Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

À la Une: le dialogue avec les jihadistes au Mali est-il possible ?

Audio 03:56
Le président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK).
Le président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK). Issouf Sanogo/AFP

Publicité

Le président IBK a répondu oui sur les antennes de RFI. Oui, et « pourquoi pas ? », s’exclame Le Républicain à Bamako, dans la lignée du chef de l’État. « IBK a compris, écrit le journal, que la meilleure posture était celle de la volonté de son peuple sur la question du dialogue avec les djihadistes, malgré une opinion internationale défavorable. (…) Pourquoi pas (ce dialogue) ?, s’exclame encore Le Républicain, puisque l’Algérie respire aujourd’hui la concorde nationale, (…) Pourquoi pas, si des négociations ont pu avoir lieu avec des extrémistes en Afghanistan ? Il est temps que certaines voies soient explorées. Les interlocuteurs visés, à savoir Iyad Ag Ghali du GSIM , Amadou Koufa, chef de la Katiba Macina, et possiblement Abou Walid al-Sahraoui de l’Etat islamique dans le grand Sahara, seront-ils sur la même longueur d’onde que le Haut représentant (Dioncounda Traoré) du Président de la République ? Le but de cette ultime entreprise, affirme le quotidien bamakois, est de dénicher dans leur entourage tel être sensible à un discours de raison, au moment où les chances de prospérer dans la voie du terrorisme sont assez réduites, avec le retour de l’armée malienne à Kidal, vendredi prochain, le renforcement des forces françaises de Barkhane avec un nouveau contingent de 600 militaires et la nomination par les États-Unis d’un envoyé spécial pour le Sahel. »

« Étudier toutes les pistes »

En tout cas, « à Bamako, cette annonce du chef de l’État a été globalement bien accueillie, pointe Jeune Afrique. 'Le président a fait parler sa raison et non son cœur. Il veut la paix. Et pour cela, il faut étudier toutes les pistes. Nous devons parler avec tous les fils du pays', estime ainsi l’imam Mahmoud Dicko. D’autres leaders politiques s’interrogent quant à eux sur la teneur de ce dialogue et sur sa mise en œuvre. Ainsi pour Cheick Omar Diallo, de l’Alliance démocratique pour la Paix, 'les chefs djihadistes sont incontournables pour rétablir la paix. Mais je m’interroge, poursuit-il, sur la forme que prendra ce dialogue et ses principes de bases. Vont-ils accepter de reconnaître les principes de laïcité et de démocratie du Mali ? Ces deux questions ne doivent pas être négociables'. »

Inconnues…

Négocier avec les jihadistes ? « On attend de voir », s’exclame Le Pays à Ouagadougou. Car, « rien ne dit (en effet) que ces négociations ne vont pas achopper sur des revendications maximalistes des chefs djihadistes, estime le quotidien burkinabé, revendications qui seraient inacceptables pour les autorités de Bamako, pour peu qu’elles veuillent préserver la forme républicaine et laïque de l’Etat. Si on ajoute à tous ces impondérables le fait que Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa n’ont pas de prise sur tous les groupes armés qui opèrent au Centre et au Nord du Mali, on ne peut qu’attendre de voir, en espérant que tous se rallieront à la cause de la paix et que cette éventuelle divine surprise aura des répercussions positives au Niger et au Burkina Faso. »

L’Observateur Paalga, pour sa part, est plutôt circonspect : « si dans le principe, on ne peut pas blâmer le président malien de chercher tous les voies et moyens de soulager la peine de ses compatriotes, force est de reconnaître qu’il s’est engagé dans une périlleuse aventure, pleine d’interrogations, à l’issue incertaine (…). »

La France circonspecte…

Et la France, dans tout cela, qu’en pense-t-elle ? Réponse du Monde Afrique : « confrontée à un probable désengagement militaire américain, toujours à la peine dans la mobilisation des Européens mais consciente que 'la stratégie des scalps' n’est pas suffisante, la France regarde aujourd’hui d’un œil circonspect cette ouverture en direction de celui qu’elle a longtemps considéré comme l’ennemi public numéro un dans la région. 'S’agit-il de réintégrer ou d’isoler Iyad Ag Ghali ?, s’interroge une source officielle française, interrogée par Le Monde Afrique. Pour nous, la ligne rouge est toujours la même. On ne voit pas l’intérêt de négocier avec un homme dont l’agenda est celui d’Al-Qaida. Et, dans l’hypothèse où il viendrait à renouer avec son passé de rebelle romantique, mieux vaut négocier en position de force. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui'. »

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.