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Revue de presse française

À la Une: séisme en «macronie»

Audio 05:52
Benjamin Griveaux.
Benjamin Griveaux. REUTERS/Philippe Wojazer

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Ce matin, la presse française se montre, à la fois, indignée face à la « toute puissance » des réseaux sociaux, sorte de « tribunal suprême » qui siège en permanence (et sans recours possible) sur Internet et qui l’exaspère ; mais aussi contrainte de souligner la « naïveté » dont Benjamin Griveaux a, selon elle, fait preuve dans cette affaire ; et enfin unanime à constater les dégâts politiques de cette « affaire » pour Emmanuel Macron.

Avant de passer les commentaires de la presse écrite en revue, coup de projecteur tout de même sur le travail de la presse en ligne, là où l'affaire a commencé. En ne prenant, pour souligner ce paradoxe, qu’un seul exemple, celui de Mediapart.

Étant rappelé que tout a tourné sur ces messages érotiques échangés il y a un an et demi alors que Benjamin Griveaux était encore au gouvernement, messages qu'il n'a pas contestés, et qui ont été publiés par un certain Piotr Pavlenski. Mediapart, dans la journée d’hier, a tôt publié les déclarations de ce réfugié politique russe : « Je préparais le projet depuis quelque temps », déclarait-il à ce journal en ligne.

Lequel révélait que cet artiste « de la rupture et de la transgression (était) recherché par la police depuis janvier pour des faits de violences volontaires avec arme » et qu’il était « soupçonné d’avoir blessé deux personnes avec un couteau lors d’une rixe survenue au cours du réveillon du 31 décembre 2019, une soirée privée dans un appartement parisien cossu », fête « co-organisée par l’avocat Juan Branco ».

À peine cette information était-elle en ligne que Juan Branco contactait Mediapart pour une correction, aussitôt mise en ligne et selon laquelle, au cours de cette soirée, il n’y avait « pas eu de coups de couteaux ».

Les commentaires vont bon train dans la presse française :

Comme le confesse le journal Le Télégramme, « il y avait jusque-là une exception française ; (…) les affaires de sexe étaient propagées... avec indulgence (…) Mais les réseaux sociaux et l'américanisation de notre société ont tout », remarque ce quotidien de l’extrême-ouest de la France.

Son confrère La Presse de la Manche met en garde : « Gare au pauvre pêcheur, non plus devant l'Eternel, mais face au tribunal suprême des réseaux sociaux ! »

« Les corbeaux volent sur Twitter: ils ne se cachent plus pour détruire », enchérit Le Figaro.

« L'agora numérique tend à devenir un dépotoir où chacun vient déverser sa hargne sans contrôle », rehausse La Croix.

La légèreté de Benjamin Griveaux dans cette affaire :

« Comment l'ex-collaborateur de DSK, qui a suivi de près le scandale du Sofitel de New York et ses conséquences, a-t-il pu se montrer aussi inconséquent en faisant circuler de telles images », se demande Nice-Matin.

« L'ancien porte-parole du gouvernement était-il à ce point déconnecté de la réalité pour ne pas connaître les ravages d'internet ? », interroge Le Midi Libre.

Le Républicain Lorrain n’écrit guère autre chose, qui estime que « Griveaux aurait dû s'interdire toute naïveté de croire ses échanges protégés. Le respect de la vie privée n'interdit pas le bon sens qui, lui, constitue un préalable à l'exercice des responsabilités. »

À un mois du scrutin, La République en marche perd sa tête de liste à Paris, un vrai coup dur pour le parti d’Emmanuel Macron :

Le président « doit rapidement décider qui pourrait remplacer (Benjamin Griveaux), aucun nom ne fait pour l’heure l’unanimité », souligne le journal Le Monde, selon lequel Emmanuel Macron aurait dit à Benjamin Griveaux que c’était "à lui de décider" s’il maintenait sa candidature ou pas. »

Cette « affaire (est) désastreuse pour Emmanuel Macron et la majorité », souligne La Croix.

Dans cette « affaire Griveaux », Libération discerne rien moins qu’un « recul de la civilisation ». Tout à son inquiète indignation, ce quotidien dénonce ce « procédé d’une rare bassesse que rien ne saurait justifier », et pointe « la vitesse destructrice des réseaux sociaux », sorte de « guillotine numérique », qui évoque ces dérives allant des « décapitations symboliques prisées par certains gilets jaunes, aux agressions contre les élus ou leurs permanences, aux insultes proférées envers Brigitte Macron ». Toutefois, Libé veut encore espérer que « l’affaire Griveaux » soit « le point de départ d’une prise de conscience et d’une réflexion collective ».

Enfin pour Sud-Ouest, pas de doute, « c'est l'éthique même de la politique qui, une fois de plus, se trouve flétrie et abaissée ».

Et ça n’est pas fini, prédit Le Journal de la Haute-Marne, « il y aura d'autres affaires comme celle qui a fait sombrer Griveaux ».

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