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Le monde en questions

75e anniversaire de la libération d’Auschwitz: quels enjeux pour les cérémonies?

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Six millions de juifs ont été exterminés durant la Seconde Guerre mondiale.
Six millions de juifs ont été exterminés durant la Seconde Guerre mondiale. RFI/Jan van der Made

Retour sur les cérémonies qui commémorent le 75e anniversaire de la libération du camp de concentration nazi d’Auschwitz, jeudi à Jérusalem, et ce lundi à Auschwitz. Quels sont les enjeux de ces cérémonies ?

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Le premier enjeu est bien sûr celui du souvenir. Ne jamais oublier l’extermination planifiée méthodiquement de 6 millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. De ce point de vue d’ailleurs, ces cérémonies interrogent de manière ontologique ce que l’espèce humaine a pu faire en son sein : penser et mettre en œuvre une barbarie inouïe, qui s’est de surcroît déroulée dans l’un des pays les plus civilisés de l’époque, l’Allemagne. C’est là, dans la patrie de Goethe, qu’une partie de l’humanité a voulu supprimer froidement une autre partie de l’humanité.

► À lire aussi : Auschwitz, camp symbole de l’abomination nazie

Les cérémonies qui vont se poursuivre jusqu’à lundi rappellent d’abord, contre l’oubli, l’indifférence et les relativismes, voire les négationnismes, cette atroce réalité. Le deuxième enjeu est un enjeu de transmission. Il s’agit de créer un lien pérenne entre les horreurs du passé et les difficultés du présent, en insistant sur le fait que la Shoah ne doit jamais devenir simplement un objet d’histoire, mais incarner le pire de ce que peut faire l’homme. Un lien qu’il faut imaginer autrement aujourd’hui, puisque les derniers témoins de la Shoah sont en train de disparaître. Alors, comment reprendre le flambeau ? Par le souvenir bien sûr, et de ce point de vue, les cérémonies ont un rôle important. Mais pas suffisant. C’est par l’éducation que doit se transmettre cette expérience destructrice et les moyens d’empêcher qu’une telle atrocité advienne à nouveau.

Résurgence de l’antisémitisme

Le troisième enjeu est un enjeu contemporain, celui de la résurgence de l’antisémitisme depuis quelques années, notamment en Europe et en particulier en France, qui abrite la plus grande communauté juive du Vieux Continent. Car comme l’a dit Emmanuel Macron : l’antisémitisme n’est pas seulement le problème des juifs, c’est d’abord le problème des autres. Façon de dire que c’est quand les autres commencent à aller mal que ressurgit le poison de l’antisémitisme, qui est donc en ce sens comme un lanceur d’alerte adressé à des démocraties en panne de souffle et en crise d’identité. Avant que d’autres racismes ne se déchaînent.

Comme l’a exprimé avec émotion le président allemand Steinmeier, la réconciliation affichée entre les ennemis d’hier est belle, mais ne saurait faire oublier que « l’esprit du Mal émerge à nouveau », mais déguisé selon lui derrière une prétendue critique de la politique d’Israël. Ou encore, selon les termes du président Macron : « l’antisionisme, lorsqu’il est la négation de l’existence d’Israël comme État, est un antisémitisme » Ce qui n’interdit pas bien sûr la critique de la politique de tel ou tel gouvernement israélien. Mais doit marquer que plus jamais ce qui s’est produit en Europe dans les années 1940 ne revienne.

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