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Chronique transports

Du nouveau dans le rétro... mobile

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Le salon Rétromobile à Paris.
Le salon Rétromobile à Paris. AFP/Martin Bureau

Une Bugatti envolée à 4 millions d’euros, et de plus en plus de collectionneurs chinois ! Le salon Rétromobile, le rendez-vous annuel de la voiture ancienne, vient de fermer ses portes à Paris.

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Des collectionneurs de voitures anciennes, il y en a dans le monde entier. Sur le parvis du Parc des Expositions de Paris, un collectionneur français n’a même pas pris le temps de rentrer voir les stands, le voilà déjà en train de montrer son dernier modèle restauré à un autre collectionneur allemand. Le trésor, une voiture Samson de 1922. Le modèle est anglais et correspond au cycle-car d’avant-guerre : « Ce genre de cycle-car, nous explique ce passionné français, a servi à beaucoup de gens qui n’avaient pas les moyens de s’acheter une voiture. Avant la guerre, seuls les très riches en possédaient une. C’est très intéressant de parler avec ce monsieur allemand. Il possède le même modèle que moi avec une capote en plus, il a pu me la montrer sur une photo. Comme tous les collectionneurs, nous passons notre temps à parcourir les bourses à la recherche de pièces détachées. Il nous en manque toujours une ! Je reviens juste des Pays-Bas et je m’apprête à aller en Angleterre. » 

Les Anglais, maîtres des pièces détachées

Les Anglais ont fait fort cette année avec beaucoup de modèles exposés. Mais ce n’est pas nouveau. En règle générale, les Britanniques sont réputés pour leurs modèles historiques (Aston Martin, Bentley..) mais leur vraie plus-value reste le savoir-faire en matière de pièces détachées.

Un succès né en même temps que les usines et la fabrication en nombre. Et, s’ils restent le plus gros marché au monde c’est grâce à une pratique qui fait leur succès : quelle que soit l’époque, usines encore ouvertes ou fermées, les Anglais ont archivé et conservé les moules d’origine de chaque pièce de voitures.

L’offensive arabe et chinoise

Cette année encore les Américains occupent le haut du tableau des acheteurs. Les Émiratis restent de gros acheteurs. Mais au vu du nombre de journalistes allemands, russes et français présents au Salon, les Européens ne sont pas en reste. Cependant, comme chaque année depuis 2015, ce sont les Chinois qui montrent leur volonté d’investir dans les modèles de prestige. Par bonheur pour eux, les acheteurs sont arrivés à Paris avant la fermeture des aéroports. Il est encore trop tôt pour parler de véritables effets de l’épidémie due au coronavirus. Sylvain Devaux, l’un des plus grands experts français de la rétromobile constate même que malgré la bataille économique qui les a opposés à Washington, les Chinois ont continué d’investir : « Ces nouveaux gros acheteurs, Chinois ou Arabes, croyez-moi, assure-t-il avec un sourire qui en dit long, ne sont pas là pour acheter des 2CV ! Ils sont plus financiers que collectionneurs dans le sens où on l’entend traditionnellement. Ils n’ont pas une approche de mécanicien ou de restaurateur, mais s’avèrent de fins stratèges financiers. En fait, ajoute-t-il, ces gros acheteurs capitalisent sur l’investissement de grosses voitures de luxe, des Ferrari, des Porsche. De très beaux modèles qui prendront de la valeur et qui se revendront très bien, dans deux ou trois ans, aux enchères. »

Brexit, les collectionneurs prêts à payer les factures

4,6 millions d'euros ! Le record de cette édition 2020 pour une Bugatti de 1932. Une bonne année nous dit-on. Mais qu’on ne s’y trompe pas, s’il y a un secteur de l’économie qui subit l’actualité du monde c’est bien celui de la voiture ancienne.

En janvier dernier, les Américains, champions en la matière, en ont fait les frais eux qui étaient en pleine guerre commerciale avec la Chine ont enregistré une chute de 3% des ventes au grand défilé annuel de l’Arizona. En Europe, Brexit oblige, cette sortie des Anglais de l’Union européenne va augmenter les factures.

« Moi, je commande toutes mes pièces en Angleterre, et, bien sûr que je m’attends à payer des droits de douane, nous explique ce collectionneur français. Mais que voulez-vous, ce sont les meilleurs. Ils ont tout et ce sont des pièces qui restent d’origine et quand vous voulez faire rouler votre voiture ancienne, vous êtes prêt à tout. En plus de cela, ils livrent vite. Je reçois mes paquets dès le lendemain de mes commandes, c’est encore plus rapide qu’avec n’importe quel constructeur français ! Comme dans tous les domaines, il y a de la contrefaçon souvent venue d’Asie, alors en commandant ma marchandise en Angleterre, je suis sûr de la qualité, autant payer le prix. »

L’époque est à la préservation de l’environnement et certaines évolutions écologiques peuvent agacer...

La collection passe au vert

La mode aux moteurs moins polluants. La nouveauté du marché consiste à greffer de l’électrique sur de vieux modèles à essence. Certains collectionneurs crient au sacrilège : « C’est absurde ! s’époumonne un expert français. En mélangeant les mécaniques, vous dénaturez le modèle et notre passion pour les véhicules en même temps. En réalité, à bien y réfléchir, ça n’a plus rien à voir avec la philosophie du collectionneur. C’est un peu comme si l’on vous vendait un sandwich en disant que c’est de la gastronomie de luxe. Les deux choses sont respectables mais ils n’ont pas les mêmes composants ni les mêmes traditions. »

La rétromobile, un jeu de dames

Autre grand changement dans le domaine de la collection de voitures anciennes… la venue des collectionneuses ! Du jamais vu, il n’y a jamais eu autant d’inscriptions en France dans les clubs d’amateurs de rétromobile. Le mouvement se remarque dans le reste de l’Europe, ces dames n’hésitent plus à s’afficher en solo, mais une majorité rejoint tout de même la passion d’un mari ou d’un membre de la famille. D’ailleurs, dans les allées de l’exposition parisienne cette année, les habitués du salon n’ont jamais vu autant de visiteuses...

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