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Yémen, le conflit enlisé

Un camp de déplacés par les combats dans la province d'al-Jawf, au nord du Yémen, entre les forces gouvernementales et les Houthis, à Marib, au Yémen, le 8 mars 2020.
Un camp de déplacés par les combats dans la province d'al-Jawf, au nord du Yémen, entre les forces gouvernementales et les Houthis, à Marib, au Yémen, le 8 mars 2020. REUTERS/Ali Owidha

Le 26 mars 2015, une coalition militaire commandée par l’Arabie saoudite entrait en guerre contre la rébellion houthie du Yémen. Cinq ans plus tard, le royaume apparaît enlisé dans un conflit dévastateur pour la population yéménite.

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L’intervention militaire saoudienne au Yémen porte la marque du roi Salman et de son fils le prince Mohammed ben Salman également ministre de la Défense. Tous deux sont arrivés aux commandes du royaume début 2015. Quelques semaines plus tard, voilà leur pays embarqué dans une spectaculaire aventure militaire dont l’objectif est de vaincre le mouvement rebelle des Houthis du Yémen, issu de la communauté zaidite (une branche de l’islam chiite) du pays. Pour l’Arabie saoudite, l’objectif est alors de sauver le gouvernement yéménite reconnu par la communauté international. Au niveau régional, Riyad entend aussi infliger un revers à l’Iran, son grand rival régional, qui soutient politiquement les insurgés houthis.

Chiffres glaçants

Cinq ans plus tard, l’échec militaire est flagrant puisque les rebelles contrôlent toujours le nord du pays, y compris Sanaa, la capitale. Le bilan humain est catastrophique, largement documenté par l’ONU comme par les ONG humanitaire. L’une d’entre-elles, le Norwegian Refugee Council (NRC) énumère ainsi des chiffres glaçants : 24 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, 20 millions d’aide alimentaire, 19,7 millions d’une aide médicale, 6,7 millions d’un abri… Sur ce sombre tableau plane désormais la menace du coronavirus. Cinq années de guerre au Yémen ont par ailleurs eu un « impact dévastateur » sur la santé mentale des enfants, dont beaucoup sont au bord de la dépression, selon un rapport de l'ONG Save the Children. Plus de la moitié des quelque 1 250 enfants interrogés lors d'une vaste enquête à travers le pays, ont déclaré se sentir « tristes et déprimés », plus d'un sur dix évoquant « un sentiment permanent ».

Enlisement

En cinq ans, plusieurs tentatives de règlement du conflit ont échoué à dessiner une sortie de crise. L’annonce en 2019 d’un « canal » de négociation ouvert – entre la rébellion houthie du Yémen et l’Arabie Saoudite n’a donné lieu à aucune percée significative. – L’enlisement du conflit a conduit les Émirats arabes unis, proche partenaires de Riyad, à se retirer partiellement du Yémen l’année dernière. La situation embarrasse aussi les alliés occidentaux de l’Arabie saoudite qui sont également ses principaux fournisseurs d’armes. L’ONG française ASER (Action sécurité éthique républicaine) dénonce ainsi « une guerre alimentée en continue par les armes vendues en violation du traité sur le commerce des armes, principalement par l’Allemagne, la Belgique, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie et l’Espagne ». Selon le décompte des militants d’ASER, « entre 2015 et 2018, les gouvernements de l’Union européenne (UE) ont ainsi autorisé des transferts d’armes pour plus de 95 milliards d’euros à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis ».

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