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Syrie: le défi de reconstruire Baghouz à l'heure du coronavirus

Un an après la chute de Baghouz en Syrie, un collectif de citoyen tente de reconstruire le village avec un défi sanitaire majeur alors que le monde doit faire face au coronavirus.
Un an après la chute de Baghouz en Syrie, un collectif de citoyen tente de reconstruire le village avec un défi sanitaire majeur alors que le monde doit faire face au coronavirus. DELIL SOULEIMAN / AFP

Baghouz a été libéré il y a un an, jour pour jour. Ce village perdu dans le désert syrien a été tristement rendu célèbre par le groupe État islamique qui en avait fait son dernier bastion. Les forces kurdes appuyées par la coalition internationale avaient repris ce village aux jihadistes. Depuis, un collectif citoyen tente de le reconstruire alors que le monde est en pleine pandémie de coronavirus.

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Depuis la libération du village, un collectif citoyen baptisé Amel Baghouz tente de le reconstruire. Ses membres doivent également faire face à de nombreux défis et notamment sanitaires alors que le monde est en pleine pandémie.

Aussitôt libéré en mars 2019 Baghouz était retombé dans l’oubli. « Après la bataille, les forces kurdes et la coalition internationale sont reparties », regrette Fawaz Al Marsoumi, porte-parole de Amel Baghouz, joint par RFI. Ce collectif réussit alors à lever une petite armée de bénévoles. Leur priorité absolue est d'assurer la sécurité.

Battu mais pas éradiqué, le groupe terroriste État islamique est tombé dans la clandestinité mais continue aujourd’hui de perpétrer des attentats dans l’est syrien. « Avoir mis fin l’année dernière à la présence du groupe État islamique dans son dernier fief de Baghouz n’a pas suffi à éradiquer tous ses membres, explique Mervan Qamishlou, porte-parole des YPG, les unités de protection du peuple kurde. Les attentats commis par ce groupe terroriste ne se sont jamais arrêtés. Les civils les subissent toujours. Et nos combattants aussi doivent y faire face. Certes, Daech ne contrôle plus aucun territoire, mais aujourd’hui Daech est devenu un groupe terroriste clandestin qui commet des attentats à la voiture piégée et qui tend des embuscades ».

« Il faut rappeler aussi ce à quoi nous avons été confrontés durant cette dernière année, poursuit-il. La Turquie nous a également attaqués. Ce qui a contribué à déstabiliser la région. Certains membres de Daech que nous avions fait prisonniers étaient parvenus à s’évader durant cette période. Il nous a fallu du temps pour rétablir l’ordre dans le nord-est de la Syrie mais nous y sommes parvenus et les prisons et les camps où vivent les djihadistes et leurs familles sont désormais sous contrôle ».

L'arrivée du covid-19 redoutée

« Nous nous sommes improvisés démineurs. Les familles qui avaient fui les combats et qui vivaient dans des camps de déplacés dans la région ne pouvaient pas regagner leurs maisons truffées de bombes. Sans parler des destructions. Il fallait tout reconstruire », se remémore le jeune Fawaz.

Deux cents maisons sont réhabilitées dans un premier temps. Un dispensaire et une école ouvrent également leurs portes grâce aux bénévoles. « Personne ici ne se voile la face : 60 % des habitations sont toujours détruites. Nous manquons de moyens. Nous avons subi une épidémie de leishmaniose », s’alarme Fawaz Al Marsoumi qui redoute plus que jamais l’arrivée du Covid-19.

« Nous sommes très préoccupés par le coronavirus ici dans l’est de la Syrie. Encore une fois nous n’avons pas les moyens de soigner les gens. Nous avons mis en place deux salles de confinement dans notre petit dispensaire. Et nous essayons de sensibiliser la population, en faisant de la prévention », conclut enfin le responsable d’Amel Baghouz. Son collectif doit également gérer les charniers tout autour du village. En un an, seules 20 % des dépouilles ont été identifiées.

►À écouter aussi : [Reportage] Voyage au bout du «califat​​​»

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