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Reportage international

Italie: des élections décisives en Émilie-Romagne

Audio 02:43
Rassemblement des partisans de la Ligue à Maranello, en Émilie-Romagne, le 18 janvier 2020.
Rassemblement des partisans de la Ligue à Maranello, en Émilie-Romagne, le 18 janvier 2020. REUTERS/Guglielmo Mangiapane

Dimanche auront lieu les élections régionales en Émilie-Romagne, une région historiquement à gauche, gérée par le Parti communiste puis par le Parti démocrate. Elle pourrait passer à droite, dans le camp de la Ligue, la formation d'extrême droite de Matteo Salvini. Celui-ci en a fait une affaire nationale. Les deux camps sont au coude à coude.

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À Reggio Emilia, Stefano Bonaccini tient l’un de ses derniers meetings de campagne. Le président sortant de centre gauche de la région vante son bilan local et tape sur le camp d’en face, la Ligue de Matteo Salvini. « C’est incroyable qu’ils arrivent à parler de tout sauf de la région, ils parlent du gouvernement, de l’Europe… Notre pays court un risque, celui de se diviser en camps de supporter. Nous voulons une politique qui ne soit pas faite de haine de rancœur ou de rage, mais de propositions avec civilité », déclare Stefano Bonaccini.

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Depuis le début de la campagne, dans cette région du centre-nord, l’une des plus riches de la péninsule, le combat semble inégal entre l’administration sortante et la candidate Lucia Borgonzoni, soutenue par l’ancien ministre de l’Intérieur. Une candidate qui a presque disparu derrière le charisme de Matteo Salvini. « Il y a une vraie polarisation. D’un côté, vous avez la Ligue qui veut en faire un scrutin sur les positions politiques du Parti démocrate indépendamment de la gestion et de l’administration régionale, et de l’autre un parti qui vante son bilan. Tout va se jouer dans ce face-à-face, tout est très ouvert et nul ne sait quel sera le résultat », analyse Stefano Cortese, journaliste indépendant.

La Ligue mise gros sur l'Émilie-Romagne

Depuis plusieurs mois le chef de la Ligue a mis tout son poids pour faire basculer la région. Au siège du Conseil régional à Bologne, dans les bureaux de la Ligue, où siègent huit conseillers, le moral est au beau fixe, car c’est bien l’offensive de l’ancien ministre de l’Intérieur qui fera la différence pour Stefano Vernole. « Matteo Salvini s’est beaucoup engagé dans cette campagne électorale, ce vote, qu’on le veuille ou non, a une dimension nationale, même le secrétaire général du Parti démocrate Nicola Zingaretti a reconnu que l’unique moyen de repousser Salvini est de gagner en Émilie-Romagne. On ne peut pas accuser la Ligue d’avoir voulu tout centrer sur Salvini ! »

Si l’Émilie-Romagne, bastion de la gauche passe dimanche dans le camp de la Ligue, Matteo Salvini pourrait exiger des élections anticipées. Si la lutte promet d’être serrée, déjà les lignes ont bougé. Pour le journaliste Stefano Cortese, « la Ligue s’est lancée dans une bataille culturelle pour que la gauche soit ringardisée. C’est là que tout se joue : on ne peut pas l’exclure, mais cela sera historique dans une région qui pourtant est l’une des plus inclusives. La droite veut renverser la table et y est déjà en partie parvenue après l’élection du maire de Ferrare, un proche de Salvini. Ils vont prendre des voix dans beaucoup d’endroits de la région ».

L’une des clés du scrutin sera aussi l’abstention. Il y a 6 ans seulement 38% des électeurs s’étaient déplacés. Une faible participation pourrait bien favoriser la coalition de droite.

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