Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Le FMI va-t-il aider l’Argentine à éviter un nouveau défaut de paiement?

Audio 04:16
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lors d'une conférence de presse avant le Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 20 janvier 2020.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lors d'une conférence de presse avant le Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 20 janvier 2020. REUTERS/Denis Balibouse

Une fois encore, le destin de l’Argentine dépend du FMI. Les experts du Fonds sont arrivés il y a quelques jours à Buenos Aires pour évaluer la demande de rééchelonnement de la dette argentine.

Publicité

La mission des experts du fonds en Argentine s'achève ce mercredi 19 février et le communiqué officiel précisant leur position devrait suivre. Car, une fois encore, l'Argentine est incapable de rembourser ses dettes. Son ardoise totale représente plus de 90% de son PIB, elle s'élève à 311 milliards de dollars, dont 44 milliards de dollars versés par le FMI sous la présidence de Mauricio Macri. Son successeur, le peroniste Alberto Fernandez voudrait en restructurer le tiers. Restructurer cela veut dire reporter ou annuler une partie des remboursements.

Dans cette nouvelle crise du surendettement, l'institution honnie par la population, régulièrement conspuée dans des manifestations, fait encore une fois partie de la solution pour éviter que l'histoire ne se répète. Que l'Argentine ne se retrouve acculée à un nouveau défaut de paiement. Ce serait le neuvième depuis son indépendance. Le dernier en date, celui de 2001, est encore un souvenir douloureux dans toutes les mémoires, celles des Argentins traumatisés par le cataclysme économique qu'il a provoqué, et aussi dans celle des créanciers, une minorité d'entre eux n'ayant jamais accepté de renoncer à leur dû.

Face à ces créanciers échaudés, comment le gouvernement argentin s’y prend-il ?

Cette fois, « il est hors de question de se retrouver pris en otage de ces prêteurs », a promis le ministre de l'Économie. Au lieu d'engager le pays dans un enième plan d'austérité, Martin Guzmann veut plutôt faire de la relance pour remettre son pays sur le chemin de la croissance avant de commencer à rembourser ses dettes. Le chemin sera long, très long, puisque le ministre ne prévoit pas de budget excédentaire avant 2026. C'est-à-dire au-delà de la durée du mandat de l'actuel président. Il faut dire que l'économie argentine est déjà dans une situation critique avec une troisième année consécutive de récession. 40% des habitants sont tombés dans la pauvreté et l'inflation est l'une des plus fortes au monde, dépassant le seuil des 50%. La directrice du FMI, Kristalina Georgevia, a d'ailleurs salué les premières mesures prises par le ministre de l'Économie pour stabiliser l'économie et protéger les plus pauvres.

Le FMI acceptera-t-il qu'une partie de sa dette soit effacée ?

« Le haircut est exclu », a indiqué la directrice du FMI; elle a ainsi coupé court à cette hypothèse lancée il y a une semaine par la plus farouche opposante au fonds, Cristina Kirchner. Quand elle prend la succession de son mari en 2007, elle maintient la rupture avec le FMI et cela jusqu’au moment où elle est chassée du pouvoir par l'élection du conservateur Mauricio Macri. Elle est aujourd'hui à nouveau aux affaires en tant que vice-présidente, mais plus tout à fait en position de force dans l'équipe au pouvoir. Le président Alberto Fernandez essaie de jouer la carte de la diplomatie pour sortir du bourbier. Il est venu en Europe chercher le soutien de l'Allemagne ou la France, des pays dont la voix compte au sein du FMI. Reste à savoir s'il dispose de suffisamment de temps pour parvenir à un bon accord avec les créanciers. Il a lui-même fixé la date butoir au 31 mars, un délai jugé très court par les protagonistes.

EN BREF

Une partie de l'aide accordée par la banque mondiale serait détournée vers des paradis fiscaux. Dans les 22 pays les plus dépendants de la banque mondiale, le versement de l'aide est systématiquement suivi de virements émanant de ces Etats vers des pays fiscalement attractifs. Un constat qui laisse entendre qu'une partie de l'aide est détournée sans que le lien ne soit explicitement prouvé. Cette enquête interne qui traque les flux avait été passée sous silence jusqu'à ce que l'hebdomadaire The Economist s'en fasse l'écho.

Mike Pompeo promet une aide financière à l'Ethiopie. Sans donner de détail sur le montant de ce soutien. Le secrétaire d'État américain a par ailleurs fait état de progrès dans le conflit entre l'Éthiopie et l'Égypte au sujet du barrage hydro-électrique sur le Nil que l'Éthiopie veut bientôt mettre en service.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.