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États-Unis / Iran

Frappes iraniennes en Irak: Trump répond par de nouvelles sanctions

Donald Trump s'exprime depuis la Maison Blanche, le 8 janvier 2020.
Donald Trump s'exprime depuis la Maison Blanche, le 8 janvier 2020. REUTERS/Kevin Lamarque

Après les frappes iraniennes contre des bases abritant des soldats américains en Irak en riposte à l'assassinat du général Qassem Soleimani, le président Donald Trump s'est exprimé ce mercredi 8 janvier depuis la Maison Blanche.

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Après cinq jours de vives tensions entre Washington et Téhéran suite à l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, l'heure semble être à la désescalade militaire. Les frappes auxquelles l'Iran a procédé dans la nuit contre des bases abritant des soldats américains en Irak faisaient pourtant craindre le contraire. D'autant que les Gardiens de la Révolution assuraient que leurs missiles avaient tué « 80 terroristes américains ».

Mais dans un discours prononcé depuis la Maison Blanche, entouré de son vice-président Mike Pence, du chef du Pentagone Mark Esper et de plusieurs hauts gradés, Donald Trump a immédiatement tenu à rassurer : « Aucun Américain n'a été blessé, aucune victime n'est à déplorer et c'est une très bonne chose pour le monde entier ». « L'Iran semble reculer », a ajouté le président américain, précisant que les États-Unis étaient « prêts à la paix » avec ceux qui la voulaient.

Plutôt qu'une surenchère militaire, Donald Trump choisit de renforcer la pression économique sur la République islamique. « Le comportement de l'Iran a trop longtemps été toléré, ces jours sont finis », a-t-il averti, annonçant de nouvelles sanctions « immédiates » contre Téhéran « jusqu'à ce qu'il change d'attitude ». « Les États-Unis ne souhaitent pas utiliser leurs armes, leur puissance économique est leur meilleur moyen de dissuasion », a fait valoir le président américain.

Tout en continuant à évaluer nos options et notre réponse à l’agression de l’Iran, les États-Unis vont immédiatement imposer des sanctions économiques supplémentaires au régime iranien. Ces sanctions puissantes resteront en place tant que l’Iran ne changera pas de comportement.

Extrait de l'allocution de Donald Trump

Donald Trump a une nouvelle fois conspué l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a en quelque sorte rendu responsable des raids contre des bases abritant des soldats américains en Irak, durant lesquels douze missiles se sont abattus sur les bases d'Aïn al-Assad et d'Erbil. « Les Iraniens ont acheté leurs missiles avec les fonds que leur a offerts l’administration précédente », a-t-il affirmé. Le président américain faisait là allusion à l'argent jusqu'alors retenu aux États-Unis et débloqué par son prédécesseur Barack Obama dans la foulée de la conclusion de l'accord de Vienne, décrypte notre correspondante à Washington, Anne Corpet. Et le président d’appeler directement les Européens, la Russie et la Chine à se retirer de cet accord. « Nous devons œuvrer ensemble à un nouvel accord qui rende le monde plus sûr et plus pacifique », a-t-il insisté.

Depuis l'assassinat du général Qassem Soleimani, architecte de la puissance iranienne au Moyen-Orient, vendredi 3 janvier, les menaces se multipliaient de part et d'autre, faisant craindre au monde entier une déflagration. À la « vengeance implacable » promise par le guide suprême Ali Khamenei, Donald Trump avait répondu : les États-Unis ont identifié 52 sites en Iran qu'ils frapperont « très rapidement et très durement » en cas d'attaque.

Ce mercredi encore, dans la foulée des frappes, les Gardiens de la Révolution ont menacé dans un communiqué très martial les États-Unis et leurs alliés régionaux de nouvelles attaques. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a pour sa part opté pour l'apaisement. « L'Iran a pris des mesures proportionnées de légitime défense conformes à l'article 51 de la Charte des Nations unies en attaquant une base à partir de laquelle une lâche attaque armée contre nos citoyens et officiers de haut rang a été lancée, a-t-il écrit sur son compte Twitter. Nous ne recherchons pas l'escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression. »

La population irakienne craint désormais la vengeance des milices proches de Téhéran, rapporte notre correspondante à Bagdad, Lucile Wasserman. Ces dernières ont, elles aussi, promis des représailles après la mort de Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, tué en même temps que Qassem Soleimani.

« Après la réponse iranienne, il est maintenant temps d'assister à la réponse irakienne », a ainsi déclaré Qais al-Khazali, à la tête d'un de ces groupes armés. « Cette riposte irakienne ne sera pas inférieure à celle engagée par les Gardiens de la Révolution d'Iran », a-t-il promis. Les Irakiens redoutent ainsi un nouvel engrenage entre ces groupes armés et les États-Unis, alors que ces miliciens sont déjà accusés par Washington d'être à l'origine des nombreuses roquettes qui ont visé leurs intérêts en Irak au cours des derniers mois.

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