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Bonjour l'Europe

Kosovo: un nouvel espoir

Audio 04:12
Albin Kurti, le Premier ministre kosovar.
Albin Kurti, le Premier ministre kosovar. AFP/Armend Nimani

Ce 17 février, le Kosovo célèbre l’anniversaire de son indépendance, proclamée il y a 12 ans, en 2008, mais toujours partiellement reconnue et toujours contestée par la Serbie. Le pays vient de connaître un changement politique majeur avec l’arrivée au pouvoir du mouvement de gauche souverainiste Vetëvendosje. Les cérémonies seront-elles marquées par un nouveau souffle d’espoir ?

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La victoire de l’opposition aux élections du 6 octobre 2019, avait suscité un immense espoir au Kosovo, mis en coupe réglée depuis la fin de la guerre, il y a plus de vingt ans, par les anciens commandants de la guérilla de l’UÇK. Toutefois, il a fallu presque quatre longs mois pour former un gouvernement de coalition entre Vetëvendosje et la Ligue démocratique du Kosovo, un parti de centre droit à la culture politique bien différente. Albin Kurti, le charismatique dirigeant de Vetëvendosje est enfin devenu Premier ministre le 3 février, mais sa marge de manœuvre risque vite de trouver ses limites, car sa coalition demeure fragile, tandis que les pressions internationales sont très fortes…

La relance du dialogue avec Belgrade

Albin Kurti s’y est clairement engagé, mais il a spécifié qu’il prendrait la tête du processus de négociation, qui était jusqu’à présent dirigé par le président de la République, Hashim Thaçi, l’ancien porte-parole de la guérilla. Depuis 2011, Belgrade et Pristina menaient un dialogue « technique », avec la médiation de l’Union européenne. Or, ce dialogue, très poussif, est au point mort depuis plus d’un an. L’initiative a été reprise par les États-Unis, et le nouvel émissaire spécial du président Trump pour le dialogue, Richard Grenell, vient d’arracher la signature d’un accord prévoyant le rétablissement des liaisons aériennes et ferroviaires entre la Serbie et le Kosovo. Cet accord a été paraphé par le président Thaçi et son homologue serbe Vučić, mais le gouvernement du Kosovo a déclaré qu’il n’avait pas été associé aux discussions. Albin Kurti veut reprendre le dialogue sur de nouvelles bases et mettre Hashim Thaçi sur la touche. Toutefois, la partie est d’autant plus compliquée que les États-Unis et l’Union européenne ne jouent pas forcément la partition.

Des divergences marquées

Sous l’impulsion, semble-t-il, du président Trump, les États-Unis veulent arracher rapidement un accord final entre les deux pays, qui pourrait être basé sur des échanges de territoires et de population. Or, cette option, toujours envisagée par Hashim Thaçi et Aleksandar Vučić, est catégoriquement rejetée par le nouveau gouvernement du Kosovo, comme du reste par l’immense majorité de l’opinion publique dans les deux pays.

Du côté européen, la situation est plus confuse. L’option d’un échange territoriale a toujours été rejetée par l’Allemagne, en raison du précédent qu’elle pourrait créer, risquant de déstabiliser à nouveau l’ensemble des Balkans. Pour le coup, il se trouve que l’émissaire américain, Richard Grenell, est également ambassadeur de son pays à Berlin, et il entretient des relations notoirement tendues avec la chancelière Merkel. Le problème est que l’Union européenne, sonnée par le Brexit, divisée sur la question de la relance du processus d’élargisssement aux pays des Balkans, a du mal à parler d’une voix forte et à se faire entendre. Le nouveau Haut représentant européenne pour la politique extérieure, Josp Borrel, s’est rendu à la fin janvier à Belgrade et à Pristina. Mais il se trouve qu’il est originaire d’Espagne, qui ne reconnaît toujours pas l’indépendance ce qui ne facilite pas les choses…

En réalité, le destin du Kosovo se trouve, une fois de plus, au cœur d’un complexe bras de fer. Aux divisions politiques intérieures, s’ajoutent celles de la communauté internationale. Dans ce contexte délétère, Albin Kurti, qui revendique un dialogue d’égal à égal avec la Serbie, aura du mal à s’imposer, tandis que la population du Kosovo, de plus en plus désabusée, reprend massivement la route de l’exode vers l’Europe occidentale.

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