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Revue de presse française

À la Une : Brexit, l’amertume de la presse française

Audio 04:52
Notre envoyée spéciale Patricia Blettery s'est plongée dans la foule des Brexiters pour vivre le «final countdown», le compte-à-rebours du Brexit.
Notre envoyée spéciale Patricia Blettery s'est plongée dans la foule des Brexiters pour vivre le «final countdown», le compte-à-rebours du Brexit. Patricia Blettery/RFI

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Amertume au lendemain de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, en effet, sensible dans l’essentiel des commentaires, même si, dans telle ou telle rédaction, quelques irréductibles éditorialistes gaulois résistent à l’envahissante rancœur au lendemain du Brexit. Florilège.

La Presse de la Manche ? « Plus l'économie britannique, au ralenti depuis trois ans, va se détériorer, plus Boris Johnson prendra l'Europe pour bouc émissaire en mobilisant son peuple contre les Européens. » En découvrant de telles prévisions naufrageuses rédigées à l’indicatif, les lecteurs de ce quotidien publié, côté français, juste en face des côtes de l’Angleterre devront donc abandonner toute illusion, Britanniques comme Européens – car il faut désormais les distinguer – vont entrer dans une « période de turbulences », prédit La Presse de la Manche.

Plus au sud, mais toujours sur les côtes atlantiques françaises, le journal La Charente Libre n’écrit guère autre chose. Tout juste introduit-il une dose de prudence dans son exercice de divination, en soulignant que le « réveil national » du Royaume-Uni porte en lui les « germes de sa perte » et que, séparé du continent, le Royaume-Uni « se replie sur ses propres fractures, les riches et les pauvres, le Sud et le Nord, l'Irlande et l'Écosse qui s'émancipent, les jeunes qui ne comprennent plus les vieux, le rejet des étrangers ».

Amères prédictions encore au tout midi de la France, avec le quotidien L'Éclair des Pyrénées, persuadé que les Britanniques « vont vite découvrir, ou plutôt être obligés de reconnaître la réalité. […] L'Angleterre a beaucoup plus besoin de l'Europe que l'Europe n'a besoin de l'Angleterre ». Et L’Eclair des Pyrénées convoque ce matin la figure du général de Gaulle qui, « dans sa tombe (…) doit sourire : « Je vous l'avais bien dit... » « Lui voulait bien de l'Angleterre, mais "toute nue" », résume, à sa manière, L’Eclair des Pyrénées.

Voilà donc pour la rancœur de la presse française. Mais, certains quotidiens font, ce matin, contre mauvaise fortune bon cœur.

C’est le cas par exemple du journal Sud-Ouest, qui se demande : « Quelle Grande-Bretagne se présentera devant Bruxelles pour défaire un à un les liens qui nous unissaient ? Un Royaume vraiment uni qui désirera conserver les relations les plus pacifiées avec ses anciens partenaires ? Ou un opposant retors, arrivant les poches remplies d'armes, menaçant d'installer à nos portes un Singapour-sur-Tamise ? ».

C’est aussi le cas du quotidien La Voix du Nord qui souligne que, « le Royaume-Uni désormais dehors, l'UE se voit offrir une opportunité en or pour se refonder, se rendre plus lisible et populaire. Elle peut relancer le projet politique abandonné en chemin sous la pression britannique ». Et ce quotidien du septentrion français de s’en remettre, non pas à De Gaulle, mais à Churchill, qui disait : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté. » De Gaulle, Churchill… La presse française, ce matin, s’en remet à ses classiques.

À la Une également, le retrait de la très controversée circulaire Castaner en France.

Le ministre de l’Intérieur voulait que soient supprimées les nuances politiques dans les résultats électoraux des communes de moins de 9 000 habitants. Sur recours de quatre partis politiques, de droite comme de gauche, le Conseil d’État a suspendu les dispositions les plus controversées de la circulaire.

Et à sa Une, en effet, le quotidien Le Figaro, en référence à l’album de Tintin Coke en stock, énumère les « couacs en stock » d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. La semaine dernière, en effet, le même Conseil d’État avait « sévèrement » critiqué la réforme des retraites, rappelle-t-il. C’est à présent au tour de la circulaire Castaner. « Deux camouflets, donc, pour deux textes où l’amateurisme le dispute à l’impréparation », blâme Le Figaro, qui ne manque pas d’évoquer le « refus d’obéir » de Cédric Villani à Emmanuel Macron, qui « croit bon de poser, au salon de la BD, avec un T-shirt dénonçant les violences policières ». Patelin, Le Figaro conseille ce matin au pouvoir exécutif français de « vite reprendre le sens de la marche ».

À la Une enfin, le coronavirus chinois :

« Les étrangers quittent la Chine en masse », s’alarme Le Figaro. Tandis que Libération brandit deux risques : « Couper la Chine du reste du monde alors que le pays est l’un des principaux moteurs de l’économie mondiale (et) pousser certains à voyager illégalement, au mépris des contrôles sanitaires. » Pour autant, Libé imagine « les ravages que pourrait provoquer la dissémination du virus dans certains États d’Asie ou d’Afrique qui développent de très nombreux échanges avec la Chine ».

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