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Coronavirus: au Liban, manifestation de la faim en plein confinement

Vue aérienne de Beyrouth durant le couvre-feu destiné à lutter contre l'épidémie de coronavirus, le 28 mars 2020.
Vue aérienne de Beyrouth durant le couvre-feu destiné à lutter contre l'épidémie de coronavirus, le 28 mars 2020. AFP

Des centaines de Libanais ont bravé les règles de confinement ce dimanche soir pour protester contre la détérioration de leurs conditions de vie. L’épidémie de coronavirus paralyse le pays et exacerbe la crise économique sans précédent qui touche le Liban depuis plusieurs mois. Dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la ville du Nord, à Tripoli, les mêmes cris de colère ont résonné dans les rues, malgré le couvre-feu en vigueur.

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avec notre correspondant à Beyrouth, Eliott Brachet

Depuis son balcon, un habitant de Tripoli a filmé une marche spontanée dans les rues du centre-ville. Il est 19 heures passées, toute la ville est confinée, sauf quelques dizaines de manifestants qui bravent le couvre-feu.

Pour eux, le coronavirus n’est pas la seule urgence. « Ne nous confinez pas, nourrissez-nous ! », scandent-ils. Un slogan qui rappelle la double crise qui frappe le Liban : l’épidémie de coronavirus aggrave le marasme économique. Et ce sont les franges les plus défavorisées du pays qui en souffrent le plus, nous explique Nazih Fino, directeur de l’ONG Seeds, très active dans une des villes les plus pauvres du Liban.

« La situation à Tripoli est très difficile, déplore Nazih Fino. Surtout pour les gens qui ont des petits boulots quotidiens : les chauffeurs de taxi, les vendeurs ambulants, ceux qui ont de faibles revenus. Ils n’ont pas de quoi manger ou boire. Ils sont perdus ! C’est pour ça qu’ils manifestent. Et puis la crise économique n’arrange rien. Le dollar s’échange très cher. Tous les prix ont doublé. Les gens sont fatigués de tout cela. La situation est critique. »

Chèque de 30 euros par famille

Au Liban comme ailleurs, le confinement asphyxie les plus démunis et les aides de l’État se font attendre longtemps. Des chèques de 30 euros par famille et des paniers alimentaires devraient être distribués dans certains secteurs de la ville, mais pas avant plusieurs semaines.

En octobre dernier, la situation économique déjà désastreuse avait poussé une grande partie des Libanais dans les rues, contre le gouvernement et contre la corruption. Cette fois, ils sortent car ils ont faim.

Ce lundi, alors que les salaires des employés viennent d’être versés en cette fin de mois, les Libanais étaient nombreux à se presser devant les distributeurs de billets et les supermarchés, malgré les règles de confinement.

À lire aussi : Coronavirus au Liban: le système de santé peut-il faire face?

 

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