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Aujourd'hui l'économie

Comment le bras de fer sur la pénibilité complique la réforme des retraites

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Poignée de main entre le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger (à gauche) et le Premier ministre Édouard Philippe avant une réunion à Matignon, le 25 novembre 2019, pour discuter de la réforme des retraites.
Poignée de main entre le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger (à gauche) et le Premier ministre Édouard Philippe avant une réunion à Matignon, le 25 novembre 2019, pour discuter de la réforme des retraites. AFP/Eric Feferberg

En France, les députés ont commencé à examiner le projet de loi sur la réforme des retraites. Ce mardi 18 février, les partenaires sociaux se retrouvent pour discuter de son financement. Dans chaque instance, un gros sujet continue à faire blocage : celui de la prise en compte de la pénibilité.

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Aujourd’hui en France, environ 3 000 personnes partent plus tôt en retraite au nom de la pénibilité, sur un total de 800 000 départs. Soit 0,3% des actifs. Une proportion infime. Alors pourquoi tant de bruit et de fureur autour de la pénibilité ?

Le gouvernement actuel a cru s'affranchir de ce sujet complexe en simplifiant le dispositif porté par la CFDT et mis en place sous François Hollande pour mesurer la pénibilité. Ainsi, les critères donnant droit à un départ anticipé sont devenus très restrictifs, trop pour le syndicat. Par exemple, ni les bûcherons ni les déménageurs ne sont reconnus comme des professions pénibles. La CFDT exige donc des compensations au moment de la retraite pour ceux qui travaillent le plus dur. Une façon de réparer l'inégalité des chances face à la mort. La probabilité de vivre au-delà de 60 ans est deux fois plus faible chez les ouvriers que chez les cadres.

Comment réagissent les représentants des patrons ?

Les patrons sont partagés. Le Medef ne veut pas en entendre parler, estimant que cela revient à réintroduire des régimes spéciaux dans une réforme qui vise à les supprimer. Ces régimes ont le gros inconvénient de coûter cher à la collectivité. Au fond, c'est pour une question d'argent que le Medef refuse pour le moment d'ouvrir le droit au départ anticipé à ceux qui ont exercé un métier pénible. Car si le nombre de retraités concernés est aujourd'hui anecdotique, cela va changer dans les prochaines années.

En effet, le Conseil d'orientation des retraites prévoit une forte augmentation de ce type de retraites. Cette hausse sera bien sûr amplifiée si la définition des critères est élargie. En revanche, les petits patrons sont plus sensibles aux arguments de la CFDT. Les artisans et les indépendants, représentés par la CPME et par l'union des entreprises de proximité, souhaitent une meilleure prise en compte de la pénibilité parce que certains de leurs membres exercent eux même des métiers pénibles.

Quelles sont les pistes sur la table pour soulager les personnes exerçant ces métiers ?

Il y a dans le projet de réforme des retraites un volet prévention. Le fonds dédié  de 100 millions d'euros prélevés sur l'assurance maladie devrait être doublé. La réforme prévoit aussi un volet reconversion, un congé de six mois accompagné d'une formation pour ceux qui ne peuvent plus ou qui ne veulent pris effectuer un travail harassant. Mais son financement n'est pas encore défini. Enfin, côté retraite, la CFDT propose qu'une liste des métiers soit établie pour mieux couvrir la réalité. Là encore, suspense complet sur la question clé : qui doit payer ? Est-ce que seuls les secteurs concernés doivent cotiser davantage ? Ou bien ce droit particulier reposera-t-il sur l'ensemble des entreprises ? Sans réponses à ces interrogations, la conférence sur le financement des retraites, qui commence aujourd'hui, pourrait tourner court. C'est en tout cas ce que laisse entendre la CFDT, le seul syndicat qui soutient ouvertement le système universel instauré par la réforme.

EN BREF

L’avertissement d'Apple : le coronavirus va entamer son chiffre d'affaires. La firme ne pense pas pouvoir atteindre l'objectif prévu pour le trimestre qui s'achève en mars, sans donner pour le moment une estimation chiffrée du manque à gagner. Apple réalise 15% de ses ventes en Chine, or la plupart de ses magasins sont fermés et les clients de toute façon évitent de sortir. La demande chinoise de smartphone pourrait être divisée par 2 au premier trimestre à cause des mesures de confinement.

Le géant bancaire HSBC accuse un bénéfice net en recul de plus de 50% pour 2019. Le groupe basé à Londres est très présent en Asie, où il réalise l'essentiel de ses bénéfices. HSBC en pleine restructuration a souffert de l'impact de la guerre commerciale, du brexit, et maintenant des effets du coronavirus.

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