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Aujourd'hui l'économie

En quoi le coronavirus légitime le découplage des économies chinoise et américaine

Audio 04:18
Une personne porte un masque pour se protéger du coronavirus, à Hong Kong.
Une personne porte un masque pour se protéger du coronavirus, à Hong Kong. AFP/Dale De La Rey

Le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis a été relégué au second plan de l’actualité par le coronavirus. Pourtant, cette guerre couve toujours, elle pourrait même empirer à la faveur de la pandémie, en favorisant le découplage des économies chinoises et américaines.

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A priori, l’humeur est au beau fixe entre Washington et Pékin. Mais un mois après la signature de l’accord dit de « phase 1 », les négociations commerciales sont au point mort. Elles n’ont toujours pas repris, contrairement à l’engagement de la Maison Blanche. Une pause amplement justifiée par le coronavirus et le cortège de précautions qu’il impose. Donald Trump n’en a pas pour autant mis de côté son agenda anti-chinois. Selon nos confrères du Wall Street Journal, il menace Pékin d’une nouvelle sanction : il pourrait mettre un veto à la livraison en Chine de moteurs d’avion coproduit par l'américain General Electric et le français Safran, par crainte qu’il ne soit copié par l’industrie aéronautique chinoise. La décision sera prise jeudi. Loin d’être éteinte, la guerre commerciale pourrait être relancée dans les prochains jours. Outre ce risque très politique, la guerre commerciale a été, de fait, réactivée par le coronavirus qui est en train de légitimer la thèse du découplage des économies chinoises et américaines.

La Chine s'en émeut, elle redoute que le coronavirus ne soit un prétexte pour justifier un regain de protectionnisme

Il y a quelques jours à Genève, Pékin a fait part de ses inquiétudes au sein de l’Organisation mondiale du commerce, rappelant au passage qu’elle était le premier pays exportateur et le deuxième importateur. Le découplage n'est pas la doctrine officielle de la Maison Blanche mais c'est un scénario qui gagne en crédibilité avec la progression du virus. Le monde pourrait se retrouver coupé en deux systèmes parallèles, avec d'un côté des pays arrimés aux États-Unis et de l'autre ceux qui ont choisi la Chine. Faut-il choisir l'un ou l'autre ? La question se pose déjà en termes politiques dans un pays comme Taiwan. L'île qui refuse de passer sous le joug de la République populaire réalise pourtant le quart de ses échanges avec la Chine continentale, 12% avec les États-Unis. L’épidémie souligne la fragilité d’un commerce trop dépendant à l’égard de cet ombrageux partenaire. Le gouvernement est favorable à la relocalisation des industries installées en Chine. Le Taiwanais Foxconn qui fabrique les iPhone d’Apple a été le premier à revoir sa chaine de production. Une partie de son activité chinoise a été transférée en Inde.

D'autres industriels sont-ils en train de repenser leur chaîne d'approvisionnement ?

Pour le moment, les entreprises font avec les stocks constitués pour faire face au congé du Nouvel An. Selon le cabinet Dun and Bradstreet, les groupes chinois installés dans les 19 provinces les plus touchées par le covid-19 fournissent directement près de 51 000 entreprises étrangères et 5 millions d'entreprises au second degré, via leurs prestataires. Toutes ces entreprises constatent que le coronavirus a réussi à isoler la Chine du reste du monde bien plus rapidement, plus efficacement que les barrières douanières. Il pourrait donc, à moyen terme, les pousser à revoir leur chaine d’approvisionnement. Aux États-Unis les politiques les y encouragent fermement. Le secrétaire au commerce Wilbur Ross voit déjà dans l’épidémie une opportunité pour relocaliser les emplois sur le sol américain. Peter Navarro, l’un des conseillers économiques de Donald Trump, s’alarme de la trop forte dépendance de l’industrie pharmaceutique américaine qui importe une partie de ces composants de Chine. Pour ce faucon il est temps que cette industrie retrouve sa souveraineté.

EN BREF

Les pays européens ayant recours à Huawei sont menacés de perdre l'accès au renseignement américain. C'est le dernier chantage de Donald Trump pour les dissuader de confier le déploiement de la 5G à la firme chinoise. C'est ce qu'affirme l'ambassadeur américain en Allemagne dans un tweet où il cite un message que lui a adressé le président américain.

Le Japon serait au bord de la récession. Son PIB s'est violemment contracté au dernier trimestre de 2019, un recul de 6% par rapport à l'année précédente, la pire chute depuis 5 ans. Si le premier trimestre est en négatif, à cause du coronavirus, l'archipel sera alors officiellement déclaré en récession.

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