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Israël / Territoires Palestiniens / Etats-Unis

Israël: un mur de béton isole un quartier palestinien à Jérusalem-Est

Un mur de plus de 3 mètres de haut a commencé à être érigé entre le quartier de Jabel Moukaber et le quartier juif d'Armon Hanatziv, à Jérusalem-Est.
Un mur de plus de 3 mètres de haut a commencé à être érigé entre le quartier de Jabel Moukaber et le quartier juif d'Armon Hanatziv, à Jérusalem-Est. REUTERS/Ammar Awad

C'est un nouvel exemple des tensions actuelles qui touche le Proche-Orient : Israël a commencé la construction d'un mur à Jérusalem-Est, pour protéger une zone de colonisation, Armon Hanatziv, face aux attaques menées depuis le quartier palestinien voisin, Jabel el-Moukaber.

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Un mur de plus de trois mètres de haut a commencé à être érigé entre le quartier de Jabel el-Moukaber et la colonie juive d'Armon Hanatziv, à Jérusalem-Est. Jabel el-Moukaber est le quartier dont sont originaires plusieurs auteurs d’attaques récentes. Les autorités israéliennes estiment que ce mur empêchera au moins les jets de pierres et de cocktails Molotov. Certains habitants de la colonie ne sont pas complètement convaincus, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon. « Cette mesure de sécurité sera-t-elle suffisante ? », s'interroge une vielle dame ce lundi.

Quant aux habitants palestiniens de Jabel el-Moukaber, ils estiment qu'après la fermeture du quartier, déjà matérialisée par des blocs de béton, la construction du mur est une punition collective. Selon eux, elle n’empêchera pas non plus les violences. « Ça nous renforcera dans notre lutte contre l’occupation israélienne », confie un habitant.

Jérusalem divisée en « ghettos »

Cette décision est également dénoncée par les responsables palestiniens, indique notre correspondant à Ramallah, Nicolas Ropert. C'est le cas de Hanan Ashrawi. Cette membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine dénonce une politique d'apartheid. « Les Palestiniens de Jérusalem sont traités comme les autres : avec des check-points, des murs, avec l'armée. Cela montre bien la politique israélienne à Jérusalem qui divise la ville en ghettos. Les gens sont empêchés de circuler librement, les habitants ne peuvent pas aller travailler, les enfants ne peuvent plus aller à l'école », critique-t-elle.

A l'image du président Mahmoud Abbas la semaine dernière, Hanan Ashrawi a dit soutenir un mouvement palestinien non-violent. Elle a surtout accusé Israël d'abattre des Palestiniens sans preuve lors des attaques aux couteaux. « Les Israéliens jugent et exécutent qui ils veulent. On doit faire cesser cette situation où n'importe quel colon israélien a le droit de vie ou de mort sur les Palestiniens, exige Hanan Ashrawi. Désormais, chaque soldat israélien a l'autorisation de tirer et de tuer. Si sa vie ou celle de quelqu'un est en danger. »

Seuls quelques mètres du mur ont été érigés pour l’instant. Selon les autorités israéliennes, il s'agit d'un mur amovible et temporaire. Mais un mur très symbolique, malgré tout, car il sépare physiquement un quartier de Jérusalem-Est du reste de la ville, et isole un peu plus les Palestiniens. Les Palestiniens réclament de nouveau la protection de leur population par l'ONU. Un appel qui n'a pour le moment pas reçu de réponse favorable au siège des Nations unies.

 


■ L'inquiétude de Washington

Washington s'inquiète de cette escalade de la violence au Proche-Orient. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a réclamé la fin des violences entre Israéliens et Palestiniens. « La sécurité et la diplomatie vont de paire. Nous voulons que les violences cessent. Et je pense que tout le monde en Israël et dans la région souhaite l’arrêt des violences et le retour au calme. Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue. Israël a le droit de protéger ses citoyens de ces violences qui les ciblent au hasard », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, lors d’une conférence de presse, à Madrid.

John Kerry s’est également exprimé sur les règles dites du « statu quo » qui régissent l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, appelée également mont du Temple par les Israéliens. Ce lieu saint musulman est sous la responsabilité de la Jordanie depuis 1967 et John Kerry souhaite que le statu quo soit maintenu. « Je me suis entretenu avec le Premier ministre israélien mais aussi avec le roi Abdallah de Jordanie et son ministre des Affaires étrangères. Tous m’ont fait part de leur volonté de mettre en place un processus qui nous permette de trouver une solution et je voulais être sûr que le statut du ont du Temple est clair pour tout le monde », a ajouté le secrétaire d'Etat américain, qui doit rencontrer dans les prochains jours le Premier ministre israélien et le président palestinien.

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