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Bonjour l'Europe

Norvège: Kirkenes pourrait devenir bientôt le 1er port européen

Audio 03:12
Un brise-glace russe arrive à Severomorsk, un port de l'oblast de Mourmansk, ville arctique (illustration).
Un brise-glace russe arrive à Severomorsk, un port de l'oblast de Mourmansk, ville arctique (illustration). Lev Fedoseyev\TASS via Getty Images

C’est une petite ville dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler. Il s’agit de Kirkenes, au nord de la Norvège, à la frontière de la Russie. Kirkenes a longtemps été un bout du monde, mais la fonte des glaces dans l’Arctique pourrait bientôt changer son destin. Une nouvelle route maritime entre l’Asie et l’Europe s’ouvre en effet au nord de la Russie. Une route plus courte, plus économique, dont le premier port européen, pour les porte-conteneurs venant de Chine ou du Japon… serait alors Kirkenes.

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de notre correspondant à Olso,

Se tient actuellement dans cette petite ville norvégienne la « Kirkenes Conférence », où se retrouvent les acteurs les plus importants de la zone arctique, côté russe comme côté européen. Kirkenes, c’est une commune de 10.000 habitants, un centre commercial fréquenté par les Russes qui vivent de l’autre côté de la frontière, et son activité principale ce sont ces chalutiers, encore des Russes, qui pêchent la morue dans la mer de Barents et viennent faire relâche ici.

A la limite des glaces

Une vue de la ville de Kirkenes au nord de la Norvège le 10 juin 2013.
Une vue de la ville de Kirkenes au nord de la Norvège le 10 juin 2013. Harvey Barrison/wikimedia.org

La navigation commerciale se développe sur la côte nord de la Russie en raison du changement climatique. Kirkenes se trouve dans ce contexte extrêmement bien placée car son port est à la limite des glaces en hiver. Il devient ainsi le premier port européen quand on arrive d’Asie. Mais ce port n’existe pas encore. Et il suffirait de construire 500 kilomètres de chemin de fer vers la Finlande pour le relier au reste de l’Europe. C’est pour ça que tous ceux qui flairent le bon filon se rendent à Kirkenes. Le problème, c’est que pour l’instant personne n’est volontaire pour faire ces énormes investissements.

À écouter aussi : Arctique: à qui profite le réchauffement climatique?

La circulation des bateaux sur cette route maritime du nord se développe

Elle a commencé à se développer en 2017 avec la mise en service des gisements de gaz et de pétrole au nord de la Russie. De nouveaux bateaux spécialement conçus pour l’Arctique permettent maintenant de transporter ces hydrocarbures presque toute l’année vers l’Europe. Mais pour le transport de marchandises entre l’Asie et l’Europe, on en est encore aux balbutiements. L’année dernière, seuls 37 bateaux ont effectué ce transit complet. Il permettrait pourtant de gagner 40% de temps, et dont autant d’économie, par rapport aux bateaux passant par le canal de Suez.

Pourquoi si peu de bateaux passent par le nord ?

Le transport maritime par conteneur nécessite des plans stables, à long terme, et ce n’est guère compatible avec une route maritime qui doit fermer pendant l’hiver et le printemps. D'autre part les conditions de navigation restent risquées.

Moscou a annoncé un plan pour équiper ces 6000 km de côte de stations de sauvetage, de ports pour s’abriter, mais ce plan reste à mettre en place. Ce qui va être décisif, c’est le nombre de brise-glaces qui vont travailler sur cette route. La Russie va mettre en service en 2027 des modèles deux fois plus puissants, capables de briser n’importe quelle épaisseur de glace. Ce sont avec eux que la route maritime du nord pourrait vraiment s’ouvrir.

Kirkenes ( Norvège) : le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov et le gouverneur de la région russe de Mourmansk assistent à un tournoi de football opposant des équipes russes, norvégiennes et finlandaises, octobre 2019.
Kirkenes ( Norvège) : le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov et le gouverneur de la région russe de Mourmansk assistent à un tournoi de football opposant des équipes russes, norvégiennes et finlandaises, octobre 2019. Alexander Shcherbak\TASS via Getty

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