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Revue de presse française

À la Une: le coronavirus est arrivé en France

Audio 06:30
Agnes Buzyn, ministre française de la Solidarité et de la Santé, arrive pour une réunion à l'Elysée, à Paris, le 11 janvier 2019.
Agnes Buzyn, ministre française de la Solidarité et de la Santé, arrive pour une réunion à l'Elysée, à Paris, le 11 janvier 2019. REUTERS / Benoit Tessier

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Depuis que la presse existe, c’est un de ces mots qui promettent de conséquents tirages, et ce matin, à la Une du journal Le Parisien, il trône au beau milieu d’une question invitant sa réponse, et qui est : « Faut-il avoir peur du coronavirus ? ».

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a en effet annoncé samedi soir que trois cas ont été détectés en France, et les quotidiens Le Parisien et Le Figaro se sont empressés de hisser cette annonce à leur Une.

« Le virus est arrivé en France, lance donc Le Figaro. Il s’agit des premiers cas signalés en Europe ». Etant par ce journal rappelé qu’Agnès Buzyn s’était auparavant montrée « rassurante » au sujet du virus, alors qu’elle s’est voulue « presque résignée » hier soir en admettant qu’il était « impossible de contrôler les multiples voies pour revenir de l’Empire du Milieu », Le Figaro souligne que la ministre de la Santé est apparue « moins sûre d’elle que deux jours auparavant ».

Pendant ce temps, les hôpitaux français ont été mis en état d’alerte,

Dans une sorte de branle-bas de combat qui ne dit pas son nom, les personnels de santé ont reçu des « consignes de vigilance », pointe Le Figaro. Journal dans lequel un spécialiste en infectiologie prévient : « C’est du sérieux, on a une vraie épidémie », tout en estimant « très faible » le risque de propagation en Europe et en France. Alors ?

Alors, sans attendre, certains éditorialistes ne résistent pas à la tentation de la polémique. Témoin celui du journal Le Midi Libre, qui tire à boulets rouges sur Agnès Buzyn. « Jeudi, la ministre de la Santé expliquait à la presse que la maladie avait « peu de chance » d'arriver en France et qu'il n'y avait « aucun cas douteux d'infection » sur le territoire national. Et patatras, hier, avec l'annonce des (…) premiers malades avérés à Bordeaux et Paris. C'est ce qu'on appelle se prendre les pieds dans le tapis », formule ce quotidien du sud de la France

Selon Le Midi Libre, « Agnès Buzyn aurait dû se souvenir du fameux nuage de Tchernobyl qui, en 1986, devait s'arrêter à la frontière. Cela lui aurait évité de sous-estimer la propagation du nouveau virus chinois. Et de se faire enrhumer », . Bienvenue dans le monde de la presse française...

À la Une également, Emmanuel Macron qui estime qu'il y a aujourd'hui un « séparatisme » en France et qui rapproche la mémoire de la Shoah et celle de la Guerre d’Algérie

C’est dans l’avion qui le ramenait d'Israël que le président s’est confié à plusieurs médias français, dont Le Figaro. Lequel journal consacre sa manchette aux « confidences d’Emmanuel Macron ». Allez savoir pourquoi, Le Figaro précise que, ces confidences ont été faites verre de whisky à portée de main, et verre d’eau, il est vrai, pour compléter la boisson présidentielle. Et le moins que l’on puisse dire est que de nombreux sujets très sensibles en France ont, par le chef de l’État, été abordés.

Alors, commençons donc par les déclarations présidentielles sur le communautarisme, la laïcité et l'immigration

Je cite Emmanuel Macron. « On ne peut pas parler séparément de la crise que vit l'islam dans le monde entier, du sujet du communautarisme dans nos pays, de la crise de la civilité républicaine, du sujet de l'échec de la République dans certains quartiers, et de ses problèmes mémoriels. Il faut essayer de dire sans diviser. Il faut accepter, en disant, de parfois bousculer. Mais il faut accepter qu'il y a, dans notre République aujourd'hui, ce que j'appellerais un séparatisme ».

Selon le président, ce sont des sujets qui « se touchent », et il a la volonté de les traiter. « Le terme de « communautarisme » renvoie à beaucoup de choses », ajoute-t-il, assurant que « dans la République française, il n'y a qu'une communauté qui est la communauté nationale », pointe encore Le Figaro.

Et puis Emmanuel Macron, une fois encore, a abordé un sujet qui lui tient manifestement à cœur, la guerre d’Algérie

Selon le verbatim dressé par Le Figaro des propos du chef de l’État, le « phénomène mondial d'un islam radical qui se tend, et d'une transformation de l'islam » s'est, « greffé sur des fractures mémorielles » et des « échecs que nous-mêmes, on a eus sur le plan économique et social ». Et Emmanuel Macron s’est dit « très lucide sur les défis (qu’il a) devant (lui) d’un point de vue mémoriel et qui sont politiques. La guerre d’Algérie sans doute, est le plus dramatique d’entre eux ».

Comment en parler ? « Je n'ai pas la réponse » pour y parvenir, a dit Emmanuel Macron, admettant « tourner autour ». Pour autant, il se dit persuadé, s'il y parvient, que ce sujet aura « à peu près le même statut que ce qu'avait la Shoah pour Chirac en 1995 ».

De quoi enflammer Le Figaro. Tout en saluant la « franchise totale » du président de la République, ce journal dénonce le contenu de cette conversation qui « désarçonne ». Et dresse la liste de ses critiques.

Au sujet de l’antisémitisme, Le Figaro reproche ainsi à Emmanuel Macron d’en oublier ce qui est la « source mortifère », à savoir, selon ce journal, « l’islamisme conquérant ».

Quant à la guerre d’Algérie, Le Figaro pose la question qui fâche. « En rapprochant dangereusement le traitement mémoriel de la guerre d'Algérie et de la Shoah, en assumant sa formule « crime contre l'humanité » à propos de la colonisation, (Emmanuel Macron) ne fait-il pas, malgré lui, le jeu de ces militants qui veulent établir une symétrie entre l'extermination des Juifs et la présence française en Algérie ? ».

Pour ce confrère, pas de doute, « ces propos ne peuvent que renforcer la concurrence victimaire (qui déjà mine notre pays) et réjouir ceux qui veulent faire tomber, sur l'Histoire et sur la mémoire, la nuit de l'équivalence ». Vous l’ai-je dit ? Bienvenue dans la presse française...

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