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Revue de presse française

À la Une: Macron l’écolo

Audio 06:24
Le president français Emmanuel Macron.
Le president français Emmanuel Macron. Yoan Valat/Pool via REUTERS

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Ou du moins, « Macron à la conquête du vote écologiste » : c’est le grand titre du Figaro. En effet, précise le journal, « alors que les sondeurs anticipent une poussée des listes EELV aux élections municipales, le chef de l’État veut faire la preuve de son implication dans les questions environnementales. Après avoir dirigé un nouveau Conseil de défense écologique, ce mercredi, il se rendra demain au pied du mont Blanc, à Chamonix, pour alerter sur les effets du réchauffement climatique et présenter un plan de préservation du toit de l’Europe. » Et puis, « le 22 février, ainsi que l’a annoncé Édouard Philippe, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim sera définitivement arrêté. Une revendication de longue date des écologistes, qui prendra effet à trois semaines du premier tour des municipales. »

Commentaire du Figaro : « alors qu’il cherche un deuxième souffle à mi-mandat, le chef de l’État entend verdir son empreinte politique pour faire taire ceux qui lui reprochent son inaction sur ce front. (…) Mais la difficulté est toujours la même : comment dépasser les belles phrases et les sermons, les promesses intenables et les gadgets ? »

Pas d’écologie punitive…

« Pour l’instant, Emmanuel Macron n’a pas vu la lumière verte », provoquait encore ce week-end l’eurodéputé Europe Ecologie-les Verts Yannick Jadot, rapporte Le Parisien. (…) Alors, cet après-midi, à l’Elysée, Emmanuel Macron va tenter de faire taire les mauvaises langues, pointe le journal. Au pied du mur et très attendu sur le sujet, il va dévoiler une série de mesures lors du quatrième Conseil de défense écologique. Elles seront principalement consacrées à la prévention des inondations et l’érosion des côtes   alors que la France a encore été frappée cette semaine par une tempête  , mais aussi l’extension des aires protégées à 30 % du territoire et, enfin, à la mise en place d’un grand plan de transition écologique pour les services publics de l’Etat. »

En fait, analyse Le Parisien, le projet écologiste d’Emmanuel Macron « repose sur deux principes : protéger et donner l’exemple. Protéger la nature en créant de nouveaux espaces réservés, prévenir les catastrophes climatiques, imposer un mode de vie non polluant à l’Etat. Point d’écologie punitive donc, pointe Le Parisien. Une écologie bienveillante qui s’attirera forcément les sarcasmes des Verts militants et de ceux qui considèrent que la protection de la planète est incompatible avec le libéralisme. Adepte des réformes de rupture sur le terrain socio-économique, le chef de l’Etat choisit la méthode douce sur la question environnementale. C’est mieux que rien sans doute, conclut le journal, mais cela sera-t-il suffisant ? »

Pas assez radical ?

Une méthode douce conspuée, dans La Croix, par le philosophe Dominique Bourg, ancien soutien d’Emmanuel Macron, passé candidat sur une liste écologiste aux dernières élections européennes : « le gouvernement accuse les écologistes de radicalité, alors que c’est la radicalité qui est rationnelle, affirme-t-il, comme l’exprime toute la communauté scientifique. »  La philosophe de l’environnement Virginie Maris nuance, toujours dans La Croix : « le gouvernement n’est pas dans une posture sceptique sur le constat de la crise écologique, plutôt dans une forme de rationalité froide, dit-elle. Mais l’argument de réalisme est une façon de naturaliser l’organisation économique actuelle, de prétendre que des ajustements à la marge pourraient suffire. »

Calinothérapie…

Emmanuel Macron, encore lui, a réuni hier soir à l’Elysée les députés de sa majorité. Avec pour objectif de leur remonter le moral…

Et L’Union de s’interroger : « Emmanuel Macron est-il parvenu hier soir à dissiper auprès des parlementaires de sa majorité à la fois les incompréhensions, les blessures et la fatigue accumulée, liée à la rudesse des territoires à leur endroit ? »

Pas si sûr, répond La Croix : « on pourra toujours se contenter de railler une énième séance de 'calinothérapie' ; après tout, le terme traduit bien la relation infantilisante que les présidents ont tendance à entretenir avec le Parlement sous la Ve République. Mais le caractère répétitif de l’exercice, quelles que soient les majorités, doit interroger sur la manière dont le pays délibère, toujours trop verticale, affirme La Croix. Les gilets jaunes hier, les opposants à la réforme des retraites aujourd’hui : le besoin d’écoute et de participation se manifeste à tous les échelons dans le pays. Aux Français qui aspirent à être plus souvent consultés par référendum, on répond souvent – et Emmanuel Macron le premier – que la démocratie directe ne doit pas prendre le pas sur la démocratie représentative. Encore faut-il, conclut La Croix, que les députés soient réellement associés à tous les stades de l’élaboration de la loi. »

Béchir bientôt devant la CPI !

A lire dans Libération, cette double page sur l’ancien président du Soudan : « Omar el-Béchir sur le chemin de La Haye », titre le journal. « Visé depuis onze ans par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, l’ancien homme fort de Khartoum, déposé en avril dernier par un coup d’Etat, doit être remis aux juges par les nouveaux dirigeants du pays. Une décision inattendue. (…) Une énorme prise même pour la CPI, qui a engagé depuis 2009 des poursuites contre l’ancien dictateur soudanais. Après avoir longtemps refusé de le livrer à la justice internationale, le gouvernement de transition qui lui a succédé en a finalement pris l’engagement hier lors de pourparlers de paix avec des groupes rebelles du Darfour. »

Finalement, pointe Libération, « ces négociations avec les rebelles du Darfour ont changé la donne, offrant à la CPI une victoire tardive mais opportune, au moment où le bureau du procureur de cette juridiction a pu sembler affaibli par l’échec de sa procédure contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en janvier 2019. Mais un bémol toutefois, tempère Libération : à La Haye, c’est une fois de plus l’Afrique qui se retrouve sur le banc des accusés. »

Bretécher : le dernier coup de crayon

Enfin on reste avec Libération qui rend hommage à Claire Bretécher, l’auteure de BD, disparue lundi, à l’âge de 79 ans.

« Bretécher, libre comme Claire », tire Libération. « De Cellulite aux Mères, en passant par Agrippine et les Frustrés, Claire Bretécher a imprimé une marque considérable dans le paysage de la BD française, mêlant sans concession humour et observations sociologiques acides. »

Libération poursuit : « Bretécher dessinait la cause des femmes sans militer, par la seule force du rire, libérait la parole sans emphase, par la corrosion douce-amère de l’ironie. Son coup de crayon en disait plus et mieux que tous les coups de gueule. (…) Indépendante, distanciée, ennemie de l’esbroufe et de la solennité, elle voyageait dans son époque en solitaire entourée. Une génération féminine lui doit une hilarante pédagogie de l’émancipation. Elle referme son carton à dessin. Celui qui a ouvert la voie. »

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