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Revue de presse Afrique

À la Une : otages du coronavirus…

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La ville de Wuhan et sa région, épicentre de l'épidémie, sont coupées du monde depuis le 23 février 2020.
La ville de Wuhan et sa région, épicentre de l'épidémie, sont coupées du monde depuis le 23 février 2020. Hector RETAMAL / AFP

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Ils sont plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d’africains à être bloqués en Chine, dans la région de Wuhan, épicentre de l’épidémie de coronavirus. Essentiellement des étudiants.

« Le désespoir des orphelins de la République », s’exclame Enquête à Dakar. « La sentence était tant attendue. Elle est finalement tombée, avant-hier. Selon le président de la République, Macky Sall, le Sénégal n’a pas les moyens de faire rapatrier ses enfants établis à Wuhan. Pour nombre de Sénégalais, en particulier les familles desdits étudiants, cette peine s’avère lourde, difficile à supporter. M. Coulibaly, père d’un des étudiants, exprime son courroux. 'C’est vraiment regrettable, affirme-t-il. Le président de la République doit savoir qu’il est là grâce au peuple. C’est nous qui le payons. Si son fils s’était trouvé dans la même situation, il aurait fait des efforts pour le rapatrier. Même la Mauritanie est parvenue à faire rapatrier ses enfants qui se trouvaient à Wuhan. C’est honteux… (…) Ils ne sont que 13, s’exclame-t-il encore. Nous avons du mal à croire que le Sénégal est dans l’incapacité de les prendre en charge'. »

Et Enquête de constater qu’ « à la date d’hier, au moins trois Etats africains, à savoir le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont pu rapatrier leurs nationaux directement chez eux. Pour sa part, la Mauritanie a su faire jouer une diplomatie active pour profiter du rapatriement des Algériens. Le Sénégal, pendant ce temps, conclut le journal, exprime son impuissance. »

Surprise et scandale…

Pour l’association des étudiants sénégalais en République populaire de Chine, c’est l’incompréhension, rapporte Jeune Afrique : « Nous sommes surpris par la décision de l’État sénégalais. Il est de sa responsabilité de veiller à la sécurité de ses citoyens, sur le territoire comme à l’extérieur. »

« Sur les réseaux sociaux, cette annonce suscite aussi l’incompréhension, pointe encore JA. 'Dire que c’est impossible de rapatrier les Sénégalais qui sont en Chine alors que le Maroc et l’Algérie le font, c’est un scandale !', s’insurge un internaute, quand d’autres jugent 'honteux' le fait que 'le Sénégal ait les moyens de s’offrir un train express régional mais pas de rapatrier ses fils'. »

Pas de rapatriement mais une aide financière

Pour ce qui est de la Guinée à présent, 22 étudiants sont coincés à Wuhan… Et ils traversent une mauvaise période, soupire Ledjely. Confinés depuis que la Chine est victime du coronavirus, ils sont aujourd’hui menacés de manque de nourriture. À Conakry, leur rapatriement n’est pas envisagé pour l’instant. Toutefois, « il semble que des dispositions sont sur le point d’être prises pour leur venir en aide… financièrement. » Pas question donc également de rapatriement pour ces étudiants guinéens. « 'Nos conditions de vie sont très difficiles', rapporte Nankouman Keita, étudiant à l’université de Wuhan. Il indique qu’ils sont confinés dans leurs dortoirs : 'il est très difficile de trouver de la nourriture. Les stocks que nous avions sont presque finis. (…) Nous attendons une aide financière de l’État guinéen pour que nous puissions nous acheter des provisions. Car, on ne sait pas à quelle date l’épidémie prendra fin'. »

Rassurant ?

Hier à Ouagadougou au Burkina Faso, l’ambassadeur chinois Li Jian a tenu une conférence de presse, rapporte L’Observateur Paalga. 22 étudiants burkinabè se trouvent à Wuhan, où ils sont également confinés. Le représentant de Pékin « a démenti une rumeur laissant croire que ces ressortissants burkinabè avaient du mal à se ravitailler. » Le diplomate chinois s’est voulu par ailleurs rassurant : « Li Jian s’est dit convaincu, rapporte L’Observateur Paalga, que son pays avait la capacité et les ressources nécessaires pour venir à bout de l’épidémie. »

Pourquoi pas un plan d’urgence commun ?

Enfin, s’interroge La Nouvelle Tribune au Bénin, « qu’est-ce qui empêche les pays africains de se réunir et d’établir dans ces circonstances un plan d’urgence avec leurs partenaires chinois pour des solutions pratiques, adéquates et immédiates ? » Apparemment, poursuit le journal en ligne béninois, « plusieurs facteurs constituent un frein au rapatriement : d’abord, le manque de moyens médicaux et de structures d’accueil pour accueillir les ressortissants africains dans leur pays respectifs. En effet, sur place, ils devraient être mis à l’isolement pendant deux semaines, avec un risque inhérent de propagation sur le continent africain… »

Toutefois s’interroge encore La Nouvelle Tribune, « faut-il laisser ses ressortissants dans l’épicentre d’une épidémie mondiale, au vu des tensions sur place, n’est-ce pas plus dangereux ? »

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