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Aujourd'hui l'économie

Le coronavirus souligne les carences du système de santé chinois

Audio 04:03
Des ouvriers travaillent à la production de kits de détection pour le coronavirus, à Taizhou, le 29 janvier 2020.
Des ouvriers travaillent à la production de kits de détection pour le coronavirus, à Taizhou, le 29 janvier 2020. REUTERS

Le système de santé chinois à l’épreuve du coronavirus : malgré les réformes entreprises après l’épidémie de Sras, la couverture maladie chinoise est insuffisante pour faire face aux défis d’une épidémie.

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Ces images de Chinois craignant d’être contaminés réduits à faire la queue devant un hôpital pour simplement passer un test ont donné l'alerte sur l'état de congestion des hôpitaux chinois. L'État a annoncé qu'il prenait en charge les frais occasionnés par le coronavirus, car en Chine une bonne partie des dépenses de santé relèvent du privé. Encore faut-il avoir subi un test pour apporter la preuve. Qu’ils soient positifs ou non l’autre défi pour tous les patients, est d’obtenir un lit, ce qui manque apparemment encore plus que les kits de dépistage dans la région du Hebei. La Chine impressionne quand elle construit deux hôpitaux en 15 jours à Wuhan, mais cela souligne en creux l'incapacité de son système de santé à faire face à un tel afflux de patients. Rien de vraiment surprenant pour le public chinois: les hôpitaux, les principaux pôles d'accès aux soins, sont déjà saturés en temps ordinaire, le coronavirus n'a fait qu'exacerber les tensions entre l’offre de santé et la demande.

Pékin a pourtant engagé des réformes du système de santé après l’épisode de Sras de 2003

La carte des centres de santé a été remaniée avec des centres dédiés au contrôle des maladies. Mais avec le temps, l’intérêt des politiques est retombé et l’argent s’est évaporé. Il n’y a toujours pas de programmes de prévention systématique des maladies infectieuses. Si l’OMS salue les efforts des autorités chinoises pour lutter contre le coronavirus, c’est un compliment à mettre en rapport avec la réalité de la couverture santé chinoise. Elle demeure bien en dessous des standards des pays occidentaux. Se faire soigner en Chine relève du parcours du combattant. « Le médecin est rare le médecin est cher » dit le dicton populaire chinois « kanbing nan, kanbing gui ».

Un médecin chinois voit en moyenne une centaine de patients par jour.

Voire le double dans certains hôpitaux. Il y a en Chine un médecin pour 5 000 à 6 000 patients, la moyenne des pays riches étant plutôt comprise entre 1 500 et 2 000 malades par médecin. Les hôpitaux qui sont au cœur du dispositif de soins proposent 4 lits pour 1 000 habitants, en Corée du Sud c’est trois fois plus.  Enfin quand un Américain paie de sa poche 10% de ses frais de santé le Chinois lui doit couvrir plus de 30% des frais. Au pays du capitalisme socialiste, l'État ne prend en charge que le tiers de la dépense, l'assurance un autre tiers. Quand Deng Xiaoping ouvre l'économie de son pays, il abandonne au marché la gestion de ce risque. Sans nuire pour autant aux performances sanitaires. Avec l'élévation du niveau de vie, la santé des Chinois s’améliore et le changement est donc globalement bien accepté. 95% des Chinois ont une assurance maladie

Derrière ce chiffre rassurant se profile une réalité très disparate :

Selon la situation géographique, le statut social, la carte de résident, l’accès aux soins est très inégal. Les ruraux et les plus pauvres sont les moins bien lotis, éloignés physiquement et financièrement de l'accès aux soins. Étant donné la rareté des médecins, un marché noir des rendez-vous a fleuri et les pots-de-vin sont monnaie courante pour donner un coup d’accélérateur au parcours de santé. Près de la moitié des foyers tombés dans la grande pauvreté, (44% selon des chiffres officiels), ont trébuché à cause des emprunts contractés pour faire face à la maladie. La santé a été en partie sacrifiée dans le développement à marche forcée de l'empire du Milieu. La deuxième puissance mondiale ne consacre que 5% de son PIB aux dépenses de santé, c’est en moyenne 10% dans l’Union européenne.

EN BREF

L'ambassadeur chinois met la France en garde contre la discrimination anti Huawei. Ce sont des reportages de la presse française qui ont ému l'ambassadeur indique-t-il dans le communiqué publié hier. Il se dit choqué et inquiet des restrictions qui pourraient affecter son champion de la 5G. L'opérateur Orange a déjà fait savoir qu'il poursuivrait le déploiement avec les Européens Nokia et Ericsson, tout comme son concurrent Free.

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