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Vague d'alertes à la bombe en Russie: le mystère persiste

Audio 02:47
Selon l’agence Interfax, plus de 300 lieux publics ont été inspectés en raison des alertes à la bombe. (Ici) la police bloque la rue près du bâtiment du Service fédéral de sécurité (FSB) après une fusillade à Moscou, le 19/12/2019. (Image d'illustration)
Selon l’agence Interfax, plus de 300 lieux publics ont été inspectés en raison des alertes à la bombe. (Ici) la police bloque la rue près du bâtiment du Service fédéral de sécurité (FSB) après une fusillade à Moscou, le 19/12/2019. (Image d'illustration) REUTERS/Evgenia Novozhenina

Depuis le mois de novembre 2019, la Russie fait face à une mystérieuse vague de fausses alertes à la bombe. Des alertes qui perturbent le fonctionnement des écoles, des administrations et des entreprises.

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de notre correspondant à Moscou,

Chaque semaine, ce sont des milliers de personnes qui sont évacuées, et des centaines d’établissements qui sont visés. Ce lundi 10 février, selon l’agence Interfax, plus de 300 lieux publics ont ainsi été inspectés en raison de ces alertes à la bombe aussi mystérieuses qu’inquiétantes. Écoles, stations de métro, tribunaux… et même la cathédrale du Christ-Sauveur à quelques encablures du Kremlin ! Comme à chaque fois depuis le mois de novembre le même procédé est observé : des mails sont envoyés aux institutions visées, indiquant la présence de bombes à l’intérieur des bâtiments, ce qui entraîne soit une inspection soit une évacuation des lieux. Toutes les régions du pays sont concernées, même si Moscou et Saint-Pétersbourg sont particulièrement visées.

La piste du chantage

Comme en 2017, lors de la première vague de fausses alertes à la bombe, le mystère le plus complet entoure le phénomène. Officiellement, aucune piste n’a été avancée – et l’on sait seulement que les auteurs des mails ont utilisé des boîtes cryptées (Startmail et Protonmail). Ces services de messagerie ont par la suite été fermés par les autorités russes sans que les alertes ne cessent pour autant. Une piste est tout de même évoquée par la presse russe : celle d’un chantage exercé par les auteurs des fausses alertes pour récupérer une somme qui leur aurait été dérobée sur internet, sur une plateforme de bitcoins. Il s’agit de la plateforme de cryptomonnaie WEX aujourd’hui fermée, sur laquelle l’équivalent de 400 millions d’euros aurait disparu selon le service russe de la BBC. Les auteurs des fausses alertes réclameraient le remboursement de 120 bitcoins (environ 1 million d’euros) à un milliardaire russe, Konstantin Malofeïev, qui a lui-même démenti toute implication dans l’affaire.

« Le silence obtus des autorités »

À ce jour, les autorités russes sont restées étrangement muettes : aucune piste, aucun mobile n’ont été avancés, et les médias publics russes évitent soigneusement de couvrir l’affaire. Devant ce silence pour le moins étonnant, le journal indépendant Novaya Gazeta a même publié une lettre ouverte pour demander des comptes au patron des services de sécurité, le chef du FSB. « Le silence obtus des agences de sécurité est en contradiction flagrante avec la réalité qui affecte des millions de Russes », peut-on lire notamment dans ce texte. Le journal demande aux services de sécurité d’agir rapidement pour lutter contre ces alertes à la bombe, même si, ajoute-t-il en référence à la répression exercée depuis cet été sur les militants de l’opposition « c’est sans doute plus difficile que de photographier des étudiants qui manifestent en solitaire. »

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