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Chronique des matières premières

Huile de palme et colza tireront les prix des oléagineux malgré le coronavirus

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Le coronavirus a fait baisser les prix des huiles.
Le coronavirus a fait baisser les prix des huiles. Getty Images/Joseph Clark/Iconica

Le coronavirus a fait chuter le prix des huiles et de beaucoup de matières premières, la semaine dernière. Pourtant les spécialistes jugent qu'en 2020 le prix des oléagineux continuera de grimper.

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Le plongeon de la semaine dernière sur le marché des huiles n'est qu'un « mouvement de panique » lié au coronavirus, estime le président d'Oil World, une entreprise qui observe depuis plus de cinquante ans le marché des oléagineux et qui s'exprimait vendredi à l'occasion du Paris Grain Day.

Les cours de l'huile de palme ont effectivement perdu 10 % en une seule journée, leur plus forte baisse quotidienne depuis la crise de 2008. Mais dès le lendemain le rebond était très fort, + 9 %. Le mouvement de hausse entamé en septembre 2019 devrait, juge Oil World, se poursuivre.

Tension sur le colza et l'huile de palme

En effet la production d'huile de palme décline (78 millions de tonnes en 2019/2020), après avoir il est vrai progressé de 33 millions de tonnes en dix ans. Mais les prix durablement faibles ont fini par décourager l'usage des engrais, les rendements chutent et l'augmentation des surfaces ralentit en Indonésie et en Malaisie. Le ratio stocks sur consommation est au plus bas de la décennie. Or l'Indonésie continue d'augmenter les taux d'incorporation de biodiesel à base d'huile de palme dans les moteurs.

La tension est aussi très forte sur le marché du colza. La production est au plus bas depuis huit ans (61 millions de tonnes) de l'Australie au Canada et à l'Europe, où l'interdiction des néonicotinoïdes a fait chuter les rendements. Pourtant les importations sont record. La Chine pourrait même acheter du colza ukrainien. Les prix, ponctuellement repassés sous les 400 euros la tonne vont remonter, estime Oil World.

Soja surabondant, à part l'huile en Chine

Seuls les prix du soja sont sous pression. D'amples productions sont attendues aux États-Unis et au Brésil, et le scepticisme règne sur les commandes futures de la Chine aux États-Unis dans le cadre de leur accord. Les prix du soja d'habitude beaucoup plus élevés que ceux des autres oléagineux ne le sont plus.
L'huile de soja pourrait cependant s'en sortir mieux que les graines.

La Chine, frappée par la peste porcine, triture moins de graines pour faire des tourteaux. Elle fabrique donc aussi moins d'huile de soja et pourrait avoir de gros besoins d'importation. Le coronavirus, même s'il paralyse ponctuellement les circuits commerciaux et de distribution, pourrait même encourager Pékin à stocker encore plus de produits alimentaires de base, pour éviter les pénuries.

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