus grand problème de la Turquie à Idleb est de ne pas pouvoir utiliser l'espace aérien », contrôlé par Moscou. « Nous trouverons bientôt une solution à cela », a-t-il ajouté, sans plus de précision.

L’étau se resserre autour de la province d'Idleb 

Le 25 février dans la province d'Idleb, la ville de Kafranbel a été reconquise par le régime. Au moins 20 civils ont été tués dans cette zone qui regroupe 1 million de civils déplacés par le conflit. Ahmad Ibrahim médecin pour l'UOSSM, Union des organisations de secours et de soins médicaux, dans la province d'Idleb, raconte comment la situation se dégrade de jour en jour : « Les attaques se sont intensifiées dans la région d'Idleb. Le régime avance rapidement au sud de la ville. Les villages tombent les uns après les autres. Le 25 février, la ville de Kafranbel est tombée aux mains du régime. Les troupes sont entrées dans la ville. Nous y avions pourtant un centre de secours d'urgence ainsi que des réserves de sang pour les transfusions. Mais la ville est tombée à cause des bombardements massifs. Personne ne sait précisément quelle est la situation sur le terrain. »

Beaucoup de gens ont fui, des habitants de Kafranbel mais aussi des réfugiés d'autres régions, explique ce médecin. Le même jour, la ville de Maaret Masrine a également été prise pour cible, par des avions russes : « Une école a été visée, 3 enseignants sont morts ainsi qu'une écolière. La région est encerclée et l'étau se resserre de plus en plus. La situation est catastrophique. »

L’UE appelle à la « désescalade »

Dans une tribune parue dans le quotidien Le Monde, 14 pays de l’Union européenne appellent Ankara et Moscou à la « désescalade » dans la province rebelle syrienne d’Idleb. Dans cette tribune, les pays ont averti que la lutte contre le terrorisme invoquée par Moscou, qui soutient l’offensive militaire du régime du président syrien Bachar al-Assad dans la province, ne pouvait justifier les violations massives du droit international humanitaire : « Nous appelons la Russie à poursuivre les négociations avec la Turquie, afin d'aboutir à une désescalade à Idleb et de contribuer à une solution politique .»

Les deux pays avaient conclu en 2018 à Sotchi en Russie, un accord prévoyant la fin des combats et l'élection de postes d'observation turcs dans la région d'Idleb. Mais cet arrangement a volé en éclats ces dernières semaines et les deux parties se rejettent la responsabilité de son implosion. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a pour sa part rejeté les appels au cessez-le-feu, estimant que ce serait une « capitulation face aux terroristes ».

« Nous sommes parfaitement lucides sur la présence de groupes radicaux à Idleb. Nous ne prendrons jamais à la légère le problème du terrorisme : nous le combattons avec détermination », ont relevé les signataires de la tribune.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merekl ont demandé l'organisation d'un sommet sur la Syrie avec Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine.

 

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